Le député bloquiste Sébastien Lemire dénonce une aide fédérale accordée aux abattoirs halal et casher qu’il juge inéquitable, estimant que les régions sont laissées pour compte.
Sébastien Lemire estime qu’Ottawa vise la mauvaise cible en subventionnant les abattoirs pour produire de la viande halal et casher. Il déplore l’absence d’un programme fédéral permettant la construction d’un abattoir de proximité en Abitibi-Témiscamingue, un besoin qu’il dit soulever depuis longtemps. « Ça fait des années qu’on fait la demande pour qu’on puisse avoir un programme afin d’aider à construire un abattoir en Abitibi-Témiscamingue », affirme le député au téléphone.
Dans le dernier budget, le programme auquel il fait allusion prévoit une enveloppe de 40 M$ sur six ans afin de soutenir les abattoirs qui souhaitent produire de la viande halal et casher. Une orientation que Sébastien Lemire juge mal adaptée aux réalités des régions.
Selon lui, un abattoir de proximité pourrait être viable économiquement en Abitibi-Témiscamingue, considérant l’importance du secteur agricole dans l’économie régionale. Il estime que le programme fédéral témoigne d’une déconnexion entre Ottawa et les besoins réels de la région.
Le député soutient que les fonds actuellement disponibles pour la construction ou la modernisation d’abattoirs pourraient servir à un projet régional, sans que celui-ci soit nécessairement destiné à la production halal ou casher. Il rappelle que des démarches sont en cours depuis des années afin de combler ce besoin en Abitibi-Témiscamingue.
Sébastien Lemire se dit également préoccupé par le programme qui incite les entreprises d’abattage à adapter leurs installations afin de répondre à des impératifs religieux. « On est loin de rassurer sur le bien-être animal et sur le contrôle de la qualité du produit que l’on veut consommer », affirme-t-il.
Il reconnaît les efforts des producteurs agricoles pour faire croître de nouveaux produits et adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Toutefois, il déplore qu’ils n’aient toujours pas accès à un abattoir de proximité, une situation qui, selon lui, freine l’expansion du secteur.
Sa dénonciation vise à la fois le principe même du programme casher et halal, ainsi que l’utilisation des fonds publics. Il plaide pour que ces sommes soient redirigées vers des programmes favorisant la création d’abattoirs de proximité.
« C’est une question d’indépendance alimentaire. Je suis convaincu que cela stimulerait l’ensemble des productions animales et serait bénéfique au développement agricole de la région », conclut-il.