S'abonner au journal virtuel

Téléchargez le journal virtuel

Les OBNL franco-ontariens en détresse

11 Septembre 2020par : Moulay Hicham Mouatadid | Journaliste de l'Initiative de journalisme local

photo : Peter Hominuk, Directeur général de l'Assemblée de la francophonie de l'Onatrio (AFO)

Un sondage réalisé par l'Assemblée de la Francophonie de l'Ontario, la Fondation Trillium de l'Ontario et l'Ontario Nonprofit Network, révèle que 20 % des OBNL franco-ontariens risquent de fermer leurs portes. Les OBNL étaient invités à répondre à une série de questions en ligne au cours du moins de juin dernier.

« À l’aide de nos trois derniers sondages, nous dégageons actuellement plusieurs constats. D’abord, les OBNL ont engrangé des pertes financières et humaines importantes lors du confinement. Également, le tiers des OBNL franco-ontariens ont vu leur charge de travail augmenter depuis le début du confinement. Les OBNL doivent ainsi faire plus avec moins. Ensuite, les programmes fédéraux et provinciaux liés à la COVID-19 ont aidé environ le tiers des OBNL ontariens », fait savoir Peter Hominuk, le directeur général de l’Assemblée de la Francophonie de l’Ontario (AFO).

— PUBLICITÉ —

La situation pourrait empirer

Selon les données du sondage, Il y a environ 300 OBNL francophones en Ontario. De ce nombre, près de la moitié confirme que la crise sanitaire a un impact négatif sur ses finances. « Plusieurs OBNL pourraient fermer leurs portes dans les six prochains mois sous les conditions actuelles : un quart d’entre elles croient que leur situation pourrait empirer si le contexte perdure. Le financement est la plus grande préoccupation des OBNL par rapport à la réouverture de notre économie, suivi par le retour dans les bureaux dans le respect des protocoles de santé et sécurité, l’accès à l'équipement de protection et des directives claires du gouvernement », explique monsieur Hominuk. Selon lui, la réponse et la communication gouvernementale avec les OBNL a généralement été perçu positivement.

La collecte de données est cruciale

Les membres de l’AFO ont travaillé d’arrache-pied depuis le début du confinement afin de s’assurer être à la hauteur de ses membres. « Dès les premiers jours, nous constations que nous allions vers l’inconnu et que la collecte de données allait être cruciale afin de bien représenter nos membres auprès du gouvernement. Ainsi, moins d’une semaine après le début du confinement, nous avons publié le premier de trois sondages sur le sujet. Celui-ci nous a indiqué ce que nous pouvions faire pour aider nos membres. »

Des défis à relever

Les défis auxquels fait face la francophonie en l’Ontario sont nombreux, mais certains sont urgents à régler et demandent une intervention rapide des institutions concernées. « Nos organisations font face à des défis immenses au niveau financier et des ressources humaines. Grâce aux données recueillies lors des trois sondages, on constate qu’il y a trois types d’OBNL. Il y a ceux que la crise sanitaire ne change en rien leur santé financière, soit le tiers de nos OBNL, ceux qui subissent des impacts financiers (entrer 40 % et 50 % d’entre eux), mais qui devraient pouvoir se remettre sur pied avec une légère aide financière si le contexte actuel ne perdure pas, et finalement, les OBNL qui risquent grandement de fermer leurs portes à cause de la crise sans un appui financier important, soit environ un sur cinq. »

Manque d’accès à Internet

L’accès universel à un service Internet haute vitesse est également un frein important pour certaines organisations, spécialement dans les régions rurales. « Les organisations du Nord et du Sud-Ouest, entre autres, effectuent moins de télétravail que la moyenne provinciale, ce qui s’explique en grande partie par un manque d’accès à Internet de qualité. La crise a démontré qu’Internet n’est plus un luxe, mais bien un service essentiel pour nos organisations, soulève Peter Hominuk. »

Outre l’aspect financier, la réappropriation des bureaux dans le respect des consignes de santé et sécurité, l’accès à de l’équipement de protection et l’obtention de communications claires de la part des gouvernements sont les enjeux touchant le plus les OBNL par rapport à la relance.