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Centre d’exposition du RIFT : Des œuvres inspirées par la nature

22 Septembre 2021

par : Marjorie Gélinas

Le vendredi 17 septembre dernier avait lieu, au Centre d’exposition du RIFT, un événement qui a suscité beaucoup d’engouement auprès des amateurs d’art de la région. En effet, c’est à Ville-Marie qu’avait lieu le vernissage de la toute première exposition en arts visuels de l’artiste Natasha Kanapé Fontaine. Déjà bien implantée sur la scène artistique au Québec, Natasha Kanapé Fontaine est connue en tant qu’écrivaine, poétesse, slammeuse, actrice, conférencière et militante. Fière représentante du peuple innu et membre de la communauté de Pessamit, près de Baie-Comeau, elle est une voix forte qui, par son art, ses conférences et autres apparitions publiques, souhaite ouvrir le dialogue entre les peuples autochtones et non autochtones.

Kamanitushit

Bien que cette exposition baptisée Kamanitushit soit sa première, Natasha Kanapé Fontaine n’est pas tout à fait débutante en la matière. « J’ai étudié en arts visuels, mais après, ma vie a comme bifurqué en poésie, en littérature puis, finalement, je suis vraiment rentrée là-dedans. Mais moi, ce que je voulais vraiment faire depuis mon adolescence, c’était devenir peintre; artiste visuelle. La peinture, c’est ce qui m’appelait le plus, depuis les tout débuts. À Montréal, j’avais essayé de présenter des choses, puis ça n’avait pas fonctionné : je ne savais pas comment ça fonctionnait, je ne trouvais pas de gens à qui poser des questions non plus donc, j’ai laissé ça de côté pendant longtemps en me disant qu’un jour, j’allais trouver l’occasion. »

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C’est l’équipe du RIFT qui lui en a finalement donné l’opportunité. En effet, la vocation multidisciplinaire de cet important diffuseur culturel a permis à l’artiste de réaliser ce rêve de longue date. « C’est le diffuseur qui a entendu dire que je faisais de la peinture. Je viens déjà donner un spectacle en novembre, en musique. Ils m’ont proposé ça puis, je me suis dit, je pense que je vais sauter sur l’occasion! » mentionne-t-elle, sans dissimuler le fait qu’elle s’est d’abord sentie un peu dépassée par cette proposition. L’équipe du RIFT l’a d’ailleurs bien soutenue et accompagnée tout au long du processus de gestation de l’exposition, qui a débuté il y a environ un an. Moins de deux heures avant l’arrivée du public au vernissage, toutefois, Natasha Kanapé Fontaine n’arrivait toujours pas à croire qu’elle concrétisait enfin ce projet qu’elle caresse depuis tant d’années. « Ça me fait encore drôle, là. J’ai l’impression que c’est pas vrai! » s’exclame-t-elle.

« Les gens n’auront peut-être pas l’impression que c’est militant ou même activiste en quelque sorte, mais pour moi, c’est une façon de montrer que je prends mon rôle; ma responsabilité, qui est de rappeler au peuple innu sa mémoire. » Par son art, Natasha Kanapé Fontaine désire effectivement contribuer au rapatriement des savoirs ancestraux de son peuple. Elle affirme que peindre l’amène à renouer avec le territoire, comme il l’était autrefois. « J’ai toujours cru que l’abstrait pouvait nous mener à notre mémoire génétique; des choses dont on ne se souvient pas, mais qu’on porte en nous, dans nos corps. » Ainsi, en créant ses œuvres, elle plonge en elle-même afin de contribuer à raviver la mémoire collective du peuple innu. Peintes pour la plupart sur de grands panneaux de bois dans de chaudes teintes de rouge et d’orange, les toiles de l’artiste dégagent une énergie solaire. « À l’école, je savais que c’est sur ça que je voulais peindre. Je voulais travailler avec le bois, même avec du contre-plaqué, parce que le bois a une façon de boire la peinture et de créer des profondeurs. J’explore encore, mais c’est ce que j’aime le plus », poursuit-elle, visiblement comblée d’avoir enfin fait ce virage vers les arts visuels. Elle compte d’ailleurs poursuivre dans cette voie. « Je ne veux plus m’arrêter, maintenant », conclut-elle.

Ni Takinan – Carlos Kistabish

Un deuxième artiste autochtone partagera, jusqu’au 13 novembre prochain, l’espace du Centre d’exposition du RIFT. Il s’agit d’un peintre et danseur traditionnel de la communauté anichinabée Abitibininni de Pikogan, près d’Amos. Carlos Kistabish met de l’avant sa culture comme elle lui a été transmise par sa famille. Dans de vastes espaces, il peint des scènes représentant la forêt et la vie qu’elle abrite. Pour lui, comme pour le peuple Anicinabe, ainsi que les autres peuples autochtones du Canada, la culture et le territoire ne font qu’un. Ce sont ces valeurs et ce mode de vie que représente Carlos Kistabish, dans ses œuvres aux couleurs vibrantes animées de fins détails. Avec cette exposition, l’artiste présente pour la deuxième fois son travail en Abitibi-Témiscamingue.

Chérie, j’ai réduit une molène – Chloé Beaulé-Poitras et Amélie Gaudet-Lapointe

Finalement, une troisième exposition est présentée au RIFT depuis le 17 septembre dernier. Celle-ci est le fruit du travail collectif de deux femmes originaires de Laverlochère au Témiscamingue : Chloé Beaulé-Poitras et Amélie Gaudet-Lapointe. Dans la Vitrine Découverte, un espace laissé à la disposition de projets régionaux à saveur expérimentale et émergente, les deux complices exposent les résultats de leurs premières explorations dans un projet qui les intéresse depuis quelque temps. Elles se sont penchées sur les possibilités qu’offrent des éléments issus de la flore locale pour élaborer un cuir témiscamien. Il s’agit d’un laboratoire de création et d’exploration sur les possibilités créatives offertes par la nature.

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