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Au vieux Saloon de Vail

22 Septembre 2020par : Luc Gélinas

Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).

J’adore l’automne. Pour les couleurs bien entendu, mais surtout parce qu’habituellement, ça signifie le retour du hockey. Si, à ce moment-ci de l’année, les orignaux essaient de se cacher, les espoirs eux essaient de sortir du lot et de capter l’attention!

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Certains collègues et plusieurs amateurs trouvent les camps d’entraînement longs et ennuyeux, mais ce n’est pas mon cas. C’est vrai qu’il y a beaucoup de parties et que les vétérans prennent ça mollo, mais pour les jeunes, l’enjeu est énorme. J’adore voir débarquer les joueurs fraîchement repêchés pour les épier sur la patinoire et observer comment ils se comportent en général. Et l’année suivante, c’est encore plus intéressant quand vient le moment d’analyser leur progression.

Vers la fin de septembre, à la conclusion du camp, plusieurs équipes aiment changer de décor et regrouper les joueurs avant que la saison commence. Malheureusement, le Canadien a laissé tomber cette tradition que j’adorais… et ça n’a rien à voir avec le travail. C’est le touriste qui s’ennuie de ces trois ou quatre jours de « retraite fermée ». Au fil des ans, le Tricolore a tenu la phase finale de certains camps d’entraînement à Banff, Baie St-Paul, Mont-Tremblant et Vail au Colorado. Ce dernier demeure certainement le plus mémorable de tous! L’air pur et les spectaculaires montagnes Rocheuses qui ornent les bouteilles de Coors Light y sont pour quelque chose, mais c’est surtout l’accueil exceptionnel du propriétaire George Gillett qui a rendu ce séjour inoubliable.

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Chaleureux comme pas un, monsieur Gillett était près des gens et il avait ce don de faire sentir tout le monde important à ses yeux. Quand on le croisait au Centre Bell, il prenait toujours le temps de s’arrêter pour piquer un brin de jasette. À l’automne 2000, quand il a amené le club dans son patelin, il était donc très fier. Il voyait personnellement à ce que tout un chacun soit satisfait et que tout se déroule à merveille. Et l’avant-dernier soir, il a invité tous les journalistes et les caméramans à souper avec lui en compagnie de quelques membres de l’équipe, dont le président Pierre Boivin. Le proprio du Canadien aurait aisément pu rassembler le groupe dans un restaurant huppé, mais ce n’était pas son style.

Il nous a reçus au vieux Saloon de Vail, l’endroit où il aimait lui-même siroter sa bière après une descente de ski. Tout le monde le connaissait là-bas et l’interpellait par son prénom. Après une trentaine de minutes, voyant que le personnel en avait plein les bras avec notre joyeuse bande d’assoiffés, il a sauté derrière le bar avec un grand sourire. Le genre de sourire qu’arbore un père de famille quand il voit que tout le monde s’amuse au party qu’il a organisé. Fallait être là pour voir monsieur Gillett préparer lui-même des margaritas et distribuer fièrement des Coors Light en insistant pour que l’on ait toujours un drink à la main.

Je vous raconterais bien la suite… mais c’est un peu vague! Normal, ça fait déjà vingt ans!

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