Une première maison d’hébergement de 2e étape ouvre ses portes en région

8 juillet 2026

par : Joanie Dion | jdion@journallecitoyen.com

photo : Le Citoyen – Joanie Dion

Après près de dix ans de démarches, de recherche de financement et mobilisation de nombreux partenaires, la maison Lobélia a officiellement été inaugurée le 3 juillet dernier à Rouyn-Noranda. Première maison d’hébergement de deuxième étape en Abitibi-Témiscamingue, elle offrira un milieu de vie sécuritaire à des femmes et des enfants qui demeurent à risque après avoir quitté un contexte de violence conjugale.

Le projet, porté par l’organisme Alternative pour Elles, comprend 11 unités d’hébergement destinées aux femmes vivant de la violence conjugale post-séparation. Contrairement aux maisons d’hébergement d’urgence, qui accueillent les victimes pour une période plus courte, Lobélia permettra aux résidentes de séjourner plusieurs mois afin de poursuivre leur reconstruction dans un environnement sécuritaire.

« La maison d’hébergement de deuxième étape, c’est un filet de sécurité supplémentaire pour les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants », explique la cogestionnaire d’Alternative pour Elles et de la maison Lobélia, Cathy Allen.

Elle rappelle que ce nouveau service s’ajoute à d’autres mesures de protection déjà mise en place, comme les maisons d’hébergement d’urgence, les bracelets antirapprochements, la loi Gabie Renaud ou encore les cellules d’actions concertées en prévention de l’homicide conjugal. « On vient mettre le plus de filets de sécurité possible autour des femmes victimes, des enfants, mais aussi autour des auteurs de violence, parce que les services d’aide sont complémentaires. »

Répondre à un besoin réel

Les 11 logements seront réservés à des femmes ayant déjà séjourné dans une maison d’hébergement de première étape et dont les enjeux de sécurité demeurent importants après la séparation.

« Ce sont des femmes qui pourraient être prêtes à quitter la maison d’urgence, mais pour qui on a encore des craintes ou qui vivent encore des impacts majeurs de la violence conjugale post-séparation », précise Mme Allen.

Les places seront accessibles aux femmes provenant de l’ensemble de l’Abitibi-Témiscamingue. Les différentes maisons d’hébergement de la région collaborent afin d’identifier les personnes dont le niveau de risque justifie un accompagnement prolongé.

L’objectif est d’accueillir les premières résidentes dès le début du mois de septembre. D’ici là, les équipes s’affairent à compléter l’aménagement des logements, entièrement meublés et équipés.

Dix ans d’efforts

Si la conférence de presse était empreinte de fierté, elle rappelait aussi la longue route parcourue avant de voir le projet se concrétiser. « Quand on dit qu’on a commencé à penser au projet en 2016 et qu’on est en 2026 aujourd’hui, ça veut dire que ça fait dix ans qu’on rêve à cette première maison d’hébergement de deuxième étape », a souligné la ministre responsable de l’Habitation, Karine Boivin-Roy.

Le gouvernement du Québec a investi 5,5 M$ dans le projet, par l’entremise de la Société d’habitation du Québec. La Ville de Rouyn-Noranda a contribué à la hauteur de 325 000 $, notamment par le don du terrain, tandis que plusieurs entreprises, fondations et partenaires communautaires ont également participé au financement.

Avec ses 11 logements, la maison Lobélia permettra d’offrir un accompagnement spécialisé à près d’une trentaine de femmes et d’enfants chaque année, complétant ainsi le continuum de services déjà offert par Alternative pour Elles aux personnes victimes de violence conjugale dans la région.

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