Face à la popularité croissante de ce produit illégal chez les adolescents, les membres du comité expriment une vive inquiétude quant aux répercussions sur le développement du cerveau, la santé mentale et les comportements des jeunes du territoire.
Pour Kathleen Baldwin, coordonnatrice par intérim de Priorité jeunesse, il était devenu urgent de parler de ce sujet. « Dans le monde de la prévention et de la sensibilisation à la toxicomanie, le fait de ne pas parler d’un sujet, ça le rend plus attrayant. Donc, plus on va en parler de la Wax Pen, plus ça va être connu et plus les jeunes vont savoir qu’autour d’eux, les gens sont conscients de ce qui se passe. Ce qui est préoccupant au sujet de la Wax Pen (cannabis par vapotage), c’est que ce produit est consommé avec une vapoteuse. Quand on regarde un groupe d’adolescents qui vapotent, on peut difficilement savoir ce qu’ils consomment. »
Un produit dangereux
Si l’apparence d’une Wax Pen est difficile à distinguer d’une vapoteuse normale, sa composition chimique ne laisse planer aucun doute. « La Wax Pen, c’est un dispositif en tout point similaire à celui d’une cigarette électronique, qui contient un concentré liquide de cannabis destiné à être consommé par vapotage. Contrairement aux produits vendus légalement à la Société québécoise du cannabis (SQDC) dont la teneur maximale en THC est de 30 % et qui sont soumis à des analyses réglementaires obligatoires, les Wax Pen obtenues de manière illicite ne font l’objet d’aucun contrôle de qualité. Il est prétendu que ces dispositifs peuvent contenir jusqu’à 99 % de THC. Certaines études locales effectuées sur du cannabis illicite signalent même que des pesticides et d’autres contaminants interdits par Santé Canada y ont été décelés », explique la policière Nadia Salvail, coordonnatrice locale en police de proximité pour le centre de service de Rouyn-Noranda.
Des conséquences graves
Au-delà des amendes, des sanctions et des peines d’emprisonnement liées à la possession, à la distribution et à la consommation de la Wax Pen, les risques pour la santé sont nombreux. Dans un document fourni par la Sûreté du Québec, on énumère les effets secondaires suivants : des nausées, des étourdissements, des vomissements, des malaises, de l’anxiété, un état dépressif et même des épisodes de psychose, entre autres. La très forte concentration de THC peut accentuer les effets nocifs sur le consommateur, augmenter le risque de développer une dépendance ou de vivre un trouble de santé mentale.
Agir en amont
« Notre premier axe d’intervention, c’est vraiment la prévention et la sensibilisation. On essaie d’agir en amont avant que les jeunes se mettent à consommer. On est là pour les informer, les prévenir des dangers de la consommation et faire en sorte qu’ils ne prennent pas ce chemin-là. On a mené une vaste consultation auprès des milieux jeunesse et on s’est rendu compte que même s’il y avait un certain nombre de jeunes qui en consommaient, ils n’étaient vraiment pas informés par rapport à ce que pouvaient contenir les Wax Pen et plusieurs ne savaient pas que ce produit contenait du cannabis. Plusieurs milieux à Rouyn-Noranda ont remarqué l’augmentation de la consommation de la Wax Pen chez les jeunes et c’est de là, entre autres, qu’est venu le besoin de créer des outils pour informer et outiller les jeunes », explique Charles Allen Bédard, chef d’équipe dans les Maisons des jeunes de Rouyn-Noranda.
Deux vidéos diffusées partout au Québec
La capsule pour les adolescents sera diffusée dans les écoles dès la troisième secondaire et sur les réseaux sociaux. La capsule pour les parents sera diffusée également sur les réseaux sociaux, à la télé et sur le tableau géant lors des matchs des Huskies. Approuvées par la Sûreté du Québec pour la qualité de leur contenu, les deux vidéos seront également diffusées dans d’autres écoles de la province. Le projet a été rendu possible grâce au soutien financier du Fonds québécois d’initiatives sociales (FQIS) et de la Direction de la Santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue.