Le Musée de la civilisation de Québec présente, depuis le 21 octobre, NIN, une exposition immersive conçue et réalisée par l’organisme culturel MINWASHIN dans le cadre de la Décennie internationale des langues autochtones (2022-2032). Prenant la forme d’une forêt symbolique formée de noms, de valeurs et de récits, cette création invite les visiteurs à plonger dans l’univers anicinabe. L’exposition sera ouverte au public jusqu’au 4 janvier 2027.
Davide Buscemi | dbuscemi@journallecitoyen.com
Rencontre entre langue, art et mémoire
Présentée pour la première fois dans sa version muséale, NIN a déjà voyagé jusqu’au siège de l’UNESCO à Paris et dans plusieurs communautés du grand territoire Anicinabe Aki, à cheval entre le Québec et l’Ontario. Elle célèbre la beauté et la force de la langue anicinabe — l’anicinabemowin — par un parcours sensible alliant récits, œuvres d’art et expériences interactives.
Le mot NIN, qui signifie « Je suis », incarne l’inclusivité et la reconnexion avec soi-même et le territoire.
L’exposition se déploie en cinq zones thématiques : introduction à l’univers anicinabe à travers une forêt symbolique, transmission orale et lien avec le territoire et les non-humains, cycles de la vie et revitalisation de la langue, espace de connexion communautaire et, enfin, célébration de la résilience et de l’autodétermination des peuples autochtones.
Un chant à la langue et à la terre
Souhaitant interpeller et sensibiliser le public à la culture anicinabe et à la revitalisation de cette langue, NIN met en avant la force poétique et la portée universelle de l’anicinabemowin. Elle invite chacun à découvrir la richesse d’une culture millénaire par l’art et la parole, dans une approche intime, puissante et humaine. Placée au cœur du parcours, une œuvre poétique exprime la dimension spirituelle de l’exposition :
Je dis NIN comme mes ancêtres me l’ont appris.
Ma langue, c’est le flot de la rivière qui porte mon canot.
Je dis NIN pour chaque enfant de demain.
Ma langue, c’est la mélodie de la terre qui m’a donné la vie.
Je dis NIN avec les enfants d’aujourd’hui.
Notre langue est un chant infini.
Des œuvres autochtones au cœur du parcours
Plusieurs artistes autochtones y explorent les thèmes de l’identité et de la mémoire : Eruoma Awashish, Karl Chevrier, Dominic Lafontaine, Caroline Monnet, Francine Chevrier, Craig Commanda, Rosalie Mowatt, Mary-Jane Brazeau, Barbara Wabanonik, Fabienne Théoret-Jerome, Tom Bulowski, Elizabeth Mianscum, Pascale-Josée Binette, Alice Dérose, Oscar Kistabish, Kevin Papatier et Virginia Dumont.
Leur participation illustre la vitalité d’une création contemporaine enracinée dans les traditions, où l’art devient un véhicule de transmission et de reconnexion.
Une collaboration fondée sur le respect et la confiance
« Depuis sa création, le Musée de la civilisation chemine et va à la rencontre des Premiers Peuples, accordant un grand respect à leurs voix et leurs paroles. Le Musée nourrit aussi une profonde volonté de favoriser la rencontre des différents publics avec ses contenus incontournables, toujours d’une grande richesse et beauté », a déclaré la directrice générale du Musée de la civilisation, Julie Lemieux.
« Aux expositions permanentes C’est notre histoire, conçues avec La Boîte Rouge VIF, et Le Québec, autrement dit, pour lesquelles la participation des communautés autochtones a été très importante, s’ajoute maintenant la magnifique exposition NIN, conçue et réalisée par MINWASHIN, que je remercie pour sa confiance », a-t-elle poursuivi.
Le président de MINWASHIN, Richard Ejinagosi Kistabish, a pour sa part souligné la portée culturelle et identitaire du projet : « Notre langue est le cœur et l’âme de notre culture, car elle permet de communiquer entre nous, de perpétuer nos concepts, notre vision du monde, de façon holistique, tout en respectant l’unicité et les caractéristiques propres à nos communautés respectives. La langue nous unit et nous rassemble. »
Une vitrine pour la culture anicinabe
Au cœur de l’Anicinabe aki, MINWASHIN agit depuis plusieurs années à la valorisation, la revitalisation et le rayonnement de la langue, des arts et de la culture anicinabe. L’organisme favorise la création et la réappropriation culturelle et linguistique, contribuant ainsi à maintenir vivant le lien entre les peuples et leur territoire.
L’exposition NIN est présentée au Musée de la civilisation, à Québec, du 22 octobre 2025 au 4 janvier 2027.