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Une campagne citoyenne pour faire avancer le Complexe des eaux profondes

21 mai 2026

par : Mylène Falardeau

Le projet du Complexe des eaux profondes a franchi une nouvelle étape jeudi avec le lancement officiel d’une campagne de promesse de dons citoyenne visant à démontrer l’appui du milieu envers cette future infrastructure aquatique régionale.

Réunis à la MRC de Témiscamingue, élus municipaux, représentants du milieu des affaires, bénévoles et partenaires ont uni leur voix afin de mobiliser la population autour du projet, qui doit être déposé en juin prochain dans le cadre du Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives, sportives et de plein air. Le projet actuellement évalué à 18,6 M$ vise l’obtention d’une subvention gouvernementale de 11,7 M$. Le montant restant devra être assumé par les municipalités et la collectivité, d’où l’importance de la campagne de financement lancée officiellement cette semaine.

Le préfet de la MRC de Témiscamingue, Martin Lefebvre, a rappelé le long chemin parcouru depuis la fermeture de la piscine de Ville-Marie en 2019. Selon lui, le projet est devenu un véritable projet collectif porté par plusieurs municipalités malgré leurs propres défis financiers. « On sait qu’on a besoin de ce type d’infrastructure là », affirme-t-il, ajoutant que le complexe représente un investissement important pour l’attractivité et la qualité de vie au Témiscamingue. Le projet bénéficie notamment de l’appui de plusieurs municipalités de la MRC, mais également des communautés de Temiskaming First Nation et Long Point First Nation ainsi que de partenaires du milieu de l’éducation et de la santé.

La présidente du conseil d’administration du Complexe des eaux profondes, Jessica Roberge, a rappelé que l’organisme à but non lucratif a été créé en 2020 à la suite de la fermeture de la piscine municipale. Depuis, plusieurs bénévoles ont consacré des milliers d’heures afin de développer un projet rassembleur répondant aux besoins du milieu. Après un premier refus de subvention en 2023, le comité est retourné au travail afin de revoir certains éléments et réduire les coûts du projet. Le futur complexe serait construit à Ville-Marie et comprendrait notamment une piscine avec bassin récréatif, une entrée plage favorisant l’accessibilité universelle, des jeux d’eau familiaux, un bassin thérapeutique ainsi qu’une salle multifonctionnelle.

« Six ans de bénévolat, ce n’est pas rien, mais chacun de nous l’avons fait avec la conviction que ce projet est essentiel pour notre région », souligne Mme Roberge, qui s’est dite encouragée par la mobilisation observée dans les dernières semaines. « Ça fait du bien de se sentir appuyé, puis sentir qu’il n’y a pas juste nous qui croyons au projet et qui croyons que ça peut être réalisé dans un avenir rapproché », ajoute-t-elle. La campagne de financement vise maintenant à démontrer concrètement l’appui populaire derrière le projet. Les citoyens pourront prochainement remplir un formulaire de promesse de dons dans lequel ils pourront indiquer le montant qu’ils seraient prêts à offrir si le projet obtient sa subvention et se concrétise. Elle précise qu’il ne s’agit pas de dons immédiats, mais bien d’engagements conditionnels au lancement officiel des travaux. « Chaque donateur, chaque appui compte et fera que ce futur complexe aquatique appartiendra un peu à chacun de nous. »

Du côté de Ville-Marie, la mairesse suppléante Adèle Beauregard a confirmé l’engagement de la municipalité à fournir gratuitement le terrain destiné à accueillir le complexe, en plus d’une contribution financière initiale de 250 000 $. La Ville prévoit également contribuer annuellement au déficit d’opération jusqu’à concurrence de 60 000 $ par année. « Le monde municipal a une responsabilité d’offrir des infrastructures qui vont favoriser à ce que les gens soient en santé », dit-elle, rappelant que les municipalités doivent offrir des lieux favorisant l’activité physique et le maintien de bonnes habitudes de vie.

Le maire de Duhamel-Ouest, Alain Sarrasin, a annoncé une contribution supplémentaire de 150 000 $ afin d’appuyer le projet, rappelant les liens étroits qui unissent sa municipalité à l’ancienne piscine de Ville-Marie. Le milieu des affaires a également répondu présent. Les copropriétaires de LVL Global, Étienne Ricard et Jean-François Gingras, ont confirmé un engagement total de 500 000 $, incluant des contributions d’actionnaires et d’anciens actionnaires de l’entreprise. « On peut contribuer à la santé de notre collectivité puis au bien-être de tout le monde », mentionne M. Ricard, qui a également lancé un appel aux autres entreprises du territoire afin qu’elles participent elles aussi à l’effort collectif.

Visuel - Projet piscine - garder le nom de la firme visible

Selon les promoteurs, près de 2 M$ auraient déjà été confirmés ou engagés par différents partenaires et organisations. La campagne de promesse de dons vise maintenant à réduire davantage la pression financière sur les municipalités. Martin Lefebvre a rappelé que même si le projet obtenait sa subvention gouvernementale, plusieurs étapes demeureraient à franchir, notamment l’appel d’offres et l’obtention de soumissions respectant les capacités financières du milieu.

Au-delà des chiffres, le préfet estime que le projet répond à plusieurs besoins importants pour le territoire. Il évoque autant l’apprentissage de la natation pour les jeunes que les activités destinées aux aînés, aux familles et aux nouveaux arrivants. « Une dame immigrante me disait récemment que ce qui leur manquait ici l’hiver, c’était justement de ne pas avoir de centre aquatique où aller avec leurs enfants », raconte M. Lefebvre, qui voit également dans cette future infrastructure une occasion d’offrir des emplois à de jeunes sauveteurs et d’accueillir certaines compétitions sportives au Témiscamingue. « On est entouré d’eau. Oui, on a peu de population, mais est-ce qu’on peut se permettre d’avoir des infrastructures comparables à ce qu’il y a ailleurs ? La réponse, c’est oui », conclut le préfet.

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