La municipalité de Moffet s’est illustrée au tout premier Sommet national : Droit à l’alimentation, tenu à Sherbrooke, du 14 au 16 avril, en y présentant son modèle alimentaire innovant et profondément ancré dans sa communauté.
La délégation de Moffet était composée du maire, Alexandre Binette, de Marie-Claude Légaré Coderre, coordonnatrice des initiatives alimentaires, et de Jérôme Robert, jardinier-maraîcher municipal. Caroline Saucier, agente de développement à la CDC et coordonnatrice de la Table d’action pour un Témiscamingue nourricier, accompagnait le groupe.
Sous le thème du droit fondamental à une alimentation suffisante et de qualité, le sommet a rassemblé près de 400 participants provenant de partout au Québec. Moffet s’y est démarquée par l’originalité de son approche : une municipalité directement impliquée dans la production, la transformation et l’accès aux aliments pour ses citoyens.
Le rôle de la délégation
Tout a commencé par un appel surprenant, relate le maire de la municipalité. « Une docteure en droit, spécialisée en droit à l’alimentation, m’a contacté parce qu’elle s’intéressait depuis un moment à ce qu’on fait à Moffet, notamment au fait qu’une municipalité s’implique directement dans l’alimentation de ses citoyens. » C’est lors de cette conversation qu’Alexandre Binette a été invité à participer à un panel sur la gouvernance alimentaire, animé par nul autre que Christian Bégin, et ce, dans le cadre de ce tout premier sommet. Rapidement, il est devenu évident que la présence de toute l’équipe alimentaire de Moffet était essentielle.
Sur scène comme en atelier, la délégation a su capter l’attention. Tandis que le maire, Alexandre Binette, participait au panel, Marie-Claude Légaré Coderre et Jérôme Robert ont coanimé un atelier portant sur la réalité et les défis de l’alimentation en région éloignée, en collaboration avec les maraîchères de la Coop Gaïa.

Un modèle qui capte l’attention
Le modèle de Moffet n’a pas manqué de surprendre. Avec ses 42 jardiniers volontaires pour une population de 211 personnes, la municipalité affiche un niveau d’engagement citoyen qui a frappé l’imaginaire. Transposé à l’échelle de Sherbrooke, ville où avait lieu le rassemblement, ce serait l’équivalent de plus de 34 000 personnes impliquées. Voilà des chiffres présentés par le maire qui ont déclenché une vive réaction dans la salle et qui ont valu de nombreux applaudissements.
Au-delà des chiffres, c’est la philosophie du projet qui a suscité l’intérêt. À Moffet, l’alimentation n’est pas qu’une question de production : elle est un outil de cohésion sociale, de lutte contre la dévitalisation et de renforcement du tissu communautaire. Marché public multifonctionnel, cuisine de transformation, serre, jardin collectif, salle de conditionnement de légumes, paniers solidaires pour les aînés, ateliers de transformation collective et partenariats scolaires font partie des initiatives qui composent ce système alimentaire local… le tout avec cohérence et en constante évolution.
La délégation revient de Sherbrooke avec bien plus qu’une visibilité accrue. « On repart avec une liste de contacts impressionnante, qui va nous permettre d’aller encore plus loin », souligne Alexandre Binette. Des groupes ont d’ailleurs manifesté leur intérêt à visiter Moffet afin de mieux comprendre ce modèle unique.
En participant à ce sommet national, Moffet n’a pas seulement fait rayonner son village, mais aussi tout le Témiscamingue. « D’ailleurs, on a dû situer la région sur la carte pour une bonne partie des quelque 400 participants présents. » La délégation de Moffet a pu démonter qu’en matière de droit à l’alimentation, même les plus petites communautés de régions éloignées peuvent devenir de grande source d’inspiration.