En 2025, l’Abitibi-Témiscamingue comptait 161 producteurs de grains. Cette même année, 57 496 tonnes de grains ont été vendues dans la région, confirmant la vitalité d’une industrie en pleine croissance. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’une partie des récoltes soit vendue à l’avance, le signe d’un marché dynamique et d’une forte demande. Les revenus générés par la production de grains en région ont atteint 24,3 M$. Les cultures sont composées à 81 % de céréales, 12 % de soya et 7 % de maïs.
La technologie en agriculture
Les avancées technologiques et la transition numérique facilitent le travail des producteurs. « Un projet de recherche en intelligence artificielle vise à améliorer la prévision météorologique et à renforcer la résistance des sols aux insectes et aux maladies. Grâce au GPS, certains tracteurs fonctionnent désormais de façon autonome, ce qui réduit la fatigue et simplifie les tâches. L’application à taux variable (ATV) permet aussi d’ajuster les intrants comme les engrais ou la chaux selon les besoins de chaque zone du champ, à partir de données en temps réel », explique Luc Mayer, producteur de grains et président du conseil d’administration de la Fédération des producteurs de grains de l’Abitibi-Témiscamingue.
Les recherches au campus de Notre-Dame-du-Nord
Au campus de l’UQAT à Notre-Dame-du-Nord, une expertise s’est développée autour des grandes cultures biologiques. Le projet vise à mieux comprendre, structurer et soutenir la croissance de la production biologique dans la région. Il repose sur la recherche, un réseau de fermes d’innovation et des analyses technico-économiques.
« La mise en place d’un réseau de fermes vise à favoriser le transfert des connaissances issues de la recherche vers les entreprises agricoles et à soutenir les producteurs dans l’acquisition de compétences en production biologique. Ce réseau, créé en 2022, regroupe 12 entreprises réparties dans les MRC de l’Abitibi-Témiscamingue. Plusieurs projets y ont été réalisés, notamment des essais d’autosemence des céréales, de fertilisation, de cultivars de chanvre, de cultures de couverture en dérobée et en intercalaire, ainsi que des essais de désherbage mécanique », explique Mélissa Tobler, secrétaire de direction à l’UQAT, Centre du Témiscamingue et Laboratoire d’analyses.
La région progresse ainsi vers une agriculture durable grâce à la participation active des producteurs. Les priorités de recherche incluent les engrais verts, la diversification des cultures, les céréales d’automne et la lutte contre les mauvaises herbes. Le projet vise à soutenir la transition vers le biologique tout en assurant la rentabilité, positionnant la région comme un pôle d’innovation agricole.
« Les producteurs reçoivent des formations adaptées à la régie biologique et participent à des activités de réseautage favorisant les échanges entre agriculteurs. Cela permet à la relève de bénéficier de l’expérience de producteurs plus expérimentés. Des journées terrain et des webinaires sont également organisés chaque année afin de diffuser les résultats de la recherche », conclut Mme Tobler.