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Retourner en 1720 pour mieux comprendre 2026

29 juillet 2026

par : Ange Major | amajor@journallereflet.com

photo : Photo ­gracieuseté : Les Amis du Vieux-Fort

Du 24 au 26 juillet dernier, les visiteurs du Fort-Témiscamingue ont pu remonter près de trois siècles dans le temps. Denise Monette et Jean-David Papa n’y ont toutefois pas simplement recréé la Nouvelle-France : ils ont utilisé les gestes du quotidien de l’époque pour aider le public à mieux comprendre le présent.

Pendant trois jours, le couple a installé un campement inspiré de l’année 1720. Sous une tente de toile, les repas ont été préparés sur le feu et les vêtements ont été confectionnés à partir de patrons anciens. Par ailleurs, les objets utilisés reproduisaient, autant que possible, ceux de l’époque. « Le terme officiel, c’est de l’archéologie expérimentale. On essaie de résoudre les problèmes quotidiens avec les moyens de 1720 ».

Allumer un feu sans allumettes, conserver les aliments sans réfrigérateur ou préparer un repas uniquement avec les ressources disponibles a permis aux visiteurs de mesurer les contraintes qui rythmaient la vie en Nouvelle-France. Pour le couple, ces gestes ordinaires constituent souvent la meilleure porte d’entrée vers l’histoire. La nourriture, les vêtements, les jeux, les armes et même la religion deviennent des moyens de montrer pourquoi les gens vivaient de cette façon.

Jean-David Papa s’est notamment souvenu d’une démonstration au cours de laquelle la présence d’un lapin destiné au repas avait surpris une mère de famille. « Les enfants étaient curieux. C’est davantage la réaction de la mère qui m’a marqué. Aujourd’hui, on achète un steak dans une barquette, mais on oublie facilement qu’avant, c’était un animal. »

Ces décalages entre les habitudes actuelles et celles d’autrefois ont nourri les discussions avec le public. Les visiteurs ont aussi pu découvrir l’écriture à la plume, les jeux de dés et de cartes, certaines chansons anciennes ainsi que différents aspects de la vie dans un campement.

Costumière historique, Denise Monette a, pour sa part, présenté des vêtements fabriqués selon des modèles d’époque. Leur forme, leurs tissus et leur superposition témoignaient aussi des valeurs et des mœurs de la société.

Contrairement à ce qui se fait souvent, le couple n’a pas incarné ses personnages en permanence. Il a plutôt privilégié une interprétation à la troisième personne, qui permet d’expliquer les gestes posés et de les comparer avec les pratiques modernes. « On n’est pas là pour faire du théâtre. On est là pour transmettre des connaissances ».

Cette approche leur a également permis d’aborder le rôle du poste de traite, les échanges avec les Premières Nations et l’isolement des voyageurs, qui pouvaient mettre environ 21 jours pour rejoindre le secteur depuis Montréal.

À travers leur campement, Denise Monette et Jean-David Papa ont ainsi proposé davantage qu’une simple reconstitution. Ils ont rappelé aux visiteurs que l’histoire ne se limite pas aux dates et aux bâtiments : elle se comprend aussi dans la manière de manger, de travailler, de croire et de survivre.

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