Francine Plante expose à Gatineau

20 juillet 2022

par : Annaël Graal Biampandou | Journaliste de l’Initiative de journalisme local

Dans le cadre de l’exposition Recycl’art Gatineau du Centre d’art contemporain de l’Outaouais (CACO), une artiste témiscamienne voit une de ses œuvres exposées. Sous le thème du Big-bang, ce sont 25 artistes différents qui exposent au parc des ruisseaux du secteur Hull du 9 juillet au 28 août. Francine Plante fait partie du nombre et s’est rendue au vernissage le 9 juillet dernier. « Il y avait des œuvres de bonne qualité. J’étais impressionnée par la plupart des artistes qui étaient là », raconte-t-elle.

C’est avec une fierté évidente que madame Plante représente la région. « J’étais très fière. Vu qu’il y avait une difficulté à sélectionner les dossiers étant donné le nombre des artistes, c’est un honneur d’être choisie. En plus de ça, de se retrouver avec des artistes de ce calibre, des artistes de carrière, tu te sens à côté des grands et avec les grands. C’est tout un honneur! » dit-elle, émue.

L'oeuvre exposé à Recycl'art Gatineau_IG.jpg

L’œuvre de madame Plante est représentative de la fin de cycle. « C’est un bois de grève que j’ai récupéré, j’ai en quelque sorte reconstruit en faisant des racines et pour les branches, au lieu d’avoir un feuillage, ce sont les douilles d’armes à feu à la place et puis j’avais des petits oiseaux à travers ça », explique madame Plante relativement au travail de son œuvre. Ce que signifie fin de cycle, c’est là où on laisse tout tomber, c’était aussi en relation métaphorique avec la fin de la COVID. Ça représente le feu aux poudres, le feuillage finit par tomber un peu et là, on ramasse les feuilles mortes.

Redonner une autre vocation à l’objet ou faire revivre

L’artiste témiscamienne aime beaucoup créer en récupérant des objets. « Présentement je peins une vieille selle pour faire du cheval, c’est pour le Festival western… Je suis aussi sur un projet avec les canettes écrasées », témoigne Francine Plante. Et son inspiration est partout. Si elle voit une canette par terre, elle y voit plus, un dessin par exemple.

Cependant, les œuvres que présente Francine Plante en salle ou pendant les expositions, sont juste avec les douilles récupérées. « Quand on voit une douille, on pense aux armes à feu. Moi, je m’en sers de façon plus décorative. Ce sont toujours des cycles, les choses passent, les choses changent… On peut repartir avec quelque chose de brisé, avoir une vie brisée ou une personne qui pense qu’elle est brisée et en faire un œuvre d’art », soutient-elle.

Tout peut se transformer

Dans la vie, il y a parfois des événements qui laissent des marques indélébiles. C’est parfois très douloureux. Il faut savoir quoi en faire, comme transformer les épreuves. « J’ai un conjoint qui s’est suicidé, au moyen d’une arme à feu… Donc je voulais changer la charge émotive de la douille. Je voulais la rendre jolie ou autrement. J’ai des ciels étoilés avec des douilles », confie l’artiste. « Le message que je porte, c’est qu’on peut tout transformer de l’intérieur et de l’extérieur. On peut faire de l’art au Témiscamingue, il y a des artistes au Témiscamingue et il faut les soutenir. »

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