— PUBLICITÉ—

Notre-Dame-du-Nord se mobilise pour retrouver la sécurité

2 décembre 2025

par : Karen Lachapelle

Un climat d’insécurité s’est installé ces derniers mois à Notre-Dame-du-Nord. Vols, entrées par effraction et vandalisme se sont multipliés, alimentant l’inquiétude de la population. Devant la vague de méfaits, la municipalité a lancé une pétition réclamant l’intervention du ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, afin de mettre en place un plan d’action concerté avec les acteurs du milieu. L’objectif : obtenir des solutions durables et coordonnées pour rétablir la sécurité dans le village.

Selon le maire Michel Vaillant, la situation exige un changement d’approche. « Notre communauté vit une situation préoccupante. Le sentiment d’insécurité est bien réel. Il est temps d’agir ensemble, de manière concertée et structurée. » La pétition, adressée au ministre, réclame la mise en place urgente d’un plan d’action impliquant les ministères, la Sûreté du Québec, la Police provinciale de l’Ontario, la police de Timiskaming First Nation, ainsi que les instances municipales, autochtones et communautaires. La tenue d’un forum régional sur la sécurité, à Notre-Dame-du-Nord, fait également partie des demandes.

Les autorités ont déjà pris des mesures pour freiner l’escalade des méfaits. « Il y a eu un renforcement des patrouilles policières dans le village, particulièrement la nuit et les fins de semaine. On nous promet que cette augmentation va se poursuivre », indique le maire. Les effectifs seraient désormais redistribués de façon à offrir une meilleure couverture du territoire. La municipalité a également mis un local à la disposition de la Sûreté du Québec pour permettre l’implantation d’un poste temporaire, où les citoyens pourront aussi déposer des plaintes.

En parallèle, une firme de sécurité privée a été mandatée pour effectuer une présence préventive dans les rues pendant la nuit. « Leur rôle n’était pas d’intervenir, mais de recueillir des informations et surtout de dissuader les malfaiteurs », rappelle Michel Vaillant. Si la prévention est au cœur de la stratégie, la communication avec la population est aussi jugée essentielle. Le programme « Bon voisin, bon œil » sera présenté le 2 décembre par la Sûreté du Québec afin de sensibiliser les résidents aux moyens de protéger leurs biens, notamment par le burinage, la sécurisation des portes et la réduction des objets de valeur visibles.

Une ligne directe de communication avec la Sûreté du Québec est également en développement pour faciliter le signalement de méfaits et le transfert d’informations utiles lors des enquêtes. Le maire insiste toutefois sur la responsabilité collective. « Juste la Sûreté du Québec à elle-même ou le conseil municipal ne peuvent rien et ne pourront arriver à une solution durable sans le soutien et la participation des citoyens », insiste-t-il, tout en rappelant que l’ensemble des partenaires, dont la Première Nation de Timiskaming, est mobilisé au quotidien.

À long terme, un forum régional sur la sécurité publique est en préparation pour l’hiver. L’événement réunira la Sûreté du Québec, la police de la Première Nation de Timiskaming, la Police provinciale de l’Ontario, les élus municipaux, des représentants de la santé et des services sociaux ainsi que des organismes communautaires. L’objectif sera de consolider une approche coordonnée et de trouver les meilleures façons de gérer durablement la situation à Notre-Dame-du-Nord.

Malgré l’inquiétude, le maire tient à rassurer la population. « La situation est prise très au sérieux et elle est sous contrôle. Le conseil municipal travaille tous les jours avec la Sûreté du Québec, avec le Conseil de bande de la Première Nation de Timiskaming, et avec les autorités en santé et services sociaux pour traiter les problèmes d’itinérance et de dépendance. Nous ne diminuerons pas nos efforts », affirme-t-il.

Pour plusieurs élus, la réalité de Notre-Dame-du-Nord dépasse les frontières du village. « Il serait faux de dire que ce qui se passe ici est propre à Notre-Dame-du-Nord. On voit de plus en plus une hausse de la criminalité et des méfaits partout au pays, autant en milieu urbain qu’en milieu rural. Dans ce contexte-là, je pense que c’est important d’être particulièrement vigilant », note Michel Vaillant.

L’évolution du dossier au cours des prochaines semaines sera déterminante. À Notre-Dame-du-Nord, la mobilisation citoyenne, la collaboration des forces policières des deux provinces et l’engagement des partenaires autochtones et communautaires pourraient devenir un modèle de gestion régionale de la sécurité publique, dans une zone frontalière qui exige, plus que jamais, des solutions adaptées, humaines et durables.

Articles suggérés