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Une galerie éphémère au cœur de Ville-Marie

29 mai 2026

par : Dominique Roy| Journalisme de l'initiative de journalisme local

photo : Photo gracieuseté

Le 22 mai dernier, l’artiste témiscamienne Émilie B. Côté inaugurait une galerie éphémère au 33, rue Sainte Anne, à Ville-Marie, un local vacant depuis la fin de 2024. Derrière cette initiative, il y a un geste simple, mais déterminé : se créer soi même l’espace qui manque. « J’ai décidé de me créer ma propre opportunité en louant ce local », explique-t-elle. Codirectrice du Rift, elle ne peut y programmer son propre travail, ce qui limite sa présence artistique sur son territoire. Cette galerie temporaire devient donc un moyen de reprendre place dans le paysage culturel local.

Galerie éphémère 1

Un projet personnel bien assumé

Après avoir exposé Habiter la ruche à Val d’Or et au musée de la Gare de Témiscaming, l’artiste souhaitait enfin offrir une vitrine à son travail au centre du territoire. Faute de lieux alternatifs pour présenter de la sculpture, elle a choisi de provoquer l’occasion. Le geste est aussi profondément intime. « C’est une façon de m’exposer, dans tous les sens du terme », confie-t-elle. Exposer ses œuvres, mais aussi s’exposer comme artiste vivant ici, travaillant ici, et refusant de disparaître dans un contexte où « vivre de son art est un grand défi » et où « l’intelligence artificielle a remplacé l’artiste à beaucoup de niveaux ». Elle propose le vrai, la rencontre, la discussion. De plus, elle réaffirme son droit d’exister artistiquement dans le territoire qu’elle a choisi : « J’ai choisi de faire mon métier ici et de permettre à mon art d’exister ici. »

Vitrine sur la rue et sur le public

Le choix du local n’est pas anodin. Situé en plein centre-ville, entièrement vitré, il permet aux passants de découvrir l’exposition simplement en jetant un coup d’œil. Cette accessibilité s’inscrit dans sa vision : plus les gens sont exposés à l’art, « plus ils développent une appréciation, un sens critique. Puis, la fois suivante, ils font des liens avec ce qu’ils connaissent. Un sentiment familier s’installe et ils se mettent sans s’en rendre compte à savoir l’apprécier. C’est pour ça que je pense que quand un artiste réussit, c’est bon pour tous les artistes. »

Plusieurs années de création sous un même toit

Les visiteurs découvriront une partie du projet Habiter la ruche, réalisé en cocréation avec les abeilles de Miel Abitémis. L’artiste y déposait des objets dans des ruches afin que les abeilles y construisent leurs alvéoles. À cela s’ajoute L’herbier de cire — études végétales, où elle enduit de cire des plantes indigènes pour en faire des sculptures fragiles, texturées, presque fossilisées. Des toiles anciennes et récentes complètent l’ensemble. « C’est la première fois que je fais cohabiter tous ces projets », souligne-t-elle, heureuse d’offrir une vue d’ensemble de son univers créatif des dernières années.

Galerie éphémère 4

Un lieu vivant et habité

Pas moins de 75 personnes étaient présentes au vernissage. En plus d’y admirer les œuvres de l’artiste, elles ont pu assister à une soirée poésie avec des actions performatives ; Alain Desrochers, Mathilde Mantha et Alice Pomerleau y animant l’espace. « On avait une volonté de créer de la vie dans le lieu pendant la période d’exposition. »

Enfin, l’éphémère n’est pas un compromis, mais une esthétique. « Je vis bien avec l’idée de l’éphémère et du spontané », affirme l’artiste. Peut-être que d’autres reprendront le local. Peut-être que d’autres lieux naîtront. « Rêvons du Témiscamingue qu’on se souhaite collectivement et fabriquons-le ! » La galerie, ouverte du 22 mai au 28 juin, fonctionne sur réservation, les coordonnées de l’artiste étant affichées sur la porte.

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