Tétraplégique incomplet depuis un accident de plongeon au bout du quai en 2020 à l’âge de 24 ans, Étienne Mayer n’a jamais cessé de chercher des moyens de bouger, de repousser ses limites et de s’impliquer dans sa communauté. Cet été, il a fait une avancée inattendue. Il a participé aux Jeux du Canada en paracyclisme, une discipline intégrée pour la toute première fois à cette compétition nationale.
« Les Jeux du Canada, ça existe depuis une trentaine d’années, un peu comme les Olympiques, mais au niveau des provinces et territoires du Canada », explique l’homme natif de St-Bruno-de-Guigues. Cette édition tenue à St. John’s, à Terre-Neuve, avait une saveur particulière puisque le paracyclisme y faisait son entrée officielle. « C’était vraiment une belle expérience. Ils cherchaient un gars et une fille par province pour représenter, mais il manquait d’athlètes. Finalement, au Québec, on était deux gars et deux filles. Au total, seulement six paracyclistes ont pris le départ. »

Pour monsieur Mayer, l’aventure a commencé presque par hasard. Un ami qui débutait dans la discipline l’a entraîné avec lui au championnat canadien présenté en Beauce. « En l’accompagnant, j’ai rencontré toute l’équipe. Ils voyaient bien qu’il manquait du monde et ils m’ont demandé si j’avais envie d’essayer. Ça n’a pas été long que je me suis retrouvé sur la ligne de départ des Jeux du Canada », raconte-t-il en riant.
Avec à peine un mois d’entraînement derrière lui, son objectif était simple : terminer les parcours, réputés exigeants. « Les circuits étaient du niveau championnat du monde. Je n’ai pas fini dans les trois premiers, mais j’ai complété mes deux courses. C’était ça, mon but, et je l’ai atteint. »
L’expérience lui a donné le goût d’aller plus loin. Installé à Rouyn-Noranda, où il s’entraîne avec son ami, il voit déjà la suite. « On va continuer à s’entraîner ensemble sur la piste cyclable. Les Jeux du Canada reviennent seulement dans quatre ans, mais moi j’ai encore une fenêtre jusqu’à 35 ans pour participer. Et pourquoi pas viser plus haut, comme les Jeux paralympiques. »
Ce rêve, il l’aborde avec lucidité. Le paracyclisme reste un sport coûteux — son vélo adapté vaut environ 10 000 $ — et le bassin d’athlètes est limité. Mais la rareté peut aussi ouvrir des portes. « Ce que j’ai vu, c’est qu’il manque beaucoup de monde. Alors oui, c’est peut-être un peu plus accessible, surtout dans ma catégorie. Je pense que ça serait vraiment cool de pouvoir me mesurer à des athlètes du monde entier. »
Pour l’instant, il se concentre sur l’entraînement, même en hiver. Grâce à un système installé dans son salon, il pédale virtuellement et garde la forme. C’est une nouvelle passion qui s’ajoute à toutes celles qui occupent sa vie : bénévolat, chasse, pêche, et même impression 3D, qu’il utilise pour adapter des objets à son quotidien.