Des Témiscamiens aux World Series of Poker

20 juillet 2022

par : Dominique Roy | Journaliste de l’Initiative de journalisme local

Depuis 1970, les World Series of Poker (WSOP) se tiennent chaque année à Las Vegas. Il s’agit du plus grand championnat de poker au monde et celui-ci attire des milliers de joueurs professionnels et amateurs venant de tous les coins de la planète. Les Témiscamiens Marc Piché, Marc-André Caron et Yan Poudrier, passionnés de poker, ont voyagé jusqu’à la Sin City pour participer à la 53e édition des WSOP dont les tournois s’étalent du 31 mai au 20 juillet. Le calendrier compte 88 tournois en présentiel, dont les bourses alléchantes s’accompagnent du prestigieux bracelet tant convoité, en plus de « dailys » (tournois quotidiens) qui ne permettent pas de remporter de bracelet, mais dont le « buy-in » (coût d’inscription) est beaucoup plus abordable.

L’expérience des Témiscamiens

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Nombreux sont les joueurs de poker issus de l’univers des jeux vidéo. Ils y ont consacré une partie de leur vie pour ensuite détourner leur intérêt vers le poker. C’est ce chemin qu’a emprunté Marc Piché qui s’adonne au poker depuis près d’une quinzaine d’années. Aussi, il faut dire qu’il a grandi au sein d’une famille dont les parties de cartes se terminaient au petit matin. En 2022, il en est à son cinquième séjour à Las Vegas pour jouer au poker, dont sa 3e expérience aux WSOP. Cette année, sur les 12 jours passés là-bas, il a participé à sept tournois, dont quelques dailys des WSOP en plus de tournois tenus dans d’autres casinos. L’événement lui a permis de revenir au pays avec un profit d’environ 5 000 $US. C’est d’ailleurs cette année qu’il enregistre son meilleur gain en carrière en tournoi « live » (tournoi en présentiel et non en ligne), terminant en 3e position sur 192 joueurs lors d’un daily dont le buy-in était de 400 $US. Cette victoire lui a permis d’empocher la somme de 6 710 $US.

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Pour Marc-André Caron, ses débuts au poker remontent à ses années d’université où il jouait des parties entre amis. Une fois les études terminées, d’autres occupations ont remplacé le poker. C’est donc pendant la COVID-19 qu’il s’est remis à jouer, cette fois-ci sur des sites de jeux en ligne. Pour les WSOP, il voyageait en compagnie de Marc Piché et il en était à sa première participation; il y découvrait ainsi la ville et l’ambiance de l’événement. « J’y allais plus pour vivre une expérience, voyager, mais finalement, après deux jours de tournois, j’ai commencé à être plus à l’aise. Je me suis rendu compte que j’avais surévalué le niveau de poker. »

Sur les 10 tournois auxquels il a participé, il compte trois tables finales (une table finale regroupe les 9 derniers joueurs encore en vie dans le tournoi), ce qui lui a permis de terminer en 7e position à deux reprises en plus d’atteindre une 3e position. Le tournoi lors duquel il a terminé en 3e position, sur 166 joueurs, correspond au meilleur gain de sa jeune carrière, soit un montant de 2 360 $US. « C’est mon meilleur gain, mais ce n’est pas mon meilleur tournoi. Pour un des tournois où j’ai terminé en 7e position, j’avais l’impression d’avoir beaucoup mieux joué que celui de la 3e position. J’étais plus satisfait de mon jeu. » Ce fut une première expérience lucrative pour Marc-André Caron dont le bilan des tournois est positif, soit un profit de 2 400 $US. Le budget qu’il s’était fixé pour jouer était de 1000$, mais ses gains lui ont permis de jouer au-delà de ce montant. « Ce que j’ai aimé, c’est de rencontrer des joueurs de nationalité différente et de niveaux de jeu différents. Tu arrives à une table et il y a des joueurs de partout au monde. On remarque qu’il y a des façons de jouer qui sont propres à certains pays. Par exemple, les Français ne jouent pas comme les Américains. C’est une super belle expérience. C’est un bel environnement. »

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Quant à Yan Poudrier, il en est à son 9e séjour là-bas, dont sa 6e participation aux WSOP. Cette année, l’expérience fut différente. Yan est un amateur des tournois satellites offerts en ligne par le site Web OK Poker de Loto Québec. Contrairement aux tournois conventionnels dont l’enjeu est de gagner une bourse en argent, le tournoi satellite permet de gagner un siège aux WSOP accompagné d’un montant forfaitaire couvrant une partie des dépenses du voyage. De 2015 à 2019, le joueur de poker de Laverlochère faisait partie du lot de Québécois qualifiés pour représenter OK Poker aux WSOP.

Cette année, les tournois satellites n’étaient pas offerts par Loto-Québec. Pour la première fois, il lui a fallu payer l’entièreté de son voyage. Du 24 juin au 8 juillet, il a participé à une douzaine de tournois, certains faisant partie du calendrier des WSOP, quelques dailys en plus de tournois tenus dans d’autres casinos. Étant donné que les WSOP attirent des milliers de joueurs en même temps, d’autres casinos de Las Vegas profitent de l’occasion pour offrir eux aussi des séries de tournois intéressants et il y en a pour tous les budgets. D’ailleurs, en 2018, c’est lors de l’un de ces événements en marge des WSOP, le Goliath du Planet Hollywood, que Yan Poudrier a empoché son plus gros gain en carrière, décrochant la 1re position, sur 1200 joueurs, lui valant un montant de 27 750 $US, une somme surpassant son gain de l’année précédente au Playground Poker Club dans la région de Montréal qui était de 25 000 $CA. L’édition 2022 des WSOP fut plus décevante. Malgré quelques gains, dont une 3e position lors d’un tournoi au Caesar Palace lui rapportant une somme de 1 200 $US, le joueur revient avec un bilan négatif. « Pour moi, ce n’est pas une situation alarmante, parce que mes gains des années précédentes, qui servent à couvrir mes dépenses en poker, sont là pour combler les pertes. Au poker, il faut s’attendre à perdre. Ça fait partie de la game. »

L’importance de bien se préparer

Comme le dit si bien Marc Piché, « le poker, ça ne s’apprend pas en cinq minutes ». Pour participer aux WSOP, il faut quand même s’y préparer. Le poker, il faut l’inclure dans sa routine de vie si l’on veut y performer… de nombreuses heures à jouer en ligne, des déplacements vers les casinos et les maisons de jeux, des lectures et des visionnements en ligne. Entre autres, la série européenne Dans la tête d’un pro, diffusée sur YouTube, est une véritable référence pour les joueurs de poker. Il faut savoir lire l’adversaire, gérer ses émotions, détecter les « bluffs », etc. Pour que le jeu reste sain, les trois joueurs témiscamiens ont le même son de cloche, l’importance de bien gérer sa « bankroll » (réserve d’argent provenant de gains au poker). « C’est important d’y aller graduellement et de trouver son niveau de jeu qui est souvent déterminé par sa bankroll. Par exemple, il est illogique de s’inscrire à un tournoi à 200 $ quand tu as juste 500 $ dans ta bankroll », explique Yan Poudrier. Chose certaine, l’édition 2023 des WSOP sera un événement à ne pas manquer pour les trois Témiscamiens.

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