C’est au parc du Centenaire, à Ville-Marie, que des jeunes femmes se sont réunies, le 22 juillet dernier, pour un atelier de peinture en nature organisé par le Carrefour jeunesse-emploi du Témiscamingue. Derrière les pinceaux et les toiles se trouvait surtout une volonté : offrir aux 16 à 35 ans un espace pour sortir de leur quotidien, ralentir et créer des liens.
Les participantes ont travaillé dans une ambiance à la fois calme et animée, alternant les périodes de concentration et les discussions. La pluie avait laissé le sol humide, mais le soleil commençait à percer au moment de l’activité.
Pour Annabelle Gingras, intervenante jeunesse et organisatrice de l’activité, la peinture constituait avant tout un moyen de réunir les gens dans un contexte différent. « Le but, ce n’est pas de faire une belle toile puis d’aller l’exposer. La peinture, c’est plus un outil. »
L’atelier devait permettre aux participantes de revenir au moment présent, mais aussi de briser un certain isolement. Selon elle, plusieurs jeunes ont moins d’occasions de se retrouver en personne et peuvent hésiter à participer seuls à une activité où ils ne connaissent personne. « Pour certains, juste de se présenter avec d’autres personnes, ça va être un défi. » L’objectif n’était pas de forcer la création d’amitiés, mais de rendre les rencontres plus accessibles et de permettre à chaque participante d’élargir peu à peu son cercle social.
La nature comme outil
L’idée de proposer davantage d’activités à l’extérieur s’est précisée en mai dernier lorsqu’Annabelle Gingras a participé à un colloque consacré aux effets du plein air sur le bien-être des jeunes.
L’intervenante y a notamment découvert le travail de l’organisme Face au vent, qui utilise la nature comme outil d’intervention lors de randonnées et de séjours de groupe. Sans reprendre cette formule dans son ensemble, Mme Gingras a souhaité en adapter certains principes à la réalité du Témiscamingue. « On a tellement de belle nature ici qu’il faut l’utiliser. »
Pour l’organisatrice de l’activité, les 16 à 35 ans traversent souvent une période où le contact avec le plein air se fait plus rare. Les habitudes changent après l’enfance, alors que les loisirs se déplacent davantage vers les écrans et les espaces intérieurs.
La pandémie aurait également accentué cette tendance. Annabelle Gingras constate qu’aujourd’hui, la plupart des échanges se déroulent maintenant en ligne. De plus, bien des gens ont pris l’habitude de rentrer directement à la maison après l’école ou le travail plutôt que de participer à des activités sociales.
Cette réalité complique parfois la mission des organismes qui désirent rejoindre les jeunes. Par conséquent, le succès d’une activité dépend autant de son contenu que du moment choisi, de la période de l’année et de la manière dont elle répond aux besoins du groupe.
Se découvrir autrement
Les activités organisées à l’extérieur du cadre habituel permettent aussi aux intervenants de découvrir les participants sous un autre jour. Annabelle Gingras se souvient notamment d’une expérience de bénévolat durant laquelle des jeunes habituellement réservés démontraient une grande aisance auprès du public. « De les amener dans un cadre différent, de les sortir de la routine, ça permet de se connaître dans différents contextes. »
La séance de peinture en plein air du 22 juillet poursuivait le même objectif. En offrant une tâche commune, elle facilitait les échanges sans forcer les participantes à soutenir une conversation constante. Chacune pouvait ainsi se concentrer sur sa toile, puis reprendre naturellement contact avec les autres au moment voulu.
D’autres activités liées à la nature devraient être proposées au cours des prochains mois. Une nouvelle rencontre est déjà prévue en août, et la suite dépendra de l’intérêt manifesté par les jeunes.
Au terme de ce premier atelier, Annabelle Gingras espérait surtout que les participantes repartent plus apaisées qu’à leur arrivée, avec la satisfaction d’avoir accompli quelque chose et rencontré de nouvelles personnes.