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Des recherches qui rayonnent au-delà de la région

23 mai 2026

par : Joanie Duval | Journaliste de l’Initiative de journalisme local

photo : Photo gracieuseté & mathieudupuis_UQAT_NDN_AT-007

L’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) a fondé en septembre dernier l’Institut de recherche en agriculture et agroalimentaire (IRAA). L’IRAA englobe l’Unité de recherche et de développement en agroalimentaire en Abitibi-Témiscamingue, fondée en 1997. Comment s’inscrit la création de ce nouvel institut de l’UQAT sur le territoire témiscabitibien, voire même au-delà?

La création

L’IRAA est né du besoin de se doter « d’une structure administrative, dont le mandat est d’offrir des programmes de cycles supérieurs et coordonner la recherche en agriculture et agroalimentaire » créant ainsi une autonomie dans la gestion des activités de recherche et d’enseignement.

« On avait une équipe de profs avant, mais on n’avait pas cette structure-là. On faisait partie d’une autre structure administrative et là, ce qu’on est venu faire, c’est quitter le nid, si je peux dire, et on est allé créer un autre pilier en tant qu’institut de recherche à l’UQAT, avec les deux autres existants : l’Institut de recherche sur les forêts et celui en mines et environnement, qui existent depuis plus ou moins 15 ans », relate Vincent Poirier, directeur de l’IRAA et professeur en sciences du sol.

Des maillages importants existent entre les différents instituts de recherche, notamment celui sur les forêts, avec lequel l’IRAA codirige des étudiants pour des travaux en agroforesterie sur des sites expérimentaux où ils étudient les pratiques agricoles dans des systèmes où on intègre les arbres.

Au-delà de l’Abitibi-Témiscamingue

« J’aime bien dire que la science n’a pas de frontière. Les travaux qu’on fait traitent de problématiques locales, régionales, provinciales, internationales aussi. Donc, on travaille directement avec les entreprises agricoles de la région, on mène des projets sur le territoire, on essaie de répondre à des questions pratiques qui ont un impact sur la réalité des entreprises d’ici. À travers ces travaux-là, on traite des problématiques qui sont beaucoup plus grandes que la question régionale. Par exemple, les enjeux autour des changements climatiques », explique le directeur.

La création de l’Institut a permis de déployer une programmation scientifique qui couvre le plus d’angles possible, tant au niveau des MRC de la région qu’aux niveaux des objectifs de développement durable des Nations unies.

@mathieudupuis_UQAT_NDN_AT-007

La recherche

Il y a huit axes de recherches à l’IRAA : production végétale écoresponsable, production animale écoresponsable, santé et conservation des sols, biodiversité des agroécosystèmes, perspective autochtone en agriculture et agroalimentaire, gestion et qualité de l’eau en milieu agricole, agroéconomie écologique et l’impact des changements climatiques sur l’agriculture ainsi que les mesures d’atténuation et d’adaptation possibles. Ces axes sont tous interreliés et les applications sont nombreuses sur le terrain.

« Par exemple, au niveau de la santé et conservation des sols, ça s’applique très bien dans le contexte des productions végétale et animale écoresponsables. Toutes les pratiques sur la santé des sols, ça va avoir un lien sur la résilience de l’agroécosystème face aux changements climatiques et cette résilience va se transposer dans le fonctionnement économique de la ferme. C’est ça notre vision, une vision très holistique de la chose », affirme Vincent Poirier.

Financement et attraction

Les défis sont nombreux en recherche universitaire et l’IRAA n’y échappe pas, notamment au niveau du financement et de l’attraction.

« La majorité des étudiantes et étudiants qui viennent pour faire des études, maîtrise et doctorat, arrivent de l’international. Tout ce qui se passe avec les enjeux au niveau de l’immigration, récemment les histoires autour du PEQ, nous autres, on est directement affectés par ça. Donc ça, c’est un défi, le recrutement, la rétention et le financement. Les universités sont sous-financées, ça, c’est un fait et on n’y échappe pas », termine le directeur de l’IRAA.

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