Cinq ans après sa création, Ma place au travail constate que la crise des services de garde éducatifs à l’enfance demeure bien réelle dans plusieurs régions du Québec, dont l’Abitibi‑Témiscamingue. L’organisation dévoile aujourd’hui un livre blanc destiné aux instances politiques, un outil qui ne se limite pas à réclamer davantage de places, mais qui propose une vision d’ensemble pour rebâtir un réseau de garde accessible, inclusif et de qualité pour toutes les familles.
Issu d’une vaste consultation citoyenne, ce document met en lumière la réalité vécue par de nombreuses familles de la région, où un parent doit retarder son retour au travail faute de place pour son enfant. Cette situation entraîne des conséquences financières importantes et freine la participation au marché du travail, particulièrement dans un contexte où l’Abitibi‑Témiscamingue fait déjà face à une pénurie de main‑d’œuvre.
La situation n’est toutefois pas uniforme sur tout le territoire. Au Témiscamingue, il n’y a actuellement aucune pénurie de places, souligne Francine Champoux, directrice du CPE Chez Caliméro.
Ailleurs en Abitibi, 966 enfants sont en attente d’une place subventionnée, comparativement à 877 en 2022. Les places pour les poupons sont insuffisantes, et la situation est particulièrement préoccupante pour les enfants de 18 mois à 3 ans, malgré la création de 348 nouvelles places depuis 2022. Plusieurs de ces places demeurent difficilement accessibles en raison du manque de personnel qualifié.
La proportion d’éducatrices qualifiées en Abitibi‑Témiscamingue est passée de 67 % en 2022 à 57 % en 2025, alors que la qualité éducative repose sur leur expertise.
À travers ce livre blanc, Ma place au travail souhaite offrir un point d’appui solide pour repenser le réseau des services de garde et garantir enfin aux familles un accès réel à des services éducatifs de qualité. Pour l’organisation, il est temps que les décisions politiques reflètent les besoins des familles et la réalité du terrain.