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Les séries en temps de COVID-19

8 Septembre 2020par : Luc Gélinas

Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).

Je suis vraiment très heureux de me joindre à l’équipe du Reflet et de partager avec vous anecdotes, souvenirs et opinions à toutes les deux semaines. Surtout que j’ai rarement autant ressenti le besoin de communiquer avec les gens. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement c’est ce qui m’a le plus manqué en 2020 avec la pandémie. Voir ma mère de 76 ans sans lui faire de câlins, ça me déchire le cœur. Ne pas fraterniser avec mes amis, ça me saccage le moral. Ne pas effectuer mon travail sur le terrain, ça me donne la vague impression d’être déjà en semi-retraite…mais ça, c’est moins pire!

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La LNH a pris la bonne décision avec le protocole de retour au jeu. Isoler les équipes dans deux villes a permis de reprendre les activités sans risques de contagion et sans interruptions. Il faut avouer que c’est un succès. Mais comme dans toute chose, le succès a un prix. Éloignés de leur famille pendant plusieurs semaines, des joueurs et des dirigeants ont trouvé l’expérience très difficile. Pour les journalistes, le sacrifice est beaucoup moins grand. En fait, la couverture des séries éliminatoires de la COVID, c’est surtout franchement frustrant et un peu ennuyant car tout se passe de la maison.

Oui, certains collègues se sont déplacés à Toronto et à Edmonton. Mais l’accès aux entraînements est interdit aux médias et toutes les entrevues doivent se faire via la plateforme Zoom. Reste les matchs sur place, sans moniteurs de télévision pour analyser les reprises. Alors le patron a pris la décision de nous garder à la maison Chantal Machabée et moi. Honnêtement c’était la meilleure décision à prendre. J’ai accès à toutes les parties de la LNH mais surtout je peux assister et participer aux conférences de presse de tous les clubs, à chaque jour. Pour les compléments d’information, il y a toujours moyen d’échanger des messages textes avec des joueurs ou des entraîneurs.

Les entrevues dans le vestiaire c’est une chose. Décortiquer les entraînements, jaser avec un joueur une fois les micros fermés, analyser le non-verbal et échanger avec les collègues aident aussi à se forger une opinion ou explorer d’autres pistes. Mais ce qui me manque le plus, c’est de vivre les événements. Être sur place est définitivement ce que j’aime le plus de mon travail. «Oui, je m’en souviens. J’étais là. Veux-tu savoir ce qui m’est arrivé cette fois-là?» est donc une phrase que je ne pourrai pas dire pour les séries de 2020…mais plus tard, je pourrai raconter à mes petits-enfants que j’ai passé quelques mois à faire quotidiennement de la télé en direct avec un maillot de bain.

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