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Culturisme : Une première compétition pour la Valdorienne Valérie Lefort

7 août 2026

par : Ange Major | amajor@journallereflet.com

photo : Photos ­gracieuseté : Valérie Lefort

Originaire du Témiscamingue et maintenant établie à

Val-d’Or, Valérie Lefort se prépare à participer, en septembre, à sa première compétition de culturisme. À 35 ans, la mère de deux enfants consacre ses journées à un objectif qui exige davantage que quelques heures au gymnase.

Lorsque la maison retrouve son calme, le soir, la journée de Valérie Lefort n’est pas nécessairement terminée. Une séance de cardio ou un entraînement de poses l’attend parfois encore, une fois les enfants couchés.

À quelques semaines de sa première compétition de culturisme, prévue en septembre, son horaire laisse peu de place à l’improvisation. La résidente de Val-d’Or enchaîne cinq entraînements musculaires et six séances de cardio chaque semaine, en plus de son travail à temps plein, de sa vie familiale et des répétitions nécessaires pour apprendre à se présenter sur scène. Cette préparation intensive ne représente pourtant que la dernière étape d’un projet amorcé il y a quatre ans.

Valérie Lefort découvre la musculation lorsqu’elle rencontre son conjoint, qui a lui-même participé à trois compétitions. Elle ne connaît alors presque rien de cet univers, mais commence à observer les différentes catégories féminines. L’une d’elles retient rapidement son attention. « J’ai fait : “Wow, j’aimerais donc bien ça faire ça. C’est comme un bel objectif.” Mon chum m’a dit : “Bien, go, fais-le.” Puis je me suis demandé pourquoi je ne le ferais pas. Il n’y a rien d’impossible dans la vie. »

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Le chemin vers la scène sera toutefois plus long qu’elle l’imagine.

Après ses deux grossesses, son poids passe d’environ 100 à 160 livres. Elle entreprend d’abord de perdre la masse graisseuse accumulée, avant de constater qu’elle possède très peu de masse musculaire. Pour participer à une compétition, perdre du poids ne suffit pas : elle doit reconstruire son corps, lentement, entraînement après entraînement.

Pendant près de trois ans, elle suit des plans alimentaires riches en protéines et des programmes conçus pour favoriser le développement musculaire. Cette année, son entraîneuse juge finalement que le moment est venu d’amorcer une véritable préparation de compétition. « Elle m’a dit : “OK, Vale, on est prêtes. On part.” »

Une discipline qui dépasse le gymnase

Valérie Lefort souhaite d’abord concourir dans la catégorie bikini. Au fil des années, elle remarque toutefois que les physiques qui y sont présentés deviennent de plus en plus musclés. Elle se tourne donc vers la catégorie Fit Model, offerte depuis cette année et davantage adaptée à sa progression actuelle. Elle n’écarte pas la possibilité de passer éventuellement à la catégorie bikini, mais préfère avancer une étape à la fois.

Toutes les deux semaines, elle rencontre son entraîneuse par vidéoconférence. Celle-ci évalue son alimentation, sa progression physique et ses entraînements. Son programme est ensuite ajusté selon les résultats observés.

À mesure que septembre approche, les portions diminuent et les périodes de cardio augmentent. La fatigue et la faim prennent davantage de place. Le simple retrait du riz de son alimentation devient un changement important, puisque les glucides lui fournissent une partie de l’énergie nécessaire pour traverser ses journées.

La difficulté ne se trouve toutefois pas uniquement dans les restrictions alimentaires ou l’effort physique. « Ce n’est pas la préparation en tant que telle qui est difficile. C’est tout ce que tu as à gérer autour. Tu as les enfants, le travail, les rendez-vous. Une journée, ça ne va pas bien, tu n’as pas eu le temps de faire ton cardio, puis il est rendu 9 ou 10 heures le soir. Tu n’as pas le choix, il faut que tu le fasses. »

Pour maintenir le rythme, Valérie Lefort organise ses semaines avec précision. Elle place ses entraînements musculaires sur son heure de dîner, pendant que ses enfants sont à l’école ou au camp de jour. « Je suis comme en mode robot. Je ne me pose même pas la question, je le fais et c’est tout. Mes enfants restent ma priorité. Tout est une question de gestion d’horaire. »

Ses enfants assistent d’ailleurs de près à sa transformation. Sa fille de 7 ans doit l’accompagner à la compétition en septembre. Lors des entraînements de poses, elle enfile parfois ses petits talons de princesse et vient imiter sa mère.

Son garçon, plus jeune, comprend surtout que certains aliments ne font pas partie du programme. Lorsqu’il mange un biscuit, il lui rappelle qu’elle n’y a pas droit « à cause de sa compétition ».

Au-delà de l’aspect physique, Valérie Lefort souhaite leur montrer qu’un objectif peut être poursuivi avec patience. Elle constate aussi que ses propres habitudes influencent tranquillement leurs choix alimentaires. « Ils me voient manger des légumes, du poulet et du poisson. Ça les amène de plus en plus à vouloir en manger. Ils me demandent des œufs et du poulet parce que, pour eux, ça donne des muscles. »

Cette première compétition représente aussi un investissement financier important. Valérie Lefort estime avoir consacré environ 6000 $ aux différentes dépenses liées à sa préparation.

Aucune récompense financière ne l’attend. Elle espère évidemment décrocher une médaille et viser la première place, comme les autres participantes. Son véritable objectif se situe toutefois ailleurs. « Juste le fait de me rendre là et de mettre un pied sur la scène, pour moi, ça va être mon accomplissement. Ça va être ma victoire. »

En septembre, sa présence sous les projecteurs ne durera que quelques minutes. Le public verra un physique travaillé, une démarche répétée et des poses soigneusement apprises.

Pour Valérie Lefort, cette première scène représentera surtout l’aboutissement de quatre années de constance, de repas planifiés, d’entraînements réalisés entre deux responsabilités et de journées où la discipline aura dû prendre le relais de la motivation.

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