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Eau non potable : La résilience des résidents de Belleterre

27 janvier 2026

par : Dominique Roy| Journalisme de l'initiative de journalisme local

photo : Photo gracieuseté : Christine Savard

À Belleterre, l’eau potable est un dossier qui traverse les générations, un enjeu qui assombrit le quotidien des résidents depuis plus de 35 ans.

La mairesse, Christine Savard, revient sur l’historique du problème, les démarches entreprises au fil du temps et les étapes qui restent à franchir pour que la Ville puisse enfin tourner la page sur cette situation.

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Une eau impropre à la consommation

L’eau de Belleterre est officiellement non potable depuis plus de trois décennies. Le principal problème réside dans la forte concentration de fer et de manganèse, deux éléments qui altèrent la couleur et le goût de l’eau. Mme Savare explique qu’il faudrait augmenter considérablement la quantité de chlore pour la rendre claire et conforme aux normes. Or, cette solution entraînerait une hausse des trihalométhanes, des sous-produits de chloration potentiellement nocifs pour la santé lorsqu’ils sont présents en trop grande quantité.

Depuis plus de 15 ans, la Ville maintient un avis d’ébullition préventif. Techniquement, l’eau peut être consommée sans danger après avoir été bouillie une minute, mais plusieurs citoyens préfèrent s’approvisionner autrement. Certains achètent de l’eau embouteillée, tandis que d’autres s’approvisionnent aux sources naturelles, notamment à Latulipe ou sur le chemin du Trout Lake. Cette routine, bien qu’exigeante, fait désormais partie du quotidien de la population de Belleterre.

Des démarches entamées il y a plus de 35 ans

En 1990, les élus municipaux ont entrepris les premières démarches pour construire une nouvelle usine de traitement de l’eau. En 1992, toutes les conduites principales appartenant à la municipalité ont été remplacées, une étape importante, mais insuffisante pour régler le problème à la source. « Beaucoup de revirements sont survenus en cours de route dans ce dossier, provoquant des délais très longs, par exemple, les exigences environnementales plus sévères (bien que s’expliquant), les changements de gouvernement, les disponibilités des aides financières, etc. », mentionne la mairesse.

Aujourd’hui, la voie à suivre est bien définie. Pour répondre aux normes actuelles, Belleterre doit construire une nouvelle usine de traitement de l’eau potable intégrant environ quatre types de procédés, dont des traitements membranaires et des systèmes UV. Le chlore demeurerait présent, mais à plus faible concentration.

Le coût du projet est évalué à environ 7 M$, un montant considérable pour une petite municipalité. Quant aux démarches à entreprendre, la liste est encore longue : obtenir l’autorisation du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), une aide financière du programme PRIMEAU, les terrains nécessaires auprès du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) ainsi que l’autorisation du ministère de l’Environnement (MELCCFP) pour la prise d’eau dans le cours d’eau. Une fois ces étapes franchies, Belleterre pourrait lancer l’appel d’offres, adopter un règlement d’emprunt et octroyer le contrat pour débuter les travaux. Les élus et les résidents devront faire preuve de patience. Malgré la situation, Christine Savard souligne la résilience des citoyens, habitués à composer avec une eau non potable depuis des décennies.

Chose certaine, depuis son arrivée en poste, la mairesse ne chôme pas. Outre le dossier de l’eau potable, elle veut prioriser les sources de financement de la Ville afin de maintenir et d’offrir l’ensemble des services à la population, le logement abordable, la diversification de l’économie de la municipalité et le maintien des services de proximité.

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