Pour les spectateurs, le passage du Tour de l’Abitibi Glencore se résume à quelques heures. Le temps de voir défiler le peloton, d’encourager les coureurs et de reprendre la route une fois les barrières levées. Pourtant, derrière la cinquième étape, disputée vendredi entre Ville-Marie et Notre-Dame-du-Nord, se cachent des mois de préparation et une mobilisation qui dépasse largement le seul comité organisateur.
Cette année, les équipes nationales juniors ont parcouru 135,7 kilomètres à travers le Témiscamingue, sur un parcours qui s’est élancé de Ville-Marie avant de se conclure à Notre-Dame-du-Nord. Si les cyclistes sont au cœur du spectacle, ils ne sont qu’une partie de l’équation. « On a une quinzaine de comités. Chacun a sa responsabilité. Il y a le transport, l’alimentation, l’accueil, la logistique, le protocole… Tout le monde travaille très fort pour que ce soit professionnel et sécuritaire », explique la présidente du Tour de l’Abitibi Glencore, Mélanie Rocher.
Mais lorsqu’une étape s’installe au Témiscamingue, l’organisation ne repose pas uniquement sur ces comités. Les municipalités hôtesses, les services policiers, les travaux publics, les bénévoles, les clubs cyclistes, les organismes et plusieurs entreprises du territoire sont également mis à contribution afin que le départ et l’arrivée puissent se dérouler sans accroc.

À Ville-Marie, le matin du départ, cette mécanique bien rodée se faisait sentir. Pendant que les coureurs terminaient leur préparation dans un calme presque total, bénévoles, officiels et membres de l’organisation multipliaient les derniers ajustements. Quelques minutes plus tard, le peloton s’élançait sur les routes témiscamiennes.
Si cette journée est le point culminant pour le public, elle est loin de marquer la fin du travail pour les organisateurs. « Quand les gens repartent, on prépare déjà la prochaine édition ». Cette préparation s’étend sur plusieurs mois. Dès la fin de l’événement, l’organisation amorce les démarches auprès de l’Union cycliste internationale, produit ses rapports, rencontre ses partenaires et reprend contact avec les équipes en vue de l’année suivante.
Depuis sa création en 1969 par Léandre Normand, le Tour de l’Abitibi a beaucoup évolué. D’abord une compétition régionale, il est aujourd’hui une épreuve de la Coupe des Nations de l’Union cycliste internationale, la seule présentée en Amérique. Chaque été, de jeunes athlètes représentant leur pays viennent y mesurer leur talent sur les routes de l’Abitibi-Témiscamingue.
Malgré le nom de l’événement, le Témiscamingue fait partie de l’histoire de celui-ci depuis plusieurs décennies. « On nous demande parfois pourquoi ça ne s’appelle pas le Tour de l’Abitibi-Témiscamingue. Quand le Tour est né, les deux territoires n’étaient pas encore fusionnés. Le nom est resté, mais le Témiscamingue fait partie de son histoire ».
Pour les citoyens, le passage du Tour signifie quelques heures où les habitudes changent : des routes fermées, des bénévoles aux intersections et un peloton qui traverse le territoire à vive allure. Pour les organisateurs et les nombreux partenaires locaux, il représente surtout l’aboutissement d’un travail de longue haleine qui permet au Témiscamingue d’accueillir, le temps d’une journée, une compétition cycliste de calibre international.