« En tant que ministre responsable de l’Abitibi-Témiscamingue, je me suis engagé à venir régulièrement. La dernière fois, je n’avais pas eu le temps de descendre jusqu’au Témiscamingue. Cette fois-ci, j’ai pu voir les maires, les préfets, rencontrer Glencore et visiter RYAM », a-t-il expliqué, parlant d’une journée « productive » marquée par des échanges directs avec les élus du territoire.
Interrogé sur les discussions entourant l’immigration, le premier ministre a rappelé que Québec réclame depuis des mois un changement d’approche d’Ottawa afin de répondre aux besoins criants de main-d’œuvre dans les régions. « La position du Québec est très claire. Nous, on est d’accord pour garder tous les immigrants temporaires qui sont à l’extérieur de Montréal et Laval. On souhaite même qu’ils deviennent résidents permanents et on les priorise parmi les 45 000 admis chaque année », a-t-il insisté. Il se dit toujours optimiste de convaincre le gouvernement fédéral d’adopter cette logique, notant que les enjeux linguistiques qui préoccupent Montréal n’ont rien à voir avec la réalité des régions.

Son passage à Rouyn-Noranda a aussi été l’occasion de confirmer la construction d’un immeuble de 32 logements sociaux destinés principalement aux aînés de la zone tampon. Le projet de 11,5 M$, appuyé par la SHQ, doit commencer au printemps. Le premier ministre affirme vouloir aller plus loin pour soutenir le développement résidentiel. « Je devrais revenir bientôt pour annoncer d’autres projets. Et j’ai proposé aux maires et préfets de développer un nouveau programme comme celui mis en place dans le Nord-du-Québec, où le gouvernement finance la construction de logements ensuite loués et gérés par les municipalités ou les MRC. On regarde ça sérieusement. »
Du côté de Glencore, M. Legault se montre ouvert à la proposition de la compagnie, qui souhaite obtenir dix-huit mois supplémentaires pour compléter l’investissement de 300 M$ visant à réduire les émissions. « Si le conseil municipal de Rouyn-Noranda accepte, le gouvernement va accepter aussi. »
De passage au Témiscamingue en fin de journée, il a d’abord effectué une visite de RYAM à Témiscaming. Au-delà du cas de RYAM, le premier ministre reconnaît que plusieurs entreprises sont fragilisées par les tarifs américains. « Les compagnies qui exportent 50, 60 ou 70 % de leur bois d’œuvre vers les États-Unis font face à un tarif de 45 %. C’est comme si leur prix était réduit presque de moitié », a-t-il illustré. Le gouvernement du Québec dit avoir pris plusieurs mesures pour soutenir l’industrie, notamment en réduisant certaines cotisations, en offrant des programmes de liquidités, de diversification et de productivité, et en étudiant la possibilité d’abaisser le coût de la fibre. Quant à RYAM, il assure que des analyses conjointes sont en cours pour maintenir la production à long terme et appuyer la modernisation de l’usine.

Il a terminé sa tournée en rencontrant les élus de la MRC de Témiscamingue pour discuter de leurs réalités particulières, notamment en santé. « Une des préoccupations majeures, c’est l’accès aux soins. On a réussi à attirer 88 infirmières dans la région depuis quelques mois, mais il faut en faire plus. On est en négociation avec les médecins pour améliorer les services dans des sous-régions comme le Témiscamingue. » Il a réaffirmé que le corridor de services avec l’Ontario serait rétabli dans les prochains jours, un engagement qu’il qualifie essentiel pour les municipalités situées à proximité de la frontière. Le dossier du complexe sportif Eaux profondes a aussi été mentionné. Québec relancera le programme d’infrastructures sportives début 2026, et le projet pourrait y être déposé.

En quittant la région, le premier ministre a réitéré sa volonté de demeurer proche du terrain. Il souligne vouloir poursuivre les efforts amorcés en santé, en logement, en immigration et en développement économique, rappelant que l’Abitibi-Témiscamingue « regorge d’immenses possibilités » malgré les défis qu’elle traverse.