Akakodjish Kizis : La Lune de la marmotte

11 février 2026

par : Claudie Hamelin | Journaliste de l’Initiative de journalisme local

photo : Photo gracieuseté

Dès les années 1800, les Premières Nations observaient attentivement les cycles de la lune ainsi que le comportement de la nature et des animaux. Ces observations ont conduit à l’élaboration d’un calendrier lunaire servant à structurer le temps et les saisons, un savoir encore utilisé aujourd’hui.

« Le mois de février est associé à la Lune de la marmotte, en référence au moment où celle-ci sort de son hibernation afin de vérifier si l’hiver persiste ou si elle peut quitter son terrier », explique Janis Rivard, gestionnaire de projets chez Minwashin. Il précise que le nom attribué à la Lune de la marmotte peut varier d’une communauté à l’autre, bien que sa signification demeure la même. Ainsi, février correspond à la Lune de la marmotte pour Long Point First Nation et la Timiskaming First Nation (TFN), tandis qu’à Kebaowek, on parle plutôt de la Lune de l’ours ou de la Lune des neiges.

« Alors que la neige de mi-hiver continue de recouvrir la région, l’Akakodjish Kizis (la Lune de la marmotte) marque un changement subtil, mais puissant, faisant le lien entre le sommeil profond de l’hiver et les premiers signes du printemps », mentionne Dan Lavigne, gestionnaire des ressources internes au Centre de santé et de bien-être de TFN.

Pour la communauté de TFN, cette lune représente le premier souffle de vie qui revient sur la terre. Alors que le monde extérieur reste gelé, la Lune de la marmotte indique que la terre commence à s’éveiller sous le gel. « C’est un moment profondément important pour le rythme intérieur et la patience. Tout comme l’akakodjish (la marmotte) qui reste dans son terrier, nous profitons de ce moment pour demeurer ancrés, en nous concentrant sur la préparation intérieure, la transmission des récits et la planification stratégique. L’Akakodjish Kizis nous rappelle que, même lorsque tout semble immobile en surface, une croissance essentielle s’opère dans l’obscurité », ajoute Dan Lavigne.

Dans les traditions de TFN, la marmotte n’est pas seulement un messager des saisons. Elle est considérée comme la gardienne des secrets de la terre. « Vivant sous terre, l’akakodjish est en contact direct avec les esprits de la terre et les racines des plantes médicinales que nous utilisons pour guérir. L’akakodjish nous enseigne l’ingéniosité, pour créer des espaces sûrs pour les familles ; la connexion, pour écouter les vibrations et les besoins de mère Terre ; et la vigilance, afin de protéger les ressources de la communauté », ajoute M. Lavigne.

Cette année, l’esprit de la Lune de la marmotte revêt une importance particulière pour TFN. « Tout comme l’akakodjish émerge de son abri hivernal, notre équipe Culture et Langue émerge dans notre tout nouveau centre culturel. Nous célébrons cette transition en réunissant notre personnel sous un même toit, ce qui facilite la communication et la planification comme jamais auparavant. Ce déménagement nous permet de mieux préparer les cérémonies et ateliers à venir, en veillant à ce que nos installations soient sûres, que nos traditions soient respectées et que nos cœurs soient prêts pour les mois de printemps chargés à venir. »

M. Lavigne conclut ainsi : « L’Akakodjish Kizis nous rappelle que, même dans le calme de l’hiver, nous nous préparons pour une saison de grande croissance. »

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