La piste de BMX de Saint-Édouard-de-Fabre appartient désormais au passé. Jugée trop détériorée pour être maintenue en service, elle a été démantelée cette semaine à la suite d’une décision du conseil municipal. Si la municipalité évoque des enjeux de sécurité, d’entretien et une faible fréquentation pour justifier ce choix, certains citoyens disent néanmoins regretter la disparition d’un lieu qu’ils considéraient comme encore utile pour les jeunes.
Selon le maire Jonathan Goupil, la décision est consécutive à une visite des installations réalisée par les élus. L’état de la piste aurait alors convaincu le conseil qu’il n’était plus possible de la conserver. « Il n’y avait vraiment rien. C’était cinq buttes de terre », résume-t-il. La végétation avait progressivement repris sa place, le gazon recouvrait une partie du parcours et l’entretien nécessaire pour remettre l’infrastructure en état représentait un défi important pour la municipalité.
Au-delà de l’apparence du site, la sécurité de celui-ci a également pesé dans la balance. « La municipalité a un rôle à jouer pour assurer la sécurité et le respect des normes ». Considérant que la piste était, selon la municipalité, très peu utilisée, le conseil a estimé qu’il n’était plus justifié d’investir les ressources nécessaires pour la maintenir en service.
Le terrain pourrait toutefois connaître une nouvelle vocation. Jonathan Goupil indique que le conseil municipal réfléchit déjà à différents aménagements qui répondraient davantage aux besoins de la population.
La décision de démanteler la piste a surpris plusieurs résidents. Andréanne Hamelin, qui habite directement en face de celle-ci, affirme ne pas en avoir été avisée d’abord par le conseil. « Quand j’ai vu que c’était détruit, j’ai écrit à une conseillère pour savoir ce qui se passait. C’est seulement après que j’ai vu la publication de la municipalité ».
Sans remettre en question les difficultés d’entretien évoquées par la municipalité, Mme Hamelin estime qu’une communication en amont aurait permis à la population de mieux comprendre les raisons ayant mené à cette décision. « On comprend qu’il y avait des enjeux, mais ça aurait été bien de nous les expliquer avant et de nous présenter ce qui était envisagé pour la suite ».
La résidente nuance également l’idée selon laquelle la piste n’était plus fréquentée. Selon elle, l’installation servait encore à l’occasion, particulièrement aux préados, une tranche d’âge qui dispose de peu d’espaces qui leur sont destinés dans le village. « Ce n’était pas tous les jours, mais il y avait des jeunes qui y allaient. Quand nos enfants voyaient d’autres jeunes, ils traversaient les rejoindre. L’hiver, on allait même glisser là. » Pour Andréanne Hamelin, la disparition de la piste représente surtout la perte d’un lieu rassembleur.
Elle croit toutefois que le manque d’entretien a lui-même pu contribuer à la baisse d’achalandage. « Les jeunes n’avaient pas le goût de traverser des herbes d’un mètre de haut pour aller à la piste. L’entretien faisait aussi partie du problème ».
Alors que la piste de BMX disparaît du paysage, une nouvelle réflexion s’amorce maintenant à Fabre. Entre les impératifs de sécurité, les capacités d’entretien de la municipalité et les attentes des citoyens, le prochain aménagement devra trouver un équilibre qui répondra aux besoins de la communauté.