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Le cinéma en politique, une autre façon de faire

25 Avril 2022

par : Annaël Graal Biampandou | Journaliste de l’Initiative de journalisme local

Tels des anthropologues et des ethnologues, Émilise Lessard-Therrien, députée de Rouyn-Noranda - Témiscamingue, Sol Zanetti, député de Jean-Lesage, et Catherine Dorion, députée de Taschereau se sont lancés dans une belle aventure d’à peu près trois ans pour rencontrer les populations de Québec, du Témiscamingue et de Rouyn-Noranda. Tout ce parcours est relaté dans le film Renouer qu’ils ont coproduit. Le tout n’aurait pas pu se concrétiser sans l’intervention de Maxime Laurin, réalisateur, directeur photo et monteur du documentaire.

Qu’est-ce qui peut pousser des politiciens à faire du cinéma?

« L’idée en fait, c’était de créer un film qui allait nous servir à engager un dialogue avec les citoyens et citoyennes de nos circonscriptions pour savoir, d’une part, quels étaient leurs rêves, leurs aspirations, qui ils sont, être capables de porter mieux cette voix-là à l’Assemblée nationale. L’objectif de ce documentaire, c’est de créer un lien entre ce qui se passe dans la bulle parlementaire, puis ce qui se passe au Témiscamingue, à Québec et dans nos circonscriptions », introduit le député Sol Zanetti.

Pour lui, le film a vraiment pour but de briser le manque de communication entre la sphère politique, son actualité, son rythme fou et la vie normale.

« À l’origine c’est une idée qui a émergée de la tête de Sol et Catherine, c’était au début de notre mandat, nous étions élus en octobre 2018. Moi, ils m’en ont parlé en 2019. Ma réponse, c’était qu’on ne pouvait pas réaliser un film sur le Québec sans aller dans la ruralité et dans les régions. Il y a eu un bon bout de tournage ici au Témiscamingue à l’été 2019 avec Maxime, Samuel et Matthieu, le preneur de son », raconte madame Lessard-Therrien.

Pour le film Renouer, il n’y avait pas de trame ou scénario spécifique à suivre. C’était vraiment le cinéma direct ou de proximité de la caméra-stylo comme le faisait Dziga Vertov ou Robert Flaherty, les précurseurs de style documentaire.

Après avoir tourné, l’écriture et la réécriture se passent au moment du montage. « Le but, à la base, c’était vraiment de reconnecter avec la parole des gens et pour les élus, de s’inspirer de ces messages-là pour revenir à la source. L’objectif ici ce n’était pas de venir avec un but précis, mais de laisser les gens s’exprimer et en recueillant leurs paroles de voir ce qui nous rassembler. Très vite, on a remarqué que revenait souvent le concept de la communauté, le territoire et le temps », explique Maxime Laurin, réalisateur et monteur du film.

Pour la députée de Taschereau, Catherine Dorion, c’est une première dans l’histoire du Québec. « On a fait financer ce film par l’Assemblée nationale, par le budget des circonscriptions des députés, ça, c’est une première. »

Le film a été accueilli avec beaucoup d’émotion et de fierté à Ville-Marie au cinéma du Rift, où la projection a eu lieu avec les citoyens, tant les protagonistes du film comme des résidents des différents territoires filmés. La rencontre s’est achevée avec un échange de discussion. Renouer est attendu ensuite à Rouyn-Noranda.

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