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75 ans d’union pour Cécile Rocheleau et Lucien Gilbert

3 juin 2026

par : Dominique Roy| Journalisme de l'initiative de journalisme local

photo : Photo gracieuseté

Atteindre 75 ans de mariage, ces noces d’albâtre que si peu de couples franchissent, relève presque du miracle statistique. Et pour Cécile Rocheleau et Lucien Gilbert, qui ont célébré ce cap le 30 mai 2026, cette longévité prend une résonance particulière : leur union continue de traverser les décennies avec une force tranquille qui défie le temps. Dans un monde où les histoires d’amour d’une telle durée se font de plus en plus rares, la leur demeure un témoignage vivant de fidélité, de résilience et d’engagement partagé.

Mariés à l’église de Lorrainville le 30 mai 1951, Cécile et Lucien forment l’un de ces couples dont l’histoire se confond avec celle du Témiscamingue. Leur rencontre remonte au printemps 1950. Cécile assistait au mariage d’un cousin et Lucien y était. Elle l’avait remarqué, mais sans plus, puisqu’il était accompagné. Aux célébrations de la Saint-Jean-Baptiste à Notre-Dame-du-Nord, elle le revoit. On lui apprend que Lucien Gilbert cherchait à rencontrer une Rocheleau. Coup du destin… Ils passent la journée ensemble. Après une année de fréquentation, le couple s’unit pour la vie et s’installe à Latulipe, sur la terre que Lucien avait déjà acquise. C’était l’époque de la colonisation, des routes à ouvrir et des terres à façonner. « Au début de leur mariage, mon père faisait de la terre avec un tracteur à chenilles. Il a fait beaucoup de chemin sur une niveleuse un peu partout au Témiscamingue », raconte la famille dans un texte résumant le parcours du couple.

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En 1958, ils construisent leur maison et développent leur ferme du rang 5, à Latulipe, qu’ils exploiteront jusqu’en 1983. « Ma mère s’occupait de la ferme. Mon père a continué à travailler sur un tracteur à chenilles pour Lionel Labelle, Syriac Larouche et Marcel Bérubé pour pouvoir monter la ferme », précise la famille. Deux de leurs fils, Raymond et Daniel, rachèteront la terre avant de la revendre quelques années plus tard. À leur départ du rang, Cécile et Lucien choisissent de ne pas trop s’éloigner, s’installant au village pour demeurer actifs au sein de la communauté.

Au-delà de l’agriculture, Cécile et Lucien ont été des piliers du bénévolat local. Leur implication est impressionnante par son ampleur et sa constance. Cécile, née en 1932 à Lorrainville, a consacré des décennies au Cercle des fermières — dont elle fut vice-présidente régionale — ainsi qu’à la Coopérative artisanale, à la Coopérative funéraire, aux comités d’école — dont celui à l’origine de la construction de l’École du Carrefour — à l’UPA, aux repas de l’âge d’or, au comité de santé du secteur est et à la Société d’agriculture du Témiscamingue, etc.

Lucien, né en 1929 à Latulipe, a lui aussi laissé une empreinte durable. Membre et président de plusieurs organismes, il a notamment dirigé la FADOQ régionale pendant une décennie et celle de Latulipe pendant plus de vingt ans. Il a également siégé à la Coopérative funéraire de l’Abitibi Témiscamingue, au syndicat des producteurs de bois, au conseil municipal de Latulipe, à la Caisse populaire, au comité du centenaire de Latulipe, à la Société d’agriculture, etc.

Le couple a aussi été famille d’accueil pour Katimavik en plus de participer activement aux expositions agricoles de Guigues. Et à travers le travail sur la ferme, celui du développement des routes du Témiscamingue et tout ce bénévolat, le couple aura donné naissance à 11 enfants, tous vivants aujourd’hui : René (1952), Marie (1953), Berthe (1955), Raymond (1956), Bernard (1957), Gertrude (1958), Daniel (1959), Sylvie (1961), Guy (1962), Benoit (1963) et Line (1964). Leur maison a longtemps été un lieu d’hospitalité, de rassemblements et de traditions familiales. Très croyants, ils ont transmis à leurs enfants un profond sens de la solidarité et du service.

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En 2023, la santé les oblige à quitter leur maison de Latulipe, celle qui appartenait autrefois au père de Lucien. « Leur cœur est toujours au Témiscamingue. Ce fut un deuil pour eux, mais c’est ce qui était le mieux. » Ils résident désormais aux Jardins du Patrimoine de Val d’Or, où ils se sentent bien entourés. En effet, la famille du couple comprend 28 petits-enfants et 37 arrière-petits-enfants (bientôt 38), en plus des enfants issus des familles reconstituées.

Après 75 ans de vie commune, leur complicité demeure intacte. Cécile et Lucien incarnent une génération qui a bâti, donné et soutenu. Leur histoire est celle d’un couple, mais aussi celle d’un territoire qu’ils ont contribué à façonner. Une vie entière de travail, de foi, de famille et d’engagement… et un amour qui traverse les décennies.

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