La Société d’aide au développement des collectivités (SADC) de Rouyn-Noranda a officiellement lancé, le 29 juin, la campagne régionale D’la viande autour de l’os, une initiative de 194 000 $ visant à faire connaître quatre producteurs de bœuf et d’agneau de l’Abitibi-Témiscamingue ainsi que la diversité des produits qu’ils offrent aux consommateurs.
Déployée de juillet à octobre, la campagne comprendra notamment des publicités à la télévision, à la radio et au cinéma, des capsules vidéo, des recettes et différents outils promotionnels. Selon les responsables, cette campagne découle d’un travail de mobilisation réalisée auprès des acteurs de la filière viande à la suite de constats et des besoins qui ont été soulevés par les producteurs.
Des consultations ont permis d’identifier plusieurs enjeux, notamment l’accès aux marchés, les services en boucherie et les défis entrepreneuriaux auxquels sont confrontées les entreprises du secteur. « L’objectif, c’est de mettre en valeur la qualité du produit que l’on fait ici. Au-delà de la promotion, on souhaite surtout mettre en valeur le savoir-faire local et démontrer à la population la grande qualité de ce qu’on fait ici », a indiqué Mélyna Rouleau, coordonnatrice de l’Entente sectorielle de développement bioalimentaire de l’Abitibi-Témiscamingue.
Quatre entreprises ont pris part à cette initiative : Des Praz et filles, à Rémigny, la Ferme Abitibienne, à Palmarolle, Écoboeuf, à Dupuy, ainsi que Les Viandes à Côté du Bordeleau, à Clerval.
Le titre de la campagne, explique Danaë Ouellet, a été choisi autant pour son côté accrocheur que pour le sens qu’il porte. « On trouvait que le nom faisait sourire parce qu’il y avait de la viande dedans. En communication, ça permettait d’être très clair. Mais surtout, l’expression “de la viande autour de l’os” signifie approfondir un sujet, aller au-delà des apparences et donner de la substance. C’est exactement l’idée derrière la campagne », précise-t-elle.
La notoriété des producteurs
Pour Simon Lafontaine, copropriétaire d’Écobœuf à Dupuy, la campagne représente avant tout une occasion de faire connaître davantage les entreprises qui produisent de la viande en région.
« C’est une super vitrine qui était offerte aux producteurs de viande de la région afin de pouvoir faire connaître un peu nos produits aux gens d’ici ». L’entreprise, qui se spécialise dans le bœuf nourri à l’herbe, estime que ce type d’initiative permet notamment de tisser des liens avec les consommateurs et de mettre en valeur des produits régionaux souvent méconnus. La campagne vise d’abord à mieux faire connaître les producteurs de viande de la région auprès du grand public.
Selon Danaë Ouellet, il ne s’agit pas d’une campagne axée sur des objectifs de ventes précis, mais plutôt sur la découverte des entreprises et de leurs produits. « Si à la fin de la campagne, les gens se disent : « ‘‘Je connais les producteurs’’ ou “J’ai essayé une nouvelle découpe de viande”, bien, on va se dire mission accomplie », affirme Mme Ouellet.
L’idée est de faire découvrir également des découpes de viande moins connues. Pour y parvenir, les organisateurs ont misé sur la réalisation de 14 recettes originales, de capsules vidéo et de divers contenus éducatifs permettant aux consommateurs d’apprendre à cuisiner ces produits.

Les producteurs au cœur du projet
Danaë Ouellet souligne que la campagne n’aurait jamais pu voir le jour sans la participation des quatre entreprises qui ont accepté de prendre part à l’aventure. « Elles ont chacune leur histoire, leur personnalité, leur façon de faire, leur modèle de commercialisation, mais elles ont toutes un point en commun : elles élèvent ici, en Abitibi-Témiscamingue, des animaux de grande qualité avec passion et savoir-faire », a-t-elle expliqué.
Pour bâtir la campagne, les producteurs ont été invités à identifier les découpes qu’ils souhaitaient mettre en valeur. C’est à partir de ces choix que les recettes, les vidéos et les autres outils promotionnels ont été développés. « Les gens connaissent souvent des découpes très classiques. On voulait sortir des sentiers battus parce que c’était un besoin communiqué par les producteurs. Pour faire découvrir des découpes différentes, on s’est dit qu’on allait créer des recettes afin que les consommateurs sachent comment les cuisiner », a ajouté Mme Ouellet.
La chargée de projet rappelle que la campagne représente l’aboutissement de près d’une année de travail. « Après 11 mois de gestation, on accouche ». Pour soutenir les entreprises participantes au-delà de la visibilité générée par la campagne, les organisateurs remettront également 5 000 $ en coupons promotionnels répartis entre les quatre producteurs. Chaque entreprise pourra les utiliser selon ses propres objectifs de commercialisation, que ce soit pour récompenser sa clientèle, faire découvrir certaines découpes ou encourager de nouveaux achats.
« Notre rôle, c’est de créer l’intérêt. C’est à eux ensuite d’utiliser cet outil-là de la manière qui va leur sembler la plus pertinente pour le développement de leur clientèle », a expliqué Danaë Ouellet.

Stimuler la croissance des produits locaux
Au-delà de la promotion des producteurs participants, les organisateurs souhaitent également encourager l’achat local et accroître la connaissance des produits régionaux. Le directeur général de la SADC de Rouyn-Noranda, Jocelyn Lévesque, estime que les consommateurs ont un rôle à jouer dans le développement d’une plus grande autonomie alimentaire régionale. « Si un jour on veut être autonome alimentairement, il faut aider ces initiatives-là ».
Les responsables de la campagne espèrent ainsi créer davantage de liens entre les producteurs, les transformateurs, les détaillants et les consommateurs, tout en favorisant une meilleure connaissance des produits issus du territoire.