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Un programme pour aider les jeunes à se libérer de la nicotine

29 mai 2026

par : Dominique Roy| Journalisme de l'initiative de journalisme local

photo : Photo gracieuseté

Cet hiver, l’École Marcel-Raymond de Lorrainville a accueilli le programme officiel de cessation nicotinique LIBAIR, développé par le Conseil québécois sur le tabac et la santé. Destiné aux adolescents souhaitant réduire ou cesser leur consommation de nicotine, le programme offre un accompagnement humain, bienveillant et sans jugement.

« En arrivant au secondaire, plusieurs jeunes veulent explorer, se démarquer et faire leurs propres choix. La vapoteuse est attrayante, facilement accessible et la dépendance peut s’installer très rapidement », explique Joany Vachon-Beaulieu, intervenante en prévention des dépendances dans les écoles secondaires.

Quinze jeunes âgés de 15 à 17 ans ont choisi de participer volontairement à cette démarche. Parmi eux, trois ont complètement cessé leur consommation de nicotine et sont maintenant en phase de maintien. Plusieurs autres ont réussi à réduire leur consommation, notamment grâce à des thérapies de remplacement de la nicotine telles que patchs, gommes, pastilles ou vaporisateurs, utilisées avec l’accompagnement d’un pharmacien.

Au-delà de l’arrêt du vapotage ou du tabac, le programme a permis aux participants de mieux comprendre leur dépendance, de réfléchir à leurs habitudes de vie et à leurs passions, d’adopter de nouvelles habitudes positives, de découvrir des alternatives saines à la nicotine et d’envisager des changements bénéfiques pour leur santé et leur bien-être.

Chaque jeune bénéficiait d’un suivi individuel en cessation nicotinique avec la ressource responsable du CSSSLT. En parallèle, des ateliers de groupe hebdomadaires abordaient différents aspects liés à la dépendance : les raisons qui poussent les adolescents à fumer ou vapoter, les symptômes de sevrage, les émotions vécues ainsi que les risques de rechute. « Une rechute n’est pas un échec, mais un apprentissage dans le processus d’arrêt. Nous encourageons les jeunes à être bienveillants envers eux-mêmes », rappelle l’intervenante.

Les rencontres débutaient par des échanges où les participants partageaient leurs réussites, leurs difficultés et leurs expériences dans un climat d’écoute et d’entraide. À chaque rencontre, un thé ou une tisane était offert afin de créer une ambiance chaleureuse et réconfortante.

« Nous voulions créer un espace rassurant et une véritable chaîne de soutien. Les jeunes s’encouragent et s’entraident. Nous avons aussi parlé de l’importance de bouger, de s’impliquer dans des activités et de nourrir ses passions pour stimuler naturellement les neurotransmetteurs plutôt que de chercher à le faire artificiellement par la nicotine », explique Mme Vachon-Beaulieu.

Le programme mettait également l’accent sur l’importance du réseau de soutien. Les participants étaient invités à identifier des personnes de confiance vers qui se tourner lors des moments plus difficiles. Afin de reconnaître les efforts accomplis, des jetons représentant différentes périodes d’abstinence, sept jours, un mois et deux mois, ont été remis aux participants toujours abstinents. Une reconnaissance concrète qui a suscité beaucoup de fierté chez les jeunes.

Au terme des dix semaines, les participants ont affirmé avoir grandement apprécié leur expérience. Les discussions, les apprentissages et les moments d’introspection leur ont permis de mieux comprendre leur dépendance ainsi que l’influence de la pression sociale à l’adolescence. Un véritable esprit de solidarité s’est développé au sein du groupe, où chacun pouvait s’exprimer librement, sans crainte du jugement.

Un diplôme soulignant leur engagement dans ce programme officiel de cessation nicotinique leur a finalement été remis. D’autres groupes LIBAIR seront offerts au cours de l’année scolaire 2026-2027.

« Pour l’année scolaire 2026-2027, nous souhaitons offrir des groupes dans chacune des écoles secondaires. L’École du Carrefour ainsi que RDQ pourraient également accueillir leur groupe dès l’automne prochain », conclut Mme Vachon-Beaulieu.

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