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Ces commerces du Témiscamingue qui ont disparu | La Plomberie du Témiscamingue à Ville-Marie

25 Juillet 2020par : Dominique Roy

photo : Ghislain et Jean-Guy Cholette

Au cours de l’été, nous vous présentons quelques commerces disparus qui, jadis, ont grandement contribué à l’économie des municipalités du Témiscamingue. Cette semaine, rappelons-nous les années de service de la Plomberie du Témiscamingue.

Sand Lake Plumbing

Chez les Cholette, la plomberie est un métier qui s’est transmis de père en fils. Tout a commencé avec Omer Cholette, originaire de Notre-Dame-du-Nord. Celui-ci a débuté sa carrière en effectuant des travaux de plomberie en Abitibi après s’être marié. Ensuite, le travail l’a conduit à Montréal où il y a œuvré quelque temps. En 1945, le couple revient au Témiscamingue. C’est l’époque où la ville minière de Belleterre est en pleine effervescence économique. Omer avait été informé par son beau-frère que les besoins en plomberie ne manquaient pas dans ce secteur du Témiscamingue. C’est donc à Belleterre qu’Omer ouvre les portes de son entreprise, la Sand Lake Plumbing. Il y travaillera pendant cinq ans, soit jusqu’en 1950. Les constructions majeures étant achevées à Belleterre, ses services étaient de plus en plus sollicités vers le centre du Témiscamingue. Omer et sa femme déménagent donc à Ville-Marie.

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Monsieur Omer Cholette

Plomberie du Témiscamingue

En 1950, Omer s’achète une maison à Ville-Marie et son entreprise porte désormais le nom de Plomberie du Témiscamingue. Le petit garage de sa cour lui sert de shop de plomberie. Doris Cholette, l’épouse de Ghislain Cholette, un des fils d’Omer, se souvient de cette époque. « C’était tout petit. Quand le commis-voyageur venait, il s’assoyait dans la maison pour prendre les commandes. Il venait quand même assez souvent parce que c’était tellement petit qu’il n’y avait pas de place pour entreposer beaucoup de stocks », se souvient-elle.

Ghislain et Jean-Guy, les deux fils d’Omer, se joignent à l’entreprise comme employés. Dès l’âge de 15 ans, les garçons quittent les bancs d’école pour travailler avec leur père. Les trois hommes unissent leurs forces pour offrir des services de plomberie à travers le Témiscamingue. « Omer, je ne sais pas où il a appris à faire de la plomberie, mais mon mari et Jean-Guy ont appris leur métier de leur père. Ils ont appris sur le tas, comme on dit », raconte madame Cholette. À cette époque, la concurrence est inexistante. Les Cholette sont les seuls à offrir ce service en région. Vers le milieu des années 1960, la santé d’Omer n’est plus de fer. L’un de ses fils, Jean-Guy, achète donc l’entreprise et la déménage sur la rue Saint-André, toujours à Ville-Marie. Employé de confiance de son père, Ghislain, fidèle au poste, poursuit son métier aux côtés de son frère jusqu’en 1975 où il acceptera un emploi en plomberie pour la commission scolaire.

En 1978, Jean-Guy construit un nouveau bâtiment pour accueillir son entreprise de plomberie, celui-ci étant occupé aujourd’hui par le Home Hardware de Ville-Marie. En 1984, la santé de Jean-Guy ne lui permet pas de continuer ses activités. La Plomberie du Témiscamingue ferme définitivement ses portes et le bâtiment est vendu.

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Messieurs Ghislain et Jean-Guy Cholette

Une entreprise prospère

Doris Cholette se souvient des années prospères de l’entreprise familiale. « Les écoles du comté se bâtissaient. Ils ont donc fait la plomberie et le chauffage dans à peu près toutes les écoles. Je me souviens d’autres contrats importants, comme celui du centre culturel de Ville-Marie, où il y a l’Âge d’Or maintenant et où il y avait la piscine. Quand l’église a brûlé à Ville-Marie, c’est aussi eux qui ont fait les travaux. Ils étaient très en demande. Mon beau-frère Jean-Guy était quand même assez occupé parce qu’il gérait aussi deux autres entreprises en plus de sa plomberie. Il était propriétaire du club de golf et de l’Hôtel Ville-Marie avec Claude Gagnon. »

Ghislain n’était pas le seul employé de son frère. D’autres ont joint l’équipe, surtout à l’époque de la construction des écoles. Étant donné que celles-ci ont été bâties presque toutes dans les mêmes années, il fallait plusieurs hommes pour répondre à la demande. Jacques Ethier, de Ville-Marie, fut l’un d’eux. Il a travaillé pendant près de 20 ans pour la Plomberie du Témiscamingue.

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L'un des moyens de transport de l'entreprise

Le salaire de l’époque

Selon les statistiques d’Emploi Québec, en 2015, le revenu annuel moyen d’une plombière ou d’un plombier au Québec est de 56 000 $ par année. Doris Cholette se souvient du salaire de son mari à la fin des années 1950 et au début des années 1960. « Mon mari gagnait 67 $ par semaine. Ce n’était pas vraiment payant, mais c’était comme ça partout. En 1995, la dernière année où il a travaillé comme plombier pour la commission scolaire, il venait d’atteindre les 40 000 $. »