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Un rêve devenu réel grâce à la magie du virtuel

1 Juin 2020par : Dominique Roy

photo : Stéphanie Ménard

Stéphanie Ménard est originaire de Temiskaming Shores. Elle étudie à l’École des sciences de l’éducation à l’Université Laurentienne de Sudbury. Le mercredi 11 mars, alors qu’elle est en classe, assistant aux présentations orales de ses collègues universitaires, son cellulaire mentionne la présence d’un nouveau courriel dans sa boîte de réception. Elle lit le message. Dans 20 minutes, soit à midi, tous les cours seront suspendus et la formation se poursuivra en ligne. À ce moment-là, Stéphanie en est à sa dernière semaine de cours. Son parcours postsecondaire tire à sa fin. Pour terminer sa dernière année d’études, il ne lui reste qu’à compléter ses examens de fin de session et un stage de cinq semaines en milieu scolaire. C’est la panique!

« Certains enseignants ont annulé leurs derniers cours et d’autres l’ont fait à travers la plateforme Zoom. J’ai fait un examen en ligne en étant filmée et les autres étaient de style take home, donc on l’écrivait et on le remettait pour une certaine date. » Ainsi, c’est sur cette note que se terminait sa vie d’étudiante universitaire. Après les examens, deux semaines se sont écoulées sans savoir ce qui adviendrait du stage obligatoire. Beaucoup de questions… très peu de réponses. Enfin, quinze jours plus tard, l’université lui offre deux possibilités : faire son stage à la réouverture de la faculté ou le faire maintenant de façon virtuelle avec l’approbation de son enseignante associée. Pour elle, c’est le deuxième choix qui s’avérait la meilleure solution. Après de nombreuses démarches, Stéphanie Ménard faisait son entrée dans les écrans des élèves via la classe virtuelle de Sylvie-Andrée Duguay, enseignante de sciences à l’École secondaire catholique Sainte-Marie de New Liskeard. « C’était le 16 avril et, oui, la date est soulignée dans mon calendrier tellement j’étais soulagée », précise l’étudiante qui avoue avoir vécu l’attente et l’incertitude avec beaucoup de stress, d’angoisse et de frustration.

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C’est donc dans un univers tout à fait nouveau pour l’étudiante et l’enseignante que le stage s’est déroulé… sans réelle préparation. Tout se faisait au fur et à mesure. « Au début, on était toutes les deux très incertaines, mais elle [madame Duguay] m’a vraiment fait confiance et m’a donné carte blanche pour utiliser les plateformes que je préférais. J’ai commencé tranquillement à partir de la directive de créer des vidéos-questionnaires pour ensuite m’aventurer plus loin avec l’escape room virtuel, par exemple. Je lui envoyais le tout et elle me répondait avec des commentaires très positifs qui disaient qu’elle aimait les questions, la vidéo ou encore l’outil technologique que j’avais créé. Plus le temps avançait et plus j’offrais de prendre plus de responsabilités, et madame Duguay me les confiait. »

Avec tout ce revirement de situation, le stage qui devait être de cinq semaines fut raccourci à trois semaines. « Je crois que ça m’a pris deux semaines avant d’établir une gestion efficace me permettant de savoir quels élèves ont remis les questionnaires, dans quelle classe ils sont, quelles sont les notes qu’ils ont reçues, quelle rétroaction a été envoyée et laquelle est à envoyer. Il ne faut pas oublier que je ne connaissais pas mes élèves. Je n’ai aucune idée de leurs difficultés en apprentissage, de leur compréhension du français ou encore de leur personnalité comme apprenant. L’expression « parler au mur » n’a jamais été aussi réelle. » Malgré les défis, l’expérience fut des plus enrichissantes. « De ce stage, je retiens que l’enseignement est une expérience en elle-même. Tu essaies des choses, tu recommences, tu réessaies autre chose. L’enseignement, c’est la capacité de s’adapter. »

Sylvie-Andrée Duguay en sera à sa 29e année d’enseignement en septembre prochain. Stéphanie n’est pas sa première stagiaire. « La relève enseignante compte sur la réflexion, l’expertise et les petits trucs du métier des enseignants du milieu. À mon avis, c’est un peu mon devoir de participer à la formation des futurs enseignants. » Son expérience lui a donc permis d’intégrer une stagiaire à son enseignement virtuel sans trop de difficultés. C’est par appels téléphoniques, textos, Facetime et Teams que le co-teaching s’est déroulé. Dans ce contexte, l’aide supplémentaire était la bienvenue, tant du côté de l’enseignante que des élèves. « Elle s’est intégrée à nos groupes de discussion sans problème. Elle a utilisé des plateformes super intéressantes : formulaires GOOGLE, ThingLink, salle d’évasion. Elle a créé plusieurs petites vidéos en lien avec des concepts de biologie. Bref, elle m’a permis de découvrir du nouveau matériel que je pourrai utiliser dans le futur. Stéphanie est une stagiaire qui démontre beaucoup de maturité. Elle est très responsable et travaillante. Elle a beaucoup d’initiative et elle est créative. En plus, elle ne fait pas de fautes quand elle écrit… wow! »

Voilà que son stage et son baccalauréat sont terminés et réussis avec brio. Mission accomplie! Dès l’âge de 12 ans, elle savait qu’elle deviendrait enseignante. Son rêve est devenu réalité. Enseigner dans la région pour le Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières est maintenant son souhait le plus cher.

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