Du 23 au 26 juillet dernier, le Témiscamingue a accueilli le tout premier Championnat du monde junior de raid d’aventure de l’Adventure Racing World Series (ARWS). Pendant quatre jours, guidées uniquement par une carte topographique et une boussole, 38 équipes des catégories U18 et U25, provenant d’une dizaine de pays, ont parcouru les forêts, les lacs et les sentiers de la région à pied, à vélo de montagne et en canot. Plus qu’une compétition, cette première mondiale a offert aux athlètes une immersion dans le territoire témiscamien.

À la ligne d’arrivée, les applaudissements ne s’arrêtaient presque jamais. Derrière les barrières, des parents, parfois plus nerveux que les athlètes eux-mêmes, attendaient fébrilement le retour des équipes. Certains compétiteurs se sont effondrés dans les bras de leurs proches, tandis que d’autres, partenaires ou adversaires quelques heures plus tôt, s’étreignaient avant de s’asseoir ensemble pour revivre leur parcours. Au-delà des résultats, c’est surtout l’émotion qui dominait.

Pour Bastien Michaud, directeur de course, cette expérience commence bien avant le coup d’envoi. Concevoir un parcours demande plusieurs mois de préparation afin de trouver l’équilibre entre le défi sportif et la découverte du milieu. « L’objectif est de faire découvrir le Témiscamingue de la plus belle manière possible. »
Contrairement à la plupart des compétitions, aucun tracé n’est balisé. Les équipes choisissent elles-mêmes leur itinéraire entre les points de contrôle, ce qui les entraîne parfois dans des secteurs peu fréquentés. « Même les équipes locales découvrent des endroits qu’elles ne connaissaient pas », souligne-t-il.
C’est ce qu’a vécu Tiffany Turgeon. À sa troisième participation au Raid, elle croyait pourtant bien connaître le Témiscamingue. « On pensait connaître notre territoire, mais on découvre toujours de nouveaux paysages et de nouveaux sentiers. »
Pour la coureuse, le Raid a donné un nouveau sens à des lieux qu’elle fréquentait déjà. « Quand je passe devant certains endroits où le Raid est passé, je revis les émotions. Je me rappelle où j’étais rendue dans le parcours et ce qui s’en venait ensuite ».
Les visiteurs font le même constat, mais avec un regard complètement différent. Avant de prendre part au championnat, le Français Élie Dhombres ne connaissait pas le Témiscamingue. « Les paysages étaient incroyables. On s’attendait à trouver une immense forêt, mais pas un territoire comme celui-là. »
Ce sont toutefois les gens d’ici qui l’ont le plus marqué. « Tout le monde venait nous parler, nous encourager et nous féliciter. On nous avait dit que les Québécois étaient accueillants, mais c’était encore mieux que ce qu’on nous avait raconté. »
Ces réactions justifient à elles seules la volonté des bénévoles de s’engager année après année pour contribuer au succès de l’événement. Présente depuis la toute première édition, Adèle Beauregard estime que le Raid permet aux visiteurs de poser un regard neuf sur le Témiscamingue, tout en rappelant aux citoyens de la région la richesse de leur milieu. « Des gens de l’extérieur apprécient notre territoire avec un regard complètement neuf. Nous, à force d’y vivre, il y a des choses qu’on ne remarque même plus. »
Elle souligne également l’importante mobilisation derrière l’événement. « On n’est pas nombreux et on a des moyens limités, mais on est capables d’organiser des événements de grand calibre. Sans les bénévoles, il n’y a pas de Raid. »
Cette mobilisation est d’ailleurs l’une des raisons qui ont convaincu la Société de développement du Témiscamingue d’accepter le défi lorsque l’Adventure Racing World Series a proposé d’organiser ce premier championnat mondial. « On s’est demandé qui nous étions, ici au Témiscamingue, pour prendre une décision pour l’ensemble du pays », a raconté la directrice générale, Nadia Bellehumeur, lors de la cérémonie d’ouverture. « Puis on s’est dit qu’on était assez effrontés pour dire oui. »
Le pari s’est révélé gagnant. En accueillant des jeunes venus des quatre coins du monde, le Témiscamingue a fait connaître son territoire bien au-delà de ses frontières. Et à voir les accolades, les discussions qui se poursuivaient longtemps après les arrivées et les souvenirs déjà échangés entre des athlètes qui ne se connaissaient pas quelques jours plus tôt, le championnat aura laissé une empreinte qui dépasse largement les classements.