— PUBLICITÉ—

Josée Falardeau, une agronome véritablement passionnée

28 Mai 2021

par : Mylène Falardeau

Nous pouvons décrire l’agronomie comme étant la science au service de l’agriculture. Il y a aussi les experts derrière la compréhension des sols, de leurs défis et de leur rendement. Au-delà des diplômes, connaissances et enjeux de la profession d’agronome, il y a surtout des gens passionnés de leur métier. Au Témiscamingue, un exemple fort de ce modèle est Josée Falardeau, agronome chez Synagri, conseille les agriculteurs depuis 2011 sur le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est ontarien.

Présente sur les réseaux sociaux, elle publie les résultats des cultures et tente d’éveiller la curiosité de ses abonnés sur les réalités de son métier. « Par mes publications, je souhaite susciter l’intérêt des gens du monde agricole, des gens de la région ou des gens de l’extérieur. Le territoire est encore méconnu au Québec et il gagne à être découvert », soutient madame Falardeau.

— PUBLICITÉ—

L’agrochimie n’est qu’une facette du travail de cette femme. Il y a tout l’aspect du choix des semences, la fertilisation des sols selon les objectifs de ces clients. « Je me vois dans mon travail comme une partenaire du succès. Nous mettons leurs biens en avant du nôtre tout le temps. Je dois conseiller le meilleur choix pour que ce soit rentable à long terme. »

photo josee (2).jpg

Questionnée sur les défis de son métier en région, elle nous explique quelques particularités qu'elle côtoie régulièrement. « J’ai la chance de travailler pour une entreprise qui nous offre des ressources d’experts à l’extérieur que je peux consulter. Il reste que nous sommes quand même un territoire distinct au niveau de notre sol et notre climat, donc les recommandations qui seraient utilisées à Saint-Hyacinthe ne sont pas nécessairement applicables ici. Je suis toujours amenée à questionner ces conseils et les adapter à nos réalités de climat, de sol et de saison. Ce n’est pas du copier-coller et ça nous force à être créatifs. C’est un bon défi, et en même temps, je trouve cela très stimulant dans mon travail. » L’agronome compare notre région un peu à celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans la variété des cultures, du climat et du modèle d’affaires des entreprises. Elle a d’ailleurs fait appel à des collègues dans cette région à ses débuts chez Synagri. Elle s’est aussi inspirée de nos voisins ontariens qui ont un bon bagage agricole avec lesquels elle a pu comparer des façons de faire, surtout en grande culture, et y trouver des idées innovantes.

Le printemps 2021 est pour tous assez particulier. Le début hâtif de la saison apporte avec lui beaucoup de questionnements sur les idées préconçues sur ce que l’on peut faire ou non. « En général, les semences se déroulent en mai. Cette année, en mars, nous nous demandions si nous pourrions semer en avril et effectivement, certains ont mis des semences en terre déjà. La crainte se situe au niveau de la sécheresse du sol. Quand l’eau est complète drainée, il ne reste plus suffisamment d’humidité dans le sol pour permettre le démarrage de la culture. Certains clients ont fait le pari de semer du blé qui tolère quand même bien le froid », témoigne madame Falardeau. Chaque année diffère et lui apporte de nouvelles connaissances qui viennent s’ajouter à son bagage. « Nous connaissons les grandes lignes, mais nous devons toujours les moduler en fonction de ce que la nature nous donne. »

Voyage exploratoire Saguenay Lac-St Jean.JPG

De nouvelles technologies en agronomie ont été développées ces dernières années. Un élément que madame Falardeau a particulièrement observé depuis six ans est l’échantillonnage des sols par GPS. Par le passé, un seul échantillon était prélevé pour une très grande superficie. Une recommandation égale pour tout le champ était alors appliquée. La technologie GPS a permis de prendre beaucoup plus d’échantillonnage géolocalisé et de venir appliquer le bon dosage de produit. Cette pratique est notamment très efficace dans l’épandage de la chaux qui vient contrôler le PH donc l’acidité du sol. À la suite de l’analyse des données, une carte d’épandage est créée, permettant une répartition optimale. Depuis la venue de cette méthode, les producteurs ont augmenté l’épandage de la chaux. Une pratique qui est coûteuse pour les agriculteurs, mais que l’agronome recommande, en combinaison avec un bon drainage des terres avant l’utilisation de fertilisant. La chaux apportera une meilleure efficacité de l’engrais et viendra réduire la quantité utilisée.

Une culture que Josée affectionne particulière sur notre territoire est le canola. La beauté des champs tout fleuris jaunes vient chercher l’agronome. « Le canola est un peu notre maïs du nord. C’est une culture qui donne une bonne rentabilité au producteur. Elle est aussi particulière, demande plus de travail, de connaissances, de suivis et de minutie, mais seulement pour la beauté de la plante et le résultat qu’elle engendre, je crois que ça vaut le coût. C’est une plante qui se cultive bien dans notre climat frais. Les producteurs du sud du Québec ne peuvent pas en faire, car il y fait trop chaud. C’est un peu notre identité. »

Épandage chaux.jpg

L’agronome s’est d’ailleurs impliquée auprès de l’Union des producteurs agricoles quand ceux-ci avaient milité pour l’obtention d’un programme d’aide au drainage agricole. Dernièrement, elle a fait partie du groupe de consultants sur le comité agriclimat qui se penchait sur les changements climatiques. Elle est souvent prête à contribuer à l’avancement des pratiques et a apporté des éléments agronomiques aux discussions. Il y a deux ans, elle remportait le prix chez Synagri du meilleur vendeur.

Avec l’amélioration du drainage agricole et de ses pratiques, Josée Falardeau a pu observer une hausse de performance en l’espace de quelques années pour certaines terres. Elle a pu ainsi prouver des dires à l’ordre des agronomes, elle qui voyait un immense potentiel agronomique au Témiscamingue. Ce sont d’ailleurs ces mots qu’elle utilisait lors de son entrevue quand elle avait été évaluée par ses pairs à son admission. Elle avait une vision pour notre région qu’elle a su développer au fil des ans. C’est donc toujours avec cette passion et l’amour de son travail que Josée Falardeau poursuivra à faire avancer le Témiscamingue sur la scène du succès agricole.

Articles suggérés