C’est au printemps 1973 que La Rigolade du Printemps aurait officiellement vu le jour. Les plus anciens se souviendront, entre autres, des spectacles de chants, des soirées dansantes à la salle municipale, du tournoi de fer, des kiosques de jeux d’adresse, de la parade avec chars allégoriques, majorettes et duchesses, du couronnement de la reine, de l’événement réparti sur deux fins de semaine, du tournoi de balle, etc.
En parlant du tournoi de balle…
À l’époque, on pouvait suivre en même temps le tournoi de balle et les courses de stockcar. Un jour, une spectatrice appuyée sur la clôture a été renversée par un joueur tentant d’attraper un coup de circuit. Sa perruque s’est envolée sous l’impact, scène dont Josée Paquin garde un souvenir aussi spectaculaire qu’embarrassant. Elle se rappelle aussi son conjoint, Serge Côté, qui jouait pour les Schtroumpfs de Guigues. L’équipe, à court de joueurs, avait recruté deux spectatrices qui se sont révélées étonnamment talentueuses.
Et les fameuses courses de stock-car…
Cette activité phare du festival aurait vu le jour en 1964, avant même l’existence de la Rigolade. Le comité de la Saint-Jean-Baptiste cherchait un événement original. Raoul Beaulé et un ami proposèrent d’organiser des « courses de chars », inspirées par ce qu’ils avaient vu à New Liskeard. La première piste, plus grande que celle d’aujourd’hui, a été tracée de façon artisanale. « C’est mon frère Fernand, qui travaillait au ministère des Transports, qui a tracé le grand circuit circulaire », se remémore M. Beaulé. D’ailleurs, sa première voiture, décorée par sa femme et ses enfants, portait le numéro 88, un chiffre qu’on distingue sans peine, même quand la voiture finit à l’envers, raconte-il en riant.

Pour Chloé Beaulé-Poitras, les courses ravivent de précieux souvenirs, elle qui, enfant, depuis sa fenêtre, guettait l’arrivée des voitures de démolition, fascinée par leur aspect décoratif. C’est aussi un événement qui lui rappelle son défunt père, Deny Poitras, la voix longtemps associée à la description des courses. Que de bons moments elle a passés à ses côtés dans la tour des animateurs! Son héritage demeure, puisqu’il est l’instigateur de certains incontournables du weekend, comme la célèbre expression « Here they are! », la course de l’animateur, le concept des écuries, certains fossés auxquels il attribuait des noms thématiques, etc. Autre souvenir touchant pour elle, la fois où elle assistait aux courses en compagnie de son jeune frère et des amis de celui-ci. « Ils connaissaient tous les coureurs par cœur : leurs noms, les numéros de voitures, les investissements faits sur les pneus ou les moteurs. Pour moi, c’était comme avoir des co-animateurs privés à mes côtés. J’avais adoré cette expérience. » Enfin, elle adresse un clin d’œil à Poncho (Michel) Clément, passionné de stockcar, auquel on a souhaité rendre hommage après son tragique décès en donnant son nom aux prix remis aux coureurs.

Audrey McFadden partage un souvenir qui remonte à plus de 15 ans. Elle était inscrite dans la catégorie féminine, mais aussi chez les hommes 6 cylindres alors qu’elle coursait contre son copain de l’époque. La compétition était serrée et elle attirait l’attention des commentateurs qui avaient peine à croire qu’une femme était au volant. Ils l’avaient surnommée « Monsieur X ». Et, à son grand bonheur, elle a franchi la ligne d’arrivée avant son copain, un grand sentiment de fierté l’accompagnant.
Pour Sébastien Fortier, les anecdotes sont nombreuses, lui qui a été au cœur de l’action pendant de nombreuses années, comme animateur, mais aussi comme membre du comité organisateur, dont environ 15 ans à titre de président. Il parle de l’époque de la Démol 2, de l’ampleur de la tâche associée à la préparation de deux événements d’envergure en si peu de temps. Après cinq années, ce fut la fin de la Démol 2, suscitant de vives réactions chez les coureurs automobiles assoiffés d’adrénaline. « C’est à partir de ce moment-là qu’un nouveau comité s’est formé, ce qui a mené à la création de la Démol de Béarn. C’est un beau souvenir pour moi, parce que la Démol 2 a finalement donné naissance à un autre événement dans la région du Témiscamingue. » Il raconte aussi le « flop » des courses de pick-up! Ce fut l’essai d’une année. Avec seulement cinq participants, le spectacle ne fut pas assez intéressant pour répéter l’expérience.
Sans oublier les shows sous le chapiteau
Un jour, les soirées dansantes au Pavillon ont laissé place aux artistes de renom sous le chapiteau. Sébastien Fortier se rappelle celui de Marie-Chantal Toupin dont les billets en prévente se sont envolés à la vitesse de l’éclair. Il raconte celui de Robert Charlebois qui avait commencé le samedi soir en chantant Demain l’hiver, je m’en fous. « Chose incroyable, le dimanche matin, il y avait de la neige sur le terrain! Les courses ont dû être annulées cette année-là. C’était tout un hasard. » Et il y a cette anecdote avec le gérant de Plume Latraverse qui conseillait de prévoir 20 % plus de bière, puisque l’artiste québécois attirait un public très festif. « Et effectivement, il avait raison. La consommation de bière avait explosé ce soir-là. Le dimanche matin, j’ai dû faire le tour des dépanneurs et des épiceries du Témiscamingue pour me réapprovisionner, parce qu’on avait tout vendu la veille. Ça a été un record de ventes! »

Les souvenirs et les anecdotes affluent, puisque l’événement – premier festival de la saison au Témiscamingue – vivait, en fin de semaine, sa 51e édition. Encore là, les indispensables bénévoles et commanditaires étaient au rendez-vous. Quant à Dame Nature, elle a répondu présente, comme si le chapelet accroché avait porté ses fruits. La soirée du samedi a pris un virage résolument rock avec Rokkem. Et, fidèle au slogan Dans l’doute… l’gaz au boute, la journée de dimanche a couronné ceux qui ont su garder le pied au plancher : Éloïse Fleury (Miss Poncho – 4-6 cylindres), Marie-Pier Roy (Miss Poncho – 8 cylindres), Yohan St-Onge (Micro Poncho – 4 cylindres), Ludovic Barrette (Mini Poncho – 6 cylindres), Martin Rioux (Poncho - 8 cylindres carburateur), Anouk Reichenbach (Poncho – 8 cylindres injection), Kim Lessard Gaudet (Master Poncho – 8 cylindres modifiés).