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Un tournoi qui grandit sans perdre son esprit familial

22 juillet 2026

par : Ange Major | amajor@journallereflet.com

photo : Jeff Gagnon

Le 18 juillet dernier, près de 80 équipes de pêcheurs se sont retrouvées à la marina de Ville-Marie pour la huitième édition du Tournoi de pêche au doré d’Écotone. Derrière le départ spectaculaire des embarcations et les 50 000 $ remis en prix, l’organisation a surtout cherché à préserver ce qui distingue l’événement depuis ses débuts : une compétition accessible, pensée d’abord pour les gens du Témiscamingue.

À 8 h, les bateaux rassemblés dans la baie des Pères se sont élancés dans une compétition de taille. Pour Martin Lefebvre, fidèle du tournoi depuis sa création, ce moment demeure le plus marquant de la journée. « Quand le coup d’envoi est donné, les pêcheurs sont crinqués. Tout le monde veut arriver rapidement à son coin de pêche. La baie est pleine de bateaux et, autant pour ceux qui participent que pour les gens sur les quais, c’est vraiment impressionnant à voir. »

Ce déploiement était pourtant loin de ce qu’avait imaginé l’un des clients d’Écotone Ville-Marie lorsqu’il a proposé, il y a huit ans, d’organiser un tournoi sur le lac Témiscamingue. L’objectif initial était de réunir environ 25 pêcheurs. Fanny Richer, copropriétaire du commerce, a rapidement pris part à l’organisation et souhaité donner davantage d’ampleur au rendez-vous. « Je lui avais dit que, si je m’investissais, il fallait au moins aller chercher 75 participants. Finalement, ç’a été populaire très rapidement. »

L’événement a depuis pris de l’envergure. Le nombre de participants oscille maintenant entre 250 et 300, tandis que la valeur des prix, qui atteignait environ 30 000 $ lors des premières éditions, s’élève désormais à 50 000 $. Cette croissance n’a toutefois pas modifié la vocation du tournoi.

Pour Fanny Richer, le principal défi consiste justement à accueillir davantage de pêcheurs sans transformer la journée en compétition réservée à une élite. « On veut offrir un tournoi d’envergure professionnelle, mais qui demeure destiné à la population en général. Les gens peuvent venir en famille, participer avec une petite embarcation et vivre une expérience comparable à celle des grands tournois. »

La majorité des inscriptions provient d’ailleurs du Témiscamingue. Plusieurs équipes reviennent chaque été, souvent composées de parents, d’enfants ou d’amis. Martin Lefebvre y participe généralement avec ses fils ou des proches, toujours à quatre dans l’embarcation. « On aime la pêche, on aime un peu la compétition, mais il y a aussi tout le côté social. Les gens ont du plaisir sur le lac et se retrouvent ensuite à la marina. »

Cette accessibilité repose aussi sur les caractéristiques du lac Témiscamingue. Les petites embarcations peuvent demeurer à proximité de la baie des Pères, alors que les bateaux plus puissants peuvent s’éloigner lorsque les conditions le permettent. Le plan d’eau se distingue également des autres secteurs québécois par l’absence de limite de longueur pour le doré, en raison des règles appliquées sur ce lac partagé avec l’Ontario.

Les prises devaient néanmoins être rapportées vivantes à la marina afin d’être mesurées, puis remises à l’eau. Cette formule de capture et de remise en liberté ajoutait une contrainte stratégique : lorsqu’une équipe croyait détenir un poisson prometteur, elle devait revenir rapidement sur le site.

La préparation de cette journée reposait principalement sur Fanny Richer, appuyée, le jour du tournoi, par une quinzaine de proches et de bénévoles. Sa sœur, ses enfants, son conjoint ainsi que des membres de familles d’employés ont participé au déroulement des inscriptions, à l’accueil des équipes et à la remise des prix.

Cette implication familiale correspondait à l’esprit que l’organisatrice souhaitait conserver malgré l’ampleur acquise par l’événement. « C’est une charge de travail importante, mais voir le plaisir des participants, c’est ce qui me donne envie de continuer. Ça ressemble encore à une grande fête de famille. »

Après la compétition, bien que la journée ait été écourtée en raison de la météo, les participants se sont retrouvés sur le site de la marina pour la remise des prix, avant de poursuivre la soirée à la Scène du lac. Une façon de clore la journée dans le même esprit que celui qui anime le tournoi depuis huit ans : la compétition sur l’eau, puis les retrouvailles sur la rive.

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