Le Refuge pour animaux du Témiscamingue a demandé une aide d’environ 300 000 $ à la MRC du Témiscamingue (MRCT) afin de maintenir ses services de contrôle animalier. « La MRCT a décliné notre demande liée à la proposition d’entente déposée en 2024 », explique Richard Mayer, président du conseil d’administration du Refuge. Cette décision, officialisée par la résolution no 01-26-019, met en lumière, selon lui, une situation financière préoccupante pour ces services dans la région.
Selon la résolution adoptée, la MRCT juge que le montant demandé dépasse les budgets habituels. Elle a également mandaté les directions générales des municipalités d’explorer d’autres options, comme des ententes avec des villes voisines en Abitibi ou en Ontario.
« Le contrôle animalier est encadré par la loi au Québec afin de régir la présence des animaux domestiques, d’assurer leur bien-être ainsi que la sécurité du public. Cela inclut notamment l’enregistrement des chiens, les médailles d’identification et la gestion des animaux dangereux. La loi exige qu’un responsable soit désigné pour faire respecter ces règles et percevoir les amendes », précise-t-il.
Il souligne que ces obligations existent ailleurs depuis longtemps, notamment en Ontario depuis 1989, ce qui démontre la nécessité d’une solution durable. « De 2021 à 2024, le Refuge a assuré le contrôle animalier pour la majorité des municipalités du Témiscamingue, incluant les enregistrements, la vente de médailles et le traitement des plaintes », explique M. Mayer.
Le Refuge souligne que la mise en place et le maintien d’un tel service nécessitent des ressources importantes. « Il faut compter de deux à trois contrôleurs animaliers pour couvrir le territoire, ainsi que deux employés à temps plein pour s’occuper des chiens en pension. À cela s’ajoutent des véhicules adaptés, des cages robustes, des équipements de protection, des formations, des outils informatiques, des assurances spécifiques, une ventilation adéquate et une gestion administrative et comptable rigoureuse. L’entretien des installations, notamment les enclos extérieurs, fait également partie des exigences », détaille M. Mayer.
Ces dépenses expliquent, selon lui, le besoin d’un financement annuel structuré de 300 000 $. « Au-delà des plaintes, le contrôle animalier joue un rôle préventif, notamment auprès des chiens à risque en raison de problèmes de santé, d’anxiété, de mauvaise éducation, de traumatismes ou de conditions de vie difficiles. Souvent, le voisinage connaît déjà le problème sans disposer de ressources pour intervenir. Un service actif contribue à protéger à la fois les citoyens et les animaux, tout en responsabilisant la population. Il assure aussi un financement stable et le maintien d’outils comme les médailles d’identification, tout en reflétant la responsabilité collective en matière de sécurité publique, notamment grâce à des enclos adaptés aux chiens à risque », ajoute-t-il.
« Depuis 2024, l’absence d’ententes municipales prive toutefois le Refuge d’un financement stable. Les revenus d’adoption et de dons ne suffisent pas à couvrir les coûts de la nourriture, du chauffage, de l’aération et de l’entretien des enclos. Ils ne peuvent à eux seuls financer un service de contrôle animalier complet et durable. »
« Il est important de souligner que notre mission principale, soit l’accueil et l’adoption des animaux, engendre des coûts moindres que le service de contrôle animalier. Malgré cela, il nous arrive de devoir refuser certains chiens faute de ressources humaines suffisantes », indique le président.
L’organisme remet également en question le modèle actuel de financement basé sur la vente de médailles, qui repose largement sur la bonne foi des citoyens. « Notre premier inventaire partiel estimait à environ 16 % la proportion de ménages possédant un chien, un chiffre certainement sous-évalué. »
Le Refuge propose un nouveau modèle basé sur une contribution par citoyen plutôt que sur la seule vente de médailles. « Cette approche permettrait un financement stable, tout en responsabilisant la population quant à la déclaration d’abus, de violence ou d’événements problématiques impliquant des animaux. Elle reconnaît que la sécurité liée aux animaux est une responsabilité collective et permet de maintenir la médaille comme outil d’identification lors de l’acquisition d’un animal. Pour mettre les choses en perspective : 1,65 $ par personne, par mois, suffirait à financer ce service essentiel pour l’ensemble de la communauté », explique M. Mayer.
« Dans le contexte actuel, le conseil d’administration a décidé de suspendre temporairement le service de contrôle animalier. Le Refuge continuera d’offrir un soutien partiel, notamment pour l’hébergement des animaux lorsque possible, mais souligne le besoin d’investissements, surtout pour les chiens à risque. Le Refuge maintient son partenariat avec Timiskaming First Nation et cherche à transformer ses ententes municipales actuelles en partenariats similaires afin de mieux répartir les ressources. »
Le Refuge lance ainsi un appel à la mobilisation régionale afin d’assurer des solutions durables. Une approche proactive en matière de contrôle animalier bénéficie à l’ensemble de la communauté en assurant la sécurité publique, le bien-être animal et une gestion responsable. L’organisme invite les citoyens, les élus et les partenaires à s’impliquer dans cette réflexion collective pour garantir la pérennité des services animaliers au Témiscamingue.