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Deux judokas de Rouyn-Noranda décrochent le bronze aux Mondiaux de kata

19 novembre 2025

par : Karen Lachapelle

Zachary Mainville et Thomas Warolin, deux jeunes judokas de Rouyn-Noranda, ont vécu un moment marquant le 8 novembre dernier aux Championnats du monde de kata tenus à Paris. Les deux partenaires ont remporté la médaille de bronze en Nage-no-kata chez les juniors, offrant au Canada sa seule médaille de ces Mondiaux.

Champions canadiens dans leur catégorie, ils savaient qu’ils arrivaient préparés, mais rien ne garantissait un podium dans un tournoi où se retrouvent les meilleures équipes du monde. « Nous avons été super bien entourés par les hauts gradés de Judo Québec et ceux de Judo Canada », explique Thomas Warolin, qui pratique le judo depuis 12 ans et le kata depuis deux ans, tout comme son partenaire.

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Il y a un mois, leur victoire à un tournoi international à Madrid avait déjà donné le ton. Classés treizièmes au monde avant les Mondiaux, ils se savaient en progression. Deuxièmes de leur groupe en préliminaires et cinquièmes au total, ils ont élevé leur niveau en finale pour récolter 375,5 points. « Ce n’était pas notre meilleure prestation au premier tour. Nous voulions tellement marquer le coup que nous nous sommes repris et avons fait la meilleure prestation que l’on pouvait en finale. Nous sommes incroyablement contents d’avoir réussi à monter sur le podium aux côtés de gens qui font du kata depuis longtemps », poursuit M. Warolin.

La finale a été serrée jusqu’à la toute fin. Les Sud-Coréens Junyoung Park et Jihoon Jung ont remporté l’or avec 389,5 points. Les Iraniens Ali et Mohammadmahdi Sadeghiyan ont terminé deuxièmes avec 375,5 points, le même pointage que les deux Abitibiens. « C’est quand même un peu crève-cœur d’avoir obtenu le même résultat que les vice-champions, mais cette médaille est déjà bien mieux que ce que nous espérions », résume l’athlète.

Pour le grand public, le kata demeure une discipline moins connue du monde du judo. Zachary Mainville l’explique simplement. « Ce que Thomas et moi on pratique, c’est du judo à la base, un art martial avec beaucoup de belles valeurs. Le kata, c’est comme une chorégraphie qui présente les mouvements fondamentaux du judo, surtout pour le passage de grades vers la ceinture noire. » Les deux athlètes en ont fait leur spécialité depuis deux ans, même s’ils pratiquent le judo depuis plus de la moitié de leur vie.

Leur séjour à Paris restera gravé longtemps. « C’était une expérience mémorable, honnêtement. Combattre contre les plus grandes équipes au monde, rencontrer des gens de l’Italie, de l’Espagne, de la Corée, de l’Iran… On a créé des liens solides. C’était stressant, mais on a réussi à le gérer et ça nous a menés à la troisième place. On est très, très fiers », raconte Zachary Mainville.

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Thomas Warolin garde un souvenir tout aussi fort, mais parle aussi des défis. « Toute notre famille était là, mais on a décidé de ne pas leur parler de la journée parce qu’on voulait rester concentrés. On ne voulait pas décevoir. Et comme c’est peut-être notre dernière compétition de kata, on voulait vraiment marquer le coup. » Les deux amis savent que la suite sera différente : Thomas prévoit étudier à Québec l’an prochain, ce qui compliquera l’entraînement en duo. « Si on en fait encore, ce sera plus pour le plaisir. On va se voir de temps en temps et on va continuer le judo, ça, c’est certain », dit-il.

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Zachary envisage quant à lui un retour vers les combats plus traditionnels. « J’étais un grand combattant avant. Maintenant que Thomas va partir aux études, je pense reprendre un peu plus cette voie-là. Mais on va essayer de se revoir quelques fois dans l’année pour pratiquer et peut-être faire du kata juste pour voyager. Aller en Italie, par exemple, ce serait incroyable. »

Dans un sport où l’encadrement technique est essentiel, atteindre ce niveau à partir d’un club en région relève du défi. « Honnêtement, on a été très autodidactes. On a essayé d’apprendre par nous-mêmes. Heureusement, on a eu beaucoup d’aide de juges de kata au Québec et au Canada qui nous ont pris sous leurs ailes », raconte M. Mainville. Son partenaire renchérit : « Nos deux papas ont beaucoup appris avec nous. Dans notre club, il n’y a pas beaucoup de hauts gradés en kata. Donc chaque détail qu’un expert nous donnait, on le prenait. Les gens ont apprécié ça et ils ont continué de nous aider. »

L’avenir n’est pas encore tracé, mais une chose est certaine, l’envie de redonner est bien présente. « On voulait déjà donner des cours pour financer notre compétition, mais on a manqué de temps. Là, on va aider les autres de notre club à passer leurs ceintures. Peut-être qu’un jour, Judo Québec nous fera confiance pour donner un stage. Ça nous ferait vraiment plaisir », conclut Thomas Warolin.

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