Des auteurs en herbe au Salon des Poètes

30 juin 2026

par : Dominique Roy| Journalisme de l'initiative de journalisme local

photo : Photo gracieuseté

Le 23 juin, la classe de 2e année de l’École Saint Gabriel de Ville Marie s’est transformée en véritable Salon des Poètes, un événement littéraire miniature où 18 jeunes auteurs ont présenté pas moins de 110 publications à leurs parents. Pour l’enseignante, Véronic Bellehumeur, cette célébration de fin d’année est une manière privilégiée de reconnaître le travail d’écriture accompli par ses élèves et de leur transmettre un amour durable pour les mots.

Une maison d’édition… en classe

Pour l’occasion, chaque pupitre s’est transformé en table d’auteur, soigneusement préparée avec les textes choisis par les élèves et une photo en noir et blanc accompagnée d’un mot personnalisé de leur enseignante. Les œuvres étaient « publiées » sous la bannière de la maison d’édition fictive Vévé-Véro, dont Mme Bellehumeur est l’« éditrice en chef ». Les élèves lui soumettaient leurs textes, et elle en sélectionnait aussi directement dans leurs pochettes d’écriture, privilégiant les poèmes les plus aboutis ou les récits les plus touchants.

Une célébration de la poésie vivante

Une fois les parents arrivés en classe, l’événement s’est ouvert en douceur avec une chanson poétique de Gilles Vigneault, suivie de la comptine rituelle que la classe récitait avant chaque atelier d’écriture. Les élèves ont ensuite enfilé leurs « lunettes de poète », en forme de cœur, symbole de leur posture créative, avant de laisser place au moment fort du salon, soit la lecture publique.

Tableau d'auteur

Douze élèves ont voulu monter sur un banc, micro en main, pour réciter un de leurs poèmes devant les parents. « La poésie, c’est fait pour être lue à voix haute », rappelle l’enseignante, admirative du courage de ses jeunes auteurs.

Diversité et liberté

Les textes présentés reflétaient une grande variété de thèmes : la nature, la famille, les amis, mais aussi des sujets plus sensibles, comme la perte d’un animal. Différentes formes ont été explorées, soit le calligramme, l’acrostiche ou même le poème plus traditionnel, avec et sans rime. Aucun thème n’était imposé : « Je leur donnais des pistes, mais après, c’était la liberté totale », explique Mme Bellehumeur. Cette liberté, selon elle, révèle souvent des talents inattendus. « Je remarque que les élèves en difficulté sont souvent ceux qui brillent le plus en poésie. C’est comme une fleur qui s’ouvre au grand jour. »

Un moment de fierté partagé

Les parents étaient invités à circuler parmi les tables d’auteur, à discuter avec les enfants et à découvrir leurs textes préférés. Plusieurs ont exprimé leur étonnement et leur admiration devant la qualité des œuvres. Pour l’enseignante, ces réactions sont sa plus grande récompense : « Ma paye, c’est quand je vois que j’ai développé le goût de l’écriture. Mes élèves voulaient souvent rester en classe pour écrire au lieu d’aller à la récréation. »

Une tradition appelée à revenir

Bien que ce soit seulement la deuxième édition du Salon des Poètes, l’événement semble déjà avoir trouvé sa place dans la culture de la classe. Les élèves attendaient ce moment depuis le début de l’année, et leur enthousiasme a confirmé à l’enseignante la pertinence de cette célébration littéraire. « Ils étaient excités, engagés, fiers. Et moi aussi », résume-t-elle.

Enfin, à ses yeux, les enfants demeurent les poètes les plus lumineux, parce qu’ils écrivent sans filtre, sans ces barrières que l’âge et le vécu finissent par dresser. En eux, il y a toute cette pureté et toute cette innocence qui donnent aux mots leur éclat le plus vrai, le plus authentique.

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