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Dépotoirs sauvages : Un casse-tête pour la MRC

18 Septembre 2021

par : Moulay Hicham Mouatadid | Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Les dépotoirs sauvages constituent un grand défi à gérer pour les MRC. Au Témiscamingue, comme ailleurs, c’est la MRC qui est responsable de ce dossier sur tout le territoire des municipalités et qui exerce le devoir et la responsabilité de l’hygiène du milieu en ce qui concerne les matières résiduelles. Elle se charge de la cueillette des déchets et de leur traitement, tout comme elle assume une vaste responsabilité de renseigner et d’informer la population sur les lieux de dépôt, les mécanismes et le traitement des matières résiduelles, ainsi que les bonnes pratiques requises pour ces matières. En plus de traiter les matières recyclables et les acheminer vers des centres de tri approuvés, elle s’assure du compostage des matières organiques recueillies et achemine les résidus ultimes dans un lieu d’enfouissement technique accrédité. « De plus, chaque municipalité offre à sa population une collecte des déchets encombrants (meubles, matériaux, etc.) afin de disposer correctement de ces déchets. Le maximum est ainsi mis en place pour faciliter la disposition des déchets pour la population. Malheureusement, il arrive que cela ne soit pas suffisant… » précise la préfète de la MRC de Témiscamingue, Claire Bolduc.

Une menace et un risque

Les dépotoirs illicites sur les terres du territoire témiscamien compliquent la gestion de ce dossier pour la MRCT. « Un dépotoir illégal est un dépôt d’ordures, quel qu’en soit la nature ou le volume, en un lieu où il ne devrait pas être. Ces ordures représentent une menace quant au risque de blessure, d’intoxication, parfois d’incendie et ils provoquent des nuisances visuelles et olfactives. L’immensité du territoire et la faible densité de population sont des enjeux de taille pour contrer ce phénomène. En effet, plus de 65 % du territoire de la MRC est constitué de Territoires non organisés (TNO), l’espace de terres publiques y est vaste et il n’y a pas foule sur ces territoires. Peuvent s’ensuivre certains de ces dépotoirs illégaux », explique-t-elle.

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Des amendes à payer

Si les dépotoirs illégaux sont retrouvés sur des terres municipalisées, les municipalités doivent nettoyer le site lorsqu’elles sont informées de son existence. Si une preuve d’identité est retrouvée sur le site, la personne responsable devra payer l’amende prévue par la loi et/ou payer pour le ramassage des déchets. « Mais il est trop souvent difficile d’identifier le pollueur », poursuit-elle. « Quant aux terres publiques, la loi interdit de jeter ou de stocker des matières résiduelles sur les terres publiques. Le rejet des déchets doit être effectué uniquement dans un lieu où leur stockage, leur traitement ou leur élimination est autorisé par le gouvernement. Tous les utilisateurs des terres publiques doivent respecter la loi interdisant le dépôt ou le rejet des matières résiduelles dans un lieu non autorisé. »

Des actions pour agir

Afin de mieux gérer les complications liées à cette problématique, la MRC s’est dotée de deux actions. « La clé pour contrer le phénomène repose sur deux actions, qui sont la bonne information, largement diffusée, et les amendes à imposer aux contrevenants. Cela demeure toutefois difficile soit d’identifier un contrevenant-pollueur, et on ne peut que compter sur la bonne volonté des gens une fois l’information partagée. Notons toutefois que le regard citoyen, les témoins, peuvent aussi être de grand secours dans certains cas et aider à contrer un pollueur ou à partager l’information. »

À noter que territoire public de la région reste un patrimoine collectif et qu’il convient de l’utiliser dans le respect des lois et règlements en vigueur et de l’environnement. « Tout cet espace qui nous est accessible constitue une richesse unique et formidable. Il est regrettable qu’une poignée de personnes entachent ce territoire et le dégradent, alors que les moyens pour disposer des déchets existent, qu’ils soient efficaces et à la portée de tous », a-t-elle conclu.

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