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Trois Québécois sur quatre ont remplacé un vin importé par un vin d’ici

2 août 2026

par : Journaliste | journaliste@journallereflet.com

photo : Phil Desforges by Unslpah

Les tensions commerciales ont modifié les habitudes d’achat des consommateurs québécois de vin. Près des trois quarts d’entre eux disent avoir remplacé au moins une bouteille importée par un vin produit au Québec, et plusieurs semblent avoir conservé cette nouvelle préférence.

Selon un sondage publié le 7 juillet par l’entreprise montréalaise Lightspeed Commerce, 74 % des consommateurs de vin interrogés avaient choisi un produit québécois pour remplacer un vin importé depuis le début des tensions commerciales. Cette proportion atteignait 82 % chez les personnes âgées de 25 à 34 ans.

L’intérêt envers les bouteilles d’ici dépassait cependant la réaction ponctuelle au contexte commercial. Environ 78 % des répondants affirmaient que les tensions avaient renforcé leur intérêt pour le vin québécois, tandis que 79 % se disaient prêts à en recommander un à un proche.

Avant mars 2025, un consommateur sur dix n’avait encore jamais acheté de vin québécois. Au moment du sondage, 65 % affirmaient plutôt que les produits d’ici leur venaient d’abord à l’esprit lorsqu’ils hésitaient devant les tablettes.

Cette évolution reposait également sur une perception plus favorable de la qualité de ceux-ci. Huit répondants sur dix estimaient que les vins québécois s’étaient améliorés au cours des trois années précédentes. Une proportion de 81 % croyait qu’ils pourraient être reconnus comme des vins de calibre mondial au cours de la prochaine décennie.

Invités à désigner le type de vin que le Québec réussissait le mieux, les participants plaçaient le blanc légèrement devant le rouge, dans des proportions respectives de 21 % et de 20 %. Les vins mousseux arrivaient ensuite à 15 %. Le mot « excellent » était celui qui revenait le plus souvent pour décrire la production québécoise.

La reconnaissance obtenue dans le milieu de la restauration semblait aussi influencer les intentions d’achat. Environ 78 % des répondants se disaient plus susceptibles de choisir un vin québécois en sachant que celui-ci était servi dans des restaurants reconnus par le Guide Michelin.

Une bouteille choisie par l’intelligence artificielle

Les outils numériques prennent également une place croissante dans la sélection d’un vin. Près des deux tiers des personnes interrogées avaient déjà utilisé une application, un outil d’intelligence artificielle ou un système de recommandation numérique pour choisir une bouteille.

Une proportion de 85 % se disait prête à acheter un vin recommandé par une intelligence artificielle si celle-ci expliquait clairement pourquoi le produit correspondait à ses goûts. Chez les répondants de moins de 45 ans, ce taux atteignait 95 %.

Cette ouverture ne signifie pas que les conseils humains sont appelés à disparaître. Elle montre plutôt que les consommateurs sont disposés à considérer une recommandation automatisée lorsqu’elle tient compte de leurs préférences et fournit une explication personnalisée.

Les résultats diffusés par Lightspeed tracent ainsi le portrait d’un produit qui ne repose plus uniquement sur l’achat patriotique ou la curiosité. Le vin québécois semble avoir gagné en crédibilité, au moment où les consommateurs découvrent de nouvelles façons de choisir ce qu’ils verseront dans leur verre.

Lightspeed n’a toutefois pas précisé dans son communiqué la taille de l’échantillon ni la marge d’erreur du sondage. Les résultats doivent donc être interprétés comme des tendances déclarées par les répondants, plutôt que comme une mesure exhaustive des habitudes de l’ensemble de la population québécoise.

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