Dans la foulée des inquiétudes grandissantes liées aux vols, introductions par effraction et actes de vandalisme à Notre-Dame-du-Nord, une après-midi d’échange et de prévention s’est tenue le 2 décembre au bureau municipal. L’activité, organisée en collaboration avec la Sûreté du Québec et la Police de Timiskaming First Nation, s’inscrivait dans la continuité des mesures récemment mises en place pour rétablir un climat de sécurité dans la communauté. Cette fois, l’objectif était clair : offrir aux citoyens des outils concrets, simples et immédiatement applicables pour protéger leurs biens, reconnaître les comportements suspects et contribuer activement aux enquêtes policières.
Sur place, des élus de Notre-Dame-du-Nord et de Timiskaming First Nation, des policiers des deux corps ainsi que le préfet de la MRC de Témiscamingue ont accueilli les résidents. Les policiers de la SQ interceptaient également les automobilistes circulant sur la route 101 pour les inviter à s’informer sur les bonnes pratiques de prévention. À l’intérieur, les citoyens pouvaient rencontrer les policiers, déposer une plainte ou transmettre une information de manière confidentielle grâce à un bureau aménagé pour l’occasion. Un service de burinage était aussi offert : un burin permettant de graver son numéro de permis sur des outils ou objets coûteux, un geste simple qui augmente grandement les chances de récupérer un bien volé.
Pour Nancy Fournier, porte-parole de la Sûreté du Québec, cet événement s’inscrit directement dans l’approche collaborative mise de l’avant par la municipalité : « Ce qui est important, c’est la prévention, mais aussi la collaboration des citoyens.
Chaque information compte. Même si quelqu’un pense que ce n’est pas important, il faut nous l’appeler quand même. Nous, on jugera si elle est pertinente ou non. » Mme Fournier rappelle que plusieurs enquêtes avancent justement grâce à de petits détails signalés par des voisins ou par des gens qui n’étaient pas certains de l’importance de leur observation. « Un simple vol, une anomalie, un comportement étrange… tout peut ouvrir des pistes. Et plus vite nous recevons l’information, plus vite nous pouvons arrêter les suspects. »
Dans le même esprit, le programme Bon voisin, bon œil – présenté lors de l’activité – encourage les citoyens à observer leur environnement immédiat et à ne pas hésiter à signaler une situation inhabituelle. « Les gens disent souvent : “Je ne me mêlerai pas des affaires des autres”, mais si tout le monde fait ça, il n’y a aucune information qui circule. Les voleurs continuent. Et un jour, ce sont ces mêmes personnes qui en seront victimes. On est tous concernés », explique madame Fournier. La SQ a notamment partagé une fiche d’observation que les citoyens peuvent utiliser pour prendre en note la date, l’heure, le lieu, la description d’un individu, la plaque d’un véhicule ou tout détail qui pourrait aider les policiers à faire des liens.
L’accent a également été mis sur les ressources anonymes déjà disponibles, mais souvent méconnues. Le programme Échec au crime, fondé en 1996, permet aux citoyens de dénoncer anonymement un crime ou une activité suspecte via le site echecsaucrime.com ou en appelant au 1 800 711-1800. Aucun appel n’est retracé et un numéro d’identification non associé à l’identité du citoyen est attribué.
Pour les renseignements liés au crime organisé ou aux activités suspectes observées au quotidien, la centrale d’information criminelle de la SQ demeure accessible 24 h sur 24 au 1 800 659-4264. Pour les situations non urgentes, les citoyens peuvent joindre directement la SQ au 310-4141 ou *4141 sur cellulaire. En cas de danger ou de doute sur la présence d’un suspect, le 911 reste la ligne à privilégier.
Les conseils de prévention ont occupé une grande place dans les échanges. Les policiers ont rappelé l’importance de verrouiller les portes, d’entreposer ses objets de valeur loin des regards, de stationner dans un endroit éclairé et d’inspecter son véhicule régulièrement. Ils ont également sensibilisé les résidents aux nouveaux outils utilisés par les criminels, notamment les dispositifs de traçage parfois installés furtivement sur des véhicules. Pour les vols dans les remises ou garages, l’identification des objets sur le marché est un enjeu majeur : « Aujourd’hui, les outils coûtent cher. Graver son numéro de permis dessus, ça peut vraiment faire la différence », souligne Nancy Fournier. À plusieurs reprises, des biens volés ont été retrouvés lors de perquisitions, mais faute d’identification, il a été impossible de les retourner à leur propriétaire.
Cette activité arrive dans un contexte où la municipalité, ses partenaires autochtones et les divers corps policiers multiplient les initiatives pour rassurer la population. La hausse des méfaits, notée depuis plusieurs mois, a mené à un renforcement des patrouilles, à la création d’un poste temporaire de la SQ et à la mise en place d’une présence accrue de sécurité la nuit. Le message reste toutefois le même : la sécurité est un travail collectif. Les policiers peuvent enquêter, les élus peuvent mobiliser les ressources, mais sans les citoyens, les enquêtes n’avancent pas aussi rapidement qu’elles le pourraient.
À Notre-Dame-du-Nord, la mobilisation semble prendre forme. Les citoyens repartent de cette rencontre avec des outils concrets, des numéros utiles, des gestes simples à poser et une meilleure compréhension de leur rôle dans la prévention des crimes. Et si le climat d’inquiétude demeure, cette démarche montre que la communauté, les élus et les services policiers avancent dans la même direction : redonner aux résidents un sentiment de sécurité durable, un pas et un signalement à la fois.