Originaire du Témiscamingue, Anaïs Flebus poursuit un parcours remarquable dans le monde de la sommellerie, qui l’a menée des bancs d’école du Québec jusqu’aux plus prestigieux restaurants internationaux. Récemment en lice pour le titre de Meilleure sommelière du Québec 2026, présenté par la SAQ, la jeune professionnelle de 27 ans continue de tracer sa route avec passion, rigueur et humilité.
Installée aujourd’hui à New York, Mme Flebus travaille comme sommelière au réputé restaurant Per Se, situé à Columbus Circle. « La sommellerie, ça enveloppe pas mal toutes mes journées. Quand je ne travaille pas, j’étudie, je déguste, je pratique les dégustations à l’aveugle avec mon groupe. J’en mange, j’en bois, j’en dors », confie-t-elle avec le sourire.
Un parcours bâti avec constance
Avant d’atteindre ce niveau, Anaïs Flebus a d’abord complété une formation en pâtisserie à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, avant de se tourner vers la sommellerie. Elle a poursuivi avec le programme de formation internationale en service et sommellerie de l’ITHQ. Récipiendaire d’une bourse du réseau Relais & Châteaux, elle a effectué un stage à Paris avant de réaliser son rêve new-yorkais.
« Je voulais aller dans des villes qui sont de vraies plateformes du vin. J’ai obtenu un stage de trois mois à New York, puis après deux semaines, on m’a proposé de rester. Ça fait maintenant deux ans que je suis ici », raconte-t-elle.
Une candidature née d’un déclic
Sa participation au concours de Meilleur sommelier du Québec est née presque sur un coup de tête. « J’hésitais beaucoup. J’ai rencontré une sommelière que j’admire ici à New York. Elle m’a dit qu’il fallait saisir toutes les occasions. Ça résonnait avec ma façon de voir les choses. Alors je me suis inscrite. »
La compétition, tenue à Montréal le 21 février dernier, comprenait plusieurs épreuves exigeantes. Dégustations à l’aveugle, examens théoriques, épreuves de service, identification de spiritueux, tout s’est déroulé en une seule journée.
« On ne sait jamais exactement ce qui nous attend. Il peut y avoir du vin, des spiritueux, du café, du saké, des bières. Il faut être prêt à tout. » Parmi les défis marquants, elle retient notamment l’épreuve de trois minutes pour identifier trois spiritueux à l’aveugle. « Ça passe vraiment vite. »
Une vision accessible du métier
Consciente des préjugés parfois associés à la sommellerie, Anaïs souhaite contribuer à démocratiser la profession. « Il y a encore une image un peu snob. Pourtant, au final, ce sont des jus d’aliments fermentés. C’est fait pour le plaisir et le partage », résume-t-elle simplement.
Elle voit aussi sa participation aux concours comme une façon de faire connaître un métier encore méconnu. « C’est un métier atypique. Si ça peut aider les gens à mieux comprendre ce qu’on fait, tant mieux. »
Grandir, même sans gagner
Si elle n’a pas accédé à la finale, Mme Flebus tire un bilan très positif de l’expérience. « J’ai réalisé à quel point on a des sommeliers extrêmement talentueux au Québec. J’ai aussi compris qu’on peut grandir sans nécessairement gagner. » Elle souligne également l’importance accordée aux produits locaux durant la compétition. « Il y avait des questions sur les fromageries, sur les vins du Québec et du Canada. C’était vraiment intéressant de voir ça mis en valeur. »
Abordant la compétition dans un esprit d’exploration, elle se sentait libérée de la pression. « Je n’avais rien à perdre. J’y allais pour apprendre, pour voir ce que je devais améliorer. »
Déjà tournée vers la suite
Loin de ralentir, elle poursuit déjà ses prochains objectifs. Elle participera notamment à une compétition de jeunes sommeliers à New York en mars, tout en continuant sa préparation au niveau Advanced du Court of Master Sommeliers. « J’ai vraiment envie de refaire des concours. Cette expérience m’a donné le goût d’aller plus loin. »