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Martin Lefebvre dresse ses premiers constats comme préfet

10 décembre 2025

par : Karen Lachapelle

photo : Martin Lefebvre

Un mois après son entrée en fonction comme préfet, Martin Lefebvre observe le Témiscamingue avec le regard de celui qui connaît déjà bien le territoire, mais qui en découvre maintenant l’ampleur sous un autre angle. L’ancien maire de Ville-Marie savait qu’en posant son nom pour la préfecture, il entrait dans un rôle chargé de responsabilités et de défis, mais il s’y plonge avec lucidité et motivation. « Les constats, c’est qu’il y a du travail à faire, mais ce n’est pas une surprise pour moi. Le fait d’avoir été maire m’a permis d’être au courant de plusieurs dossiers, même si la préfecture ouvre la porte à une vision plus large du territoire. »

Depuis trois semaines, il assiste à la complexité des enjeux qui touchent le Témiscamingue et l’ensemble des régions moins densément peuplées. Il revenait d’une série de rencontres à Québec, un séjour marqué par des échanges avec différents ministres et des discussions franches sur les dossiers nationaux qui frappent de plein fouet les réalités régionales. L’immigration, notamment, s’est imposée comme un thème central. « C’est une catastrophe pour plusieurs régions avec les annonces récentes. On a engagé, dans les dernières années, des gens en santé, en CPE, en entreprise. Le resserrement actuel inquiète, et avec raison. L’immigration relève du fédéral, mais les provinces doivent composer avec ces règles-là. On est allé passer des messages importants à Québec. »

Le logement, tout aussi crucial, revient dans chaque rencontre nationale. Le préfet insiste sur l’importance d’obtenir des programmes réellement adaptés aux réalités éloignées. « On a besoin de logements, mais surtout de programmes adaptés. Souvent, c’est du mur-à-mur. Pourtant, des régions comme la nôtre ou la Côte-Nord ont des défis qui ne ressemblent pas aux grandes villes. » À cela s’ajoutent les consultations sur les aires protégées. Alors que Québec vise 30 % du territoire d’ici 2030, le Témiscamingue en compte déjà 13 %. « Il faut analyser ça de la bonne façon. Oui, il faut protéger, mais il faut aussi tenir compte d’une économie forestière déjà fragilisée. »

Concernant ses priorités pour les prochaines années, il revient d’abord au logement, un enjeu qui le préoccupe depuis longtemps. « Le coût de construction est élevé et on doit être capables d’offrir du logement abordable. C’est fondamental pour attirer, retenir et assurer la vitalité de nos communautés. » L’industrie forestière demeure également au cœur de ses préoccupations. Alors que le secteur traverse une période difficile, le préfet évoque la nécessité d’explorer des avenues nouvelles. « Il faut regarder si on peut développer des produits avec des essences moins utilisées ou pour lesquelles le marché est faible. Est-ce qu’on peut créer des niches? C’est à explorer avec les entreprises du milieu. »

La vitalité des municipalités se retrouve au centre de sa réflexion. Les fermetures de commerces, observées dans plusieurs localités, inquiètent. « Quand les emplois se font rares, les restaurants, dépanneurs et épiceries en souffrent. Comment être capables de soutenir une vie de proximité? C’est une question essentielle pour l’avenir du territoire. » Il évoque également des projets structurants, dont le complexe aquatique, attendu depuis longtemps. « On est entourés de lacs. Il faut que nos enfants apprennent à nager. Il faut que les familles et les aînés aient accès à un service comme celui-là. Le programme du PAP pourrait être une opportunité. »

Sur le plan économique, le projet hydroélectrique Onimiki garde toute son importance. Les études environnementales sont attendues pour le printemps 2026. « On a besoin de projets économiques qui amènent de l’argent neuf chez nous. Il faut soutenir les municipalités et maintenir une autonomie locale, tout en encourageant les regroupements de services quand c’est pertinent. »

Avec sept nouveaux maires et mairesses, le préfet perçoit un vent de renouveau au sein du conseil des maires. « Se présenter comme élu, c’est choisir de faire partie du changement. On a besoin d’implication citoyenne. On aurait mille raisons de rester chez nous, mais ces gens-là ont décidé de s’impliquer pour leur communauté. »

Martin Lefebvre sait que les mois à venir seront chargés, mais sa conviction est intacte. « Le Témiscamingue est un beau milieu de vie. C’est le choix que j’ai fait il y a 35 ans et c’est pour ça que j’ai mis mon nom pour poursuivre avec les élus actuels. On veut travailler ensemble pour un milieu de vie intéressant. »

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