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Le brassage régional porté par la passion

24 mai 2026

par : Daisy-Anne Gagné | dagagne@journallecitoyen.com

photo : Photo ­gracieuseté : Carole Marcoux, Marie-Claude Robert et Ricardo Junior Emmanuel

Étant reconnues par l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ), les quatre microbrasseries de l’Abitibi-Témiscamingue ont été nommées pendant la cinquième édition de la Semaine des bières de micro du Québec. De Val-d’Or à Ville-Marie, la Microbrasserie Le Prospecteur, Barbe Broue Microbrasserie, La Pierre de Fée Microbrasserie et Brio Microbrasseur y étaient. Trois d’entre elles ont livré un bout de leur histoire pour l’occasion.

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De la ferme à la micro

À Ville-Marie, il y a 11 ans, Barbe Broue Microbrasserie est née grâce à Carole Marcoux et Éric Lepage. Le couple, s’occupant de leur ferme laitière à Nédélec, a décidé d’établir leur propre microbrasserie avec les grains et le houblon qu’ils cultivaient. Au départ, le local de production était celui d’une ancienne épicerie de Ville-Marie. Les installations ont finalement été déménagées directement sur leur ferme. Avec le temps, Mme Marcoux et M. Lepage ont constaté qu’ils devaient faire quelque chose pour augmenter le roulement de leurs opérations, donc, dans un esprit d’innovation, ils ont acheté un nouveau local : l’ancien Cagibi.

En 11 ans, Mme Marcoux se dit fière de faire vivre l’entreprise seulement avec les encouragements locaux. « C’est quand même particulier, nous faisons tout par nous-mêmes, même la distribution. Autrement, les gens doivent venir nous voir pour goûter à nos produits », souligne-t-elle. Tandis que des travaux sont toujours en cours dans un nouveau bâtiment, une troisième version du système de brassage est en installation. Ainsi, l’efficacité sera au point et Barbe Broue Microbrasserie sera prête à accueillir ses adeptes dès le 23 mai prochain.

Un renouveau à Rouyn-Noranda

Brio Microbrasseur a récemment ouvert ses portes dans le centre-ville de Rouyn-Noranda. Alexandre Groulx, le copropriétaire de la microbrasserie, était auparavant propriétaire du Trèfle Noir. Avec presque 18 ans d’expérience à la tête de cette entreprise, il a vendu par manque main-d’œuvre à l’usine. Pour la suite, il voulait tourner la page, mais la piqûre pour le brassage lui est rapidement revenue. « Quand j’ai vendu, je me suis dit que c’était fini et qu’on passait à autre chose, mais finalement […] je me suis rendu compte que ça me manquait et que j’avais envie de recommencer à brasser », explique le brasseur-entrepreneur.

Avant l’ouverture, M. Groulx était indécis sur le nom qu’allait avoir son entreprise. Une réflexion était donc nécessaire. « Je savais que je voulais travailler avec le chiffre trois, parce que c’est quand même la troisième brasserie que je montais. […] J’ai eu trois enfants au travers de tout ça et ça [le nom] s’enlignait vers Trio ou Triade. Je n’aimais pas vraiment la sonorité, donc après avoir travaillé avec ces noms-là, il y a Brio qui m’est venu en tête, qui veut aussi dire avec éclat ou bien faire les choses », affirme-t-il. Après avoir travaillé sur sa nouvelle microbrasserie pendant plus d’un an, elle a officiellement été inaugurée le 17 avril dernier. Depuis, il est plus que satisfait du travail accompli quant au montage de son logo et à l’ambiance que dégage l’établissement.

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De Sherbrooke à Val-d’Or : l’essor du Prospecteur

Philippe Lord et Jonathan Deschamps étudiaient tous les deux en génie à l’Université de Sherbrooke. Les deux copropriétaires de la Microbrasserie Le Prospecteur avaient été accompagnés, à l’époque, par des collègues de l’établissement scolaire pour développer un système de brassage complètement automatisé. Le président de la microbrasserie, M. Lord, dévoile le moment de déclic que son ami et lui ont eu : « On brassait des bières et on s’amusait à faire ça. De fil en aiguille, on a commencé à travailler avec les brasseries de là-bas […] Après, on a fait nos cours, on a travaillé chacun de notre côté dans le domaine minier. À un moment donné, on s’est dit que Val-d’Or c’était la plus grosse ville où il n’y avait toujours pas de microbrasserie. On a essayé de démocratiser ça et on ne pensait pas que ça allait prendre une aussi grande ampleur », déclare-t-il.

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En plus de deux ans, le local du centre-ville ne suffisait plus pour la production, donc l’usine a été construite pour répondre à la demande effervescente. Aujourd’hui, avec plus de 12 ans à brasser de la bière, les produits de Le Prospecteur se retrouvent un peu partout au Québec. « Nous sommes fiers d’avoir imprégné une image de marque qui dépasse l’Abitibi […] nous avons conservé une constance et une qualité de produit à travers les 12 années et nous continuons de vouloir offrir la qualité en premier lieu. Du côté des ressources humaines, nous avons du monde impliqué et motivé qui travaille pour nous et nous sommes une des seules places qui ne recherchons pas d’employé. On est super fiers de ça », confie M. Lord. Éventuellement, les deux entrepreneurs visent l’extérieur du Québec pour l’exportation de leurs bières.

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