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Chronique estivale : Des commerces ancrés dans le paysage témiscamien

16 Juillet 2021

par : Dominique Roy

photo : Jean-François Girard

La chronique estivale 2021 présente des entreprises d’ici, en affaires depuis tellement d’années qu’elles font maintenant partie intégrante de l’identité témiscamienne. La riche histoire de notre territoire, c’est aussi celle de tous ces propriétaires qui ont nagé contre vents et marées pour que leurs commerces soient synonymes de notre vitalité et de notre dynamisme économique.

LA GAULOISE – VILLE-MARIE

Selon les données de la MRC de Témiscamingue, le bâtiment du 6, rue Sainte-Anne fut construit en 1945 par Armand D’Ostie. À cette époque, l’homme et sa famille habitaient le grand logement situé à l’arrière de la bâtisse alors que celui situé à l’avant, vue sur la rue, était occupé par la Caisse d’entraide économique. Au premier plancher, on y trouvait le Bottier du Village. D’ailleurs, une odeur de cuir s’y est incrustée à un point tel qu’il fut longtemps possible de la sentir dans la section « entrepôt » de l’actuel restaurant La Gauloise. Quant au sous-sol, il était inhabité.

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Entre le milieu des années 60 et le début des années 70, Raymond Valiquette achète l’édifice et donne vie à La Gauloise, une taverne située dans le sous-sol qui a été en fonction pendant une dizaine d’années. Le Bottier, toujours sur les lieux, accueille deux locataires : d’abord Raynald Dénommé qui y tenait aussi un comptoir Eaton, puis Jean-Guy Loiselle.

En 1978, Yves Adam fait l’acquisition de cette propriété. La taverne devient une brasserie, ce qui amène les femmes à venir y boire une bonne bière fraîche. Il faut se rappeler qu’il était bien mal vu pour une femme de fréquenter une taverne, mais avec la brasserie, les normes et les conventions se sont assouplies. Le rez-de-chaussée se transforme en salle communautaire sous la forme de location et une cuisine y est aménagée. C’est à ce moment qu’un restaurant prend forme. Il est loué successivement à Pascal McFadden, Denis Rossignol et à des Asiatiques qui y servent de la cuisine chinoise. Pendant tout ce temps, le nom de La Gauloise est maintenu.

Après le départ des Asiatiques, l’endroit reste inoccupé pendant deux ans. Cherchant une nouvelle vocation à ce bâtiment, monsieur Adam pense y installer un magasin de vêtements, mais un ami lui rappelle à quel point il n’aime pas magasiner, tâche nécessaire et récurrente pour maintenir un inventaire. Il change donc d’idée et c’est le 23 mars 1992, le jour de ses 50 ans, qu’Yvan Adam démarre La Gauloise sous sa forme actuelle. À ce qu’il paraît, les débuts furent assez calmes, Yvan avait le temps de dormir sur sa chaise entre les clients. Petit à petit, la clientèle s’est bâtie… tranquillement… mais sûrement.

Au tournant du 21e siècle, deux employés de La Gauloise démontrent un vif intérêt pour l’entreprise. Stéphane Legrand a commencé à y travailler en 1995 alors que Cathy Légaré s’est jointe à l’équipe en 1996. Le 16 février 2007, ils deviennent copropriétaires et décident eux aussi de conserver le nom de La Gauloise. Le projet en devient un familial, puisque les deux enfants du couple y ont travaillé; Jean-Christophe y travaille encore, d’ailleurs. « Il va sans dire que l’achalandage n’est plus ce qu’il était. Personne n’a le temps de dormir au travail. Les gens de tous âges viennent nous encourager », précise Cathy Légaré.

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Quelques faits saillants

En 2016, un incendie ravage le bloc à logements situé juste à côté. La Gauloise y échappe de justesse, mais la section de l’ancienne taverne, restée quasi intacte jusque-là, a dû être démolie en raison des dommages causés par l’eau qui se sont élevés à 70 000 $. Pour aider leurs voisins sinistrés non assurés, Stéphane et Cathy ont fait une campagne de financement en plus de leur remettre les profits de la journée du samedi suivant l’incendie. Leurs fournisseurs ont même contribué en donnant des denrées.

La poutine de La Gauloise a bonne réputation. Elle a déjà fait partie d’un palmarès des meilleures poutines du Québec. Année après année, des touristes québécois se pointent au restaurant parce qu’ils ont entendu parler de cette succulente poutine.

Plutôt épargnés par la pandémie, les propriétaires ont voulu donner au suivant l’an dernier en remettant une somme de plus de 7 000 $ aux Paniers de Noël, une cause pour laquelle ils veulent contribuer annuellement.

Le nom officiel de l’entreprise est Brasserie La Gauloise (Ville-Marie) ltée. C’est ce qui est écrit au bas de chaque facture.

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