Du 23 mars au 2 avril, la mobilisation provinciale Le communautaire à boutte!, coordonnée localement par la Corporation de développement communautaire du Témiscamingue (CDCT), réclamait de meilleures conditions de travail, un financement stable, la reconnaissance des organismes et le maintien de leur autonomie.
En Abitibi-Témiscamingue, 65 organismes ont participé au mouvement, dont 27 au Témiscamingue, dénonçant un financement insuffisant malgré la hausse des besoins. Dans la région, les actions se sont principalement déroulées du 30 mars au 1er avril et comprenaient le rassemblement régional du 30 mars à Rouyn, la distribution de dépliants ainsi que des mandats de grève de deux jours visant à démontrer l’impact de l’absence de services et à sensibiliser la population à leur importance.
Le 31 mars dernier, une centaine de personnes se sont rassemblées devant l’hôpital de Ville-Marie pour former une chaîne humaine. Le lendemain, une action similaire a eu lieu à Témiscaming, devant l’organisme Place au Soleil.
« La chaîne humaine représente un geste fort. Nous avons entouré le CISSS-AT pour symboliser un véritable filet de solidarité autour de celles et ceux qui en avaient besoin. Elle montrait que la communauté était présente, solidaire et mobilisée. L’événement a également permis aux organismes communautaires, au préfet de la MRCT et à une citoyenne bénéficiaire de ces services de prendre la parole pour partager concrètement les réalités vécues. L’objectif était de souligner que le communautaire est un pilier essentiel du filet social et que ses acteurs doivent disposer des moyens pour répondre aux besoins réels de la population », a expliqué Annie Larivière, agente de développement à la CDCT.

Mme Larivière a rappelé que, sans les organismes communautaires, les conséquences seraient immédiates. « Il y aurait moins d’aide alimentaire, moins de soutien pour les personnes vulnérables, et moins de services pour les jeunes, les familles, les aînés et les personnes en situation de handicap. »
Chaque année, les organismes du Témiscamingue rejoignent plusieurs milliers de personnes. « Plus de 3 000 femmes accompagnées, plus de 2 000 paniers alimentaires distribués, près de 3 200 participations aux activités pour les jeunes, plus de 3 000 pour les personnes en situation de handicap, près de 1 000 pour les familles, 9 000 déplacements en transport adapté, 11 400 en transport collectif et 64 788 heures de services à domicile pour les aînés », a souligné Mme Larivière.
Malgré ces actions, plusieurs organismes font face à un sous-financement important, entraînant des réductions de services, une diminution des heures d’ouverture et des équipes surchargées. « Ce sont des organismes essentiels… mais sous-financés. L’investissement dans le communautaire permet de prévenir des problèmes sociaux et de santé, de soutenir les personnes vulnérables, de renforcer la solidarité et de réduire la pression sur les services publics. « Un communautaire fort, c’est une communauté plus forte », précise Mme Larivière.
Elle conclut en remerciant les citoyens qui ont soutenu le mouvement en participant aux activités de mobilisation et en relayant les publications sur les réseaux sociaux. Une pétition de plus de 20 000 signatures déposées à l’Assemblée nationale témoigne du soutien populaire. « Le communautaire est essentiel. Lorsqu’il est fragilisé, c’est toute la communauté qui en subit les conséquences.