Avec Un temps pour lire et pour sourire, l’auteur Maxime Gravel signe une première publication qui ne ressemble à aucune autre. À mi-chemin entre poésie et comptines, son recueil, publié avec la maison parisienne Les 3 colonnes, se veut un hommage à l’enfance, à la douceur du quotidien et à la magie qui se cache dans les liens familiaux. Mais derrière cette œuvre lumineuse se trouve un parcours d’écriture marqué par la persévérance, la quête de sens et une collaboration artistique qui a transformé le projet en véritable aventure humaine.
Une naissance littéraire nourrie par la famille et la poésie
Pour Maxime Gravel, la poésie s’est imposée dès l’adolescence, comme un élixir. Au fil des ans, l’écriture est devenue un refuge, un espace thérapeutique, puis un terrain de jeu où prose et poésie cohabitent. « Tant que la jalousie ne s’installera pas entre elles, je continuerai de cultiver les deux relations simultanément », dit-il avec humour.
L’idée du recueil est née d’un rituel familial pratiqué il y a de nombreuses années : la lecture à voix haute avec ses enfants. Ces moments de complicité, de rires et de discussions ont façonné son désir de créer une œuvre qui puisse toucher autant les petits que les grands. Car pour lui, l’enfant intérieur ne disparaît jamais vraiment.
Une collaboration artistique née d’un coup de cœur
Si le texte a pris forme dans l’intimité de l’écriture, l’aspect visuel du recueil est, quant à lui, le fruit d’une rencontre déterminante :

celle avec l’artiste Anne-Denise Mejaki. M. Gravel connaissait déjà son talent, tous les deux résidant à Temiskaming Shores, mais c’est en lui demandant une critique de son manuscrit qu’il a découvert la profondeur de sa sensibilité artistique. « En écoutant sa réaction […], je savais que j’avais enfin trouvé une partenaire. »
Pour l’artiste, ce projet a été une évidence. « J’ai ressenti une profonde connexion émotionnelle avec la poésie de Maxime », confie-t-elle. Ses œuvres, créées au fil de vingt ans de pratique, trouvaient naturellement écho dans les textes. Certaines illustrations existaient déjà, d’autres ont été créées spécialement pour le recueil. Elle parle d’un processus fluide, presque instinctif : un poème à la fois, elle plongeait dans le message, puis puisait dans sa vaste bibliothèque numérique ou ajoutait une nouvelle couche artistique.
Certaines correspondances entre poèmes et images l’ont particulièrement émue. Nos grandes mères, par exemple, évoquait pour elle la sagesse du temps, qu’elle avait déjà représentée à travers les cycles des saisons et la croissance des arbres. D’autres œuvres, comme Placotent ou Le bonheur, semblaient attendre ses illustrations depuis toujours.
Un partenariat fondé sur la confiance et la complicité
Entre l’auteur et l’illustratrice, une complicité durable s’est installée. Le poète parle d’un partenariat essentiel, presque symbiotique. « Le travail d’écrivain ne se fait pas dans un vacuum », rappelle-t-il. Pour Mme Mejaki, qui signe les 53 œuvres de ce recueil, ce projet a été un retour à elle-même. Redécouvrir ses œuvres, les revisiter, les transformer parfois, lui a permis de renouer avec sa propre identité artistique. « J’ai le sentiment d’être enfin en phase avec moi-même. »
Un premier pas vers une œuvre plus vaste
Si Un temps pour lire et pour sourire marque une première publication, il ne s’agit que d’un début pour Maxime Gravel. Déjà, un roman jeunesse intitulé Un voisin formidable est en préparation pour l’été, toujours illustré par Anne-Denise Mejaki. D’autres projets sont en gestation, nourris par des boîtes remplies de notes et d’idées.
Malgré les défis — le découragement, l’isolement — l’auteur persiste. Il avance « à tâtons », mais avance toujours, porté par une conviction profonde : la création est un acte de gratitude envers la vie.
Ce recueil invite donc à ralentir, à sourire et à retrouver l’émerveillement. Et si l’on se fie à l’énergie créatrice qui habite les deux partenaires, ce n’est que le début d’un parcours littéraire prometteur pour Maxime Gravel et la continuité naturelle d’une démarche artistique en pleine maturité pour Anne-Denise Mejaki.