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L’art d’ici, sous la loupe

25 novembre 2022

par : Marjorie Gélinas | journaliste de l’Initiative de journalisme local

photo : Source : Page Facebook d'Émilie B. Côté

La région a vu naître et évoluer de nombreux artistes : chanteurs, musiciens, comédiens, peintres et autres artistes en arts visuels. Toutefois, les spectateurs ou admirateurs d’art ne voient souvent que le résultat final, alors que chaque chanson, pièce de théâtre, livre, sculpture ou peinture est le résultat d’un processus. Comment naît une œuvre? Quelle est la démarche de l’artiste derrière celle-ci? Qu’est-ce que le créateur a voulu insuffler à sa pièce avant de la livrer aux yeux ou aux oreilles d’autrui? Voilà des questions qui trouveront bientôt leurs réponses grâce à un projet de capsules vidéo de la Commission culturelle du Témiscamingue.

Au cours des prochaines semaines, des tournages auront lieu avec différents artistes de la région. Quatre capsules vidéo, réalisées par Frédéric Patoine, découleront de ces tournages. Le but de l’exercice : démystifier les pratiques artistiques de différents artistes de la région pour permettre aux Témiscamiens de mieux comprendre l’essence des artistes qui œuvrent sur le territoire. « Parfois, l’art peut sembler inaccessible vu de l’extérieur. Ça ouvre tellement de portes quand on comprend le propos de l’artiste, les décisions qu’il a prises dans la réalisation de son œuvre, les réflexions qu’il a eues en cours de route. Je pense qu’on apprend à aimer ce qu’on connaît, et tant qu’on n’a pas côtoyé un artiste qui parle de son travail, c’est plutôt abstrait. C’est un langage qui s’exprime par des formes, des couleurs, des intentions. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse sur comment les gens interprètent les œuvres, c’est une expérience très personnelle, mais quand on a une idée de l’intention et de la démarche de l’artiste, on peut aller tellement plus loin dans nos émotions que de simplement en voir la beauté. L’art, c’est comme un être humain, la beauté c’est juste le contenant », exprime l’artiste en arts visuels Émilie B. Côté, qui a été sélectionnée pour participer au projet.

Pour cette première mouture, ce sont quatre candidatures qui ont été retenues. Toutefois, on peut s’attendre à ce que l’expérience soit répétée dans l’avenir, puisque les artistes ont été nombreux à manifester leur intérêt pour le projet. « La variété des propositions que nous avons reçues et la motivation des artistes à faire partie de ce nouveau projet nous démontrent que la Commission culturelle a eu raison de mettre sur pied ces capsules », a souligné Réal Couture, président de la Commission culturelle.

En plus d’Émilie B. Côté, les artistes qui ont été sélectionnés sont Louise Lavictoire, femme de théâtre et autrice jeunesse, qui présentera dans sa capsule son processus de création en arts de la scène; le duo de muralistes formé par Ginette Jubinville et Carole Kruger, qui démystifieront le processus de création d’une murale, de l’idée de départ à la réalisation finale; ainsi que Dominic Lafontaine, artiste multidisciplinaire, qui présentera sa démarche au niveau des arts numériques, intégrant son point de vue quant à l’art autochtone contemporain.

Pour les gens qui visionneront ces capsules, ce sera l’occasion d’en apprendre plus sur les différents artistes mis de l’avant, alors que pour les artistes, il s’agit d’une superbe opportunité pour se dévoiler, comme en témoigne Émilie B. Côté. « Beaucoup de gens savent que je suis une artiste en arts visuels, mais peu de gens savent comment je travaille, les thèmes que j’aborde, etc. La démarche d’une artiste est souvent très méconnue du public parce que c’est quelque chose qui se vit seul en atelier, et pourtant ce sont des moments tellement riches. Une œuvre est une série de décisions qui se sont enchaînées, avec une intention initiale qui peut tout autant changer en cours de route. Le processus de création est très fascinant en fait! »

Évidemment, cette opportunité représente également un défi. Demeurer naturel devant la caméra et présenter au monde un travail qui se fait normalement seul, c’est un peu comme laisser les gens entrer dans son intimité. « Je suis parfois très chaotique dans mes périodes de création et c’est un moment que je suis habituée de vivre seule avec moi-même. Tourner une capsule est un art en soi, j’espère être capable de livrer l’essentiel de ce que je veux communiquer », souhaite Émilie B. Côté.

Les quatre capsules vidéo seront diffusées sur les médias sociaux, les télévisions communautaires du territoire, de même que sur l’écran de cinéma du Rift, dès l’an prochain, à raison d’une par saison.

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