Le gouvernement du Québec pourrait interdire la vente de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans par l’entremise du projet de loi 9, déposé récemment par la ministre de la Santé, Sonia Bélanger. La mesure vise à mieux protéger les adolescents des risques associés à la consommation de ces produits.
Le mélange de caféine, de sucre et d’autres substances stimulantes contenues dans ces boissons soulève des préoccupations quant à leurs effets sur la santé des jeunes.
Selon les autorités, les risques sont particulièrement importants chez les adolescents qui prennent une médication pour le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Dans certains cas, l’interaction entre les boissons énergisantes et ces médicaments peut provoquer une augmentation importante du rythme cardiaque et entraîner de graves complications.
La décision du gouvernement de légiférer fait notamment à la suite du décès du jeune Zachary Miron en 2024. Le décès de ce dernier serait attribuable à l’interaction entre une boisson énergisante et un médicament prescrit pour traiter son TDAH. Ce drame a relancé le débat sur l’encadrement de la vente de ces produits aux mineurs.
Cependant, certains experts estiment que l’interdiction n’est pas nécessairement la meilleure solution. Ils soutiennent qu’une meilleure sensibilisation des jeunes et des parents ainsi qu’une lecture attentive des étiquettes pourraient contribuer à réduire les risques liés à la consommation de ces produits.
L’avenir du projet de loi est donc incertain. Les consultations publiques se sont déroulées le 8 juin à la demande du Parti conservateur du Québec, qui réclamait davantage de débats. Bien que le parti ait finalement renoncé à bloquer l’adoption de la mesure, la Coalition avenir Québec estime que les délais sont serrés pour compléter l’étude du projet de loi avant l’ajournement des travaux. Par ailleurs, les députés indépendants Youri Chassin et Pierre Dufour n’ont pas encore confirmé leur appui à la pièce législative.
Le gouvernement espère néanmoins faire progresser rapidement le dossier afin de mieux encadrer l’accès des jeunes aux boissons énergisantes et ainsi prévenir d’autres incidents liés à leur consommation.
À l’échelle internationale, peu de pays ont adopté une législation spécifique concernant les boissons énergisantes. La Lettonie, la Norvège et la Pologne ont déjà imposé des restrictions, tandis que l’Angleterre envisage de faire de même.